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Stendhal   (1783-1842)

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«En composant la Chartreuse, pour prendre le ton, je lisais chaque matin deux ou trois pages du code civil, afin d'être toujours naturel; je ne veux pas, par des moyens factices, fasciner l'âme du lecteur.» Lettre de Stendhal à Honoré de Balzac 30 octobre 1840

Stendhal s'est souvent vanté d'écrire pour un petit nombre de ses contemporains : "J'écris pour des amis inconnus, une poignée d'élus qui me ressemblent : les happy few." indique-t-il dans la Vie d'Henry Brulard. Puis, joueur, il ajoute " je mets un billet de loterie dont le gros lot se résume à ceci : être lu en 1935". A sa mort, en 1842, à l'exception de Balzac, Mérimée, Barbey d'Aurevilly et de quelques autres, les contemporains de Stendhal n'ont pas reconnu la portée de son œuvre. En 1865, plus de vingt ans après, Le Grand Dictionnaire Universel du XIXème siècle a d'ailleurs cette formule réductrice : "… il n'a l'étoffe ni d'un grand écrivain, ni d'un grand penseur, ni d'un grand critique ".

Il faudra attendre 1888 pour que paraisse son journal et c'est en 1890 que sera publié la Vie de Henry Brulard, un récit très autobiographique. Lamiel et Lucien Leuwen, deux romans inachevés paraîtront également bien après sa mort, d'abord par fragments puis dans leur forme définitive entre 1927 et 1929.

Les deux grands romans que Stendhal publiera de son vivant : Le Rouge et le Noir en 1830 et la Chartreuse de Parme en 1839, n'auront que peu d'échos. Ce dernier qu'il écrira , en cinquante deux jours, d'une prodigieuse inspiration lui vaudra toutefois un article de 72 pages, signé Balzac : M. Beyle a fait un livre où le sublime éclate de chapitre en chapitre…". L'auteur d'Eugénie Grandet sera le premier à déceler en Stendhal, l'un des grands écrivains du dix-neuvième siècle.

On a souvent accolé l'épithète "sec" au style de Stendhal. A une époque où régnait le goût des envolées lyriques, Stendhal a eu en horreur l'éloquence et l'emphase. Il détesta Chateaubriand et Mme de Staël. Citant une belle formule de cette dernière : "Il se ferait tout à coup un grand silence dans Rome, si la fontaine de Trevi cessait de couler", il eut ce jugement sans appel : "Cette seule phrase suffirait à me faire prendre en guignon toute la littérature."

Dès 1821, Stendhal, qui décidément n'accordait que peu de confiance à ses contemporains, avait composé lui-même son épitaphe, en italien : "Henri Beyle, Milanais, vécut, aima, écrivit. Cette âme adorait Cimarosa, Mozart et Shakespeare…". Méprisé et moqué par son siècle, celui qui avait annoncé que sa gloire serait surtout posthume règne désormais comme l'un des écrivains majeurs de notre littérature.

Laura Jacquemelle


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