Prosper
Mérimée (1803-1870)
" Archéologue, voyageur sensible, qui traversa son temps comme
l'Europe, prenant partout, mais ne se laissant pas prendre, il a dans ce siècle d'écoles
bruyantes, une place à part. Il est presque de l'âge des grands romantiques, mais il a
l'air d'appartenir à la génération suivante, celle qui ne s'émerveille pas des
premiers tumultes. Il est à peine l'aîné des Jeune-France, pourtant, qui furent de la
bataille d'Hernani ; et il y a en lui quelque chose de plus moderne, à notre sens du mot,
que chez Musset, Gautier, Borel ou Nerval."
Louis Aragon
La Lumière de Stendhal
1954 |

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Prosper Mérimée est né à Paris, en
1803. Son père et sa mère sont des peintres de talent. Elevé dans un milieu bourgeois
et artistique, Prosper Mérimée suit ses études au lycée Henri-IV, puis fait son droit,
tout en fréquentant les salons littéraires de l'époque.
Il fait bientôt figure de jeune homme cynique et libertin. En 1828, il
se bat en duel avec le mari de sa maîtresse , Mme Lacoste , puis connaît une éphémère
aventure avec Georges Sand, avant de tomber amoureux de la charmante Valentine Delessert,
nièce de Natalie de Noailles. Il voyage en Europe et surtout en France. Il devient l'ami
de Stendhal, de 20 ans son aîné. Il songe à cette époque, comme tous les jeunes gens
de son âge, à révolutionner le théâtre. Il entre en littérature par une double
mystification, publiant en 1825 et en 1827 le Théâtre de Clara Gazul, et La Guzla (anagramme
de Gazul), deux uvres qu'il attribue, pour la première à la prétendue
comédienne Clara Gazu et pour la seconde à un certain Hyacinthe
Maglanovitch.
Esprit libéral , Mérimée accueille avec joie, en 1830, la monarchie
de juillet qui lui offrira en retour protection, faveurs et emplois. Puis il se lie, à
Madrid, avec le Comte et la Comtesse de Montijo, les parents d'Eugénie, qui aura la bonne
idée 20 ans plus tard d'épouser Napoléon III et de devenir l'impératrice des
français. C'est la période d'une production littéraire intense. Tout d'abord la
Chronique du temps de Charles IX (roman historique) puis une série de nouvelles (Mateo
Falcone, Vision de Charles IX, Tamango, Federigo, L'Enlévement de la Redoute) qui lui
permettent d'asseoir sa réputation. Ce sera ensuite La
Venus d'Ille (1837), Colomba
( 1840) et Carmen ( 1845) 3 récits où Mérimée
qui fait preuve à la fois de concision et de pittoresque, donne à la Nouvelle ses
lettres de Noblesse.
Prosper Mérimée est élu à l'Académie française en 1844. Puis, il se ralliera à
l'Empire, deviendra historien , traduira la littérature russe et se réfugiera à Cannes
où il mourra (1870).
Virginie Delisle

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