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La Condition humaine d'André Malraux

Résumé de la Condition humaine

Ce roman d’André Malraux (1901-1976) a été publié en extraits dans la Nouvelle Revue française et dans Marianne, et en volume chez Gallimard en 1933. Il a obtenu le Prix Goncourt.

« 21 mars 1927. Minuit et demi. Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac ; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable en cet instant que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même - de la chair d'homme. La seule lumière venait du building voisin : un grand rectangle d'électricité pâle, coupé par les barreaux de la fenêtre dont l'un rayait le lit juste au-dessous du pied comme pour en accentuer le volume et la vie. Quatre ou cinq klaxons grincèrent à la fois. Découvert ? Combattre, combattre des ennemis qui se défendent, des ennemis éveillés ! »

Ainsi commence La Condition humaine, roman composé en sept parties.

Première partie (21 mars)

La préparation de l’insurrection.  Tchen poignarde un trafiquant d’armes et parvient ainsi à s’emparer de ses papiers qui permettront à Kyo et à Katow, ses compagnons, de s’emparer de la cargaison d’armes d’un bateau ancré dans le port. Pour réussir cette opération, les deux révolutionnaires vont bénéficier de la complicité du baron de Clappique. Les armes sont ensuite distribuées à l’ensemble des combattants clandestins cachés à travers la ville.  Kyo mène l’inspection de combattants clandestins. Il s’aperçoit en écoutant  un message enregistré , que sa propre voix lui parait étrangère. Cette première partie permet également de présenter les principaux protagonistes : Kyo et sa compagne May, Tchen et son maître à penser Gisors, qui est aussi  le père de Kyo. Après son meurtre, Tchen vient se confier à Gisors : il se sent séparé du monde des hommes  et avoue sa fascination pour « le sang ». Gisors est partagé entre la compréhension inquiète de ses «  deux fils » et la fuite dans l’opium qui lui permet de se réconcilier avec lui même.

Deuxième partie (22 mars)

C’est le jour de l’insurrection. Les troupes du général Tchang Kaï-chek sont sur le point d'entrer à Shanghai. Ferral, le président de la chambre de commerce française , étudie avec les autorités locales chinoises les chances de succès de l’insurrection. Finalement il persuade les milieux d’affaires de soutenir Tchang Kaï-chek. Ferral va rejoindre ensuite Valérie, sa maîtresse. Celle-ci  subit douloureusement la relation érotique humiliante qu’il lui impose.

Les combats sont très violents . L’insurrection est victorieuse, mais Tchang Kaï-chek s'oppose aux révolutionnaires et préfère pactiser avec les forces modérées: il exige des insurgés qu'ils rendent les armes. Les insurgés s’inquiètent de l’attitude attentiste du Kouo-Min-Tang . Kyo décide  d‘en savoir plus et s’en va demander des explications à Han-k’eou.

Troisième partie (29 mars)

 Kyo s’est rendu à Han-k’eou, où se trouve la délégation de l’Internationale communiste dont le délégué est Vologuine. Il souhaite demander au Kominterm l'autorisation de résister au général et de garder les armes . Il prend conscience que les communistes sont beaucoup moins forts que ce que l’on espérait à Shanghai.  Vologuine lui indique que la tactique de Moscou est, pour le moment, de laisser faire. Tchen vient lui aussi  à Han-k’eou et rencontre Kyo. Tchen ne voit comme seule solution que l’assassinat de Tchang Kaï-chek dont il est prêt à se charger. L’Internationale communiste désapprouve cette démarche mais les laisse partir.  Kyo et Tchen rentrent séparément à Shanghai.

Quatrième partie (11 avril)

A Shanghai la répression bat son plein. Impliqué dans l’affaire de la cargaison d’armes, Clappique est averti par le chef de la police. Il lui conseille de quitter la ville. Clappique essaye de prévenir Kyo que la police a décidé de l’arrêter. Clappique se rend chez Kyo, mais celui-ci étant absent,  il demande à Gisors de l’informer et lui donne rendez-vous dans un bar de la ville. Tchen, avec deux complices organise sans succès un premier attentat contre Tchang Kaï-chek. Il se cache ensuite chez son compagnon Hemmelrich et décide que la prochaine fois, il tentera sa chance , seul. Ferral prend conscience que la décision de Tchang Kaï-chek d’écraser l’insurrection peut servir ses propres intérêts. Il se rend , radieux à un rendez vous avec Valérie. Mais les deux amants se disputent et Valérie le ridiculise. Ferral vient alors chercher du réconfort auprès de Gisors. Il prend conscience de sa solitude et de la vacuité de ses rêves de puissance , mais n’y renonce pas pour autant.

 Kyo  se rend au rendez-vous de Clappique. May, sa compagne, souhaite l’accompagner. Tchen décide de se jeter avec sa bombe sur la voiture de Tchang Kaï-chek . Geste vain car le général n’est pas dans sa  voiture.

Cinquième partie

Clappique n’est pas à l’heure au rendez-vous. Kyo et May se font arrêtés . Kyo est jeté en prison. Apprenant qu’un nouvel attentat a été organisé contre Tchang Kaï-chek , Hemmelrich se rend à la permanence communiste pour avoir des nouvelles de Tchen. Lorsqu’il rentre chez lui, il découvre que sa femme et son enfant ont été assassinés dans des conditions horribles. Il décide alors de participer avec Katow à un ultime combat contre Tchang Kaï-chek. Il parvient à s’enfuir de justesse. Gisors obtient de Clappique qu’il intercède auprès du chef de police, auquel il a un jour sauvé la vie,  pour obtenir la libération de Kyo. Cette démarche ne fait qu’aggraver la situation de Kyo.

Sixième partie

Kyo est jeté dans une prison répugnante. Il comparait devant König, le chef de police qui a refusé sa libération. Ce dernier veut absolument faire perdre à Kyo sa dignité : où il trahit les siens, où il sera livré à la torture . Kyo refuse de collaborer et rejoint sous le préau, ses camarades communistes qui attendent d’être brûlés vifs dans la chaudière d’une locomotive. Kyo retrouve Katow. Kyo évite le supplice en se suicidant avec le cyanure qu’il dissimulait sur lui. Katow, lui , donne son cyanure à deux jeunes chinois complètement terrorisés par le sort qui les attend et marche, plein de dignité, vers le supplice . Clappique parvient à se déguiser en marin et à s’embarquer sur un bateau en partance pour la France.

Septième partie

A Paris, Ferral a une réunion au Ministère des Finances mais ne parvient pas à sauver le consortium qu’il dirigeait en Chine. A Kobé, au Japon, chez le peintre Kama, May vient retrouver Gisors. Gisors cherche la paix dans l’opium et dans la méditation. May, elle, malgré sa solitude et son désarroi, souhaite reprendre le combat révolutionnaire.

 « Ce roman réunit tous les thèmes du premier Malraux. Chacun de ses personnages incarne une attitude devant la vie et l'action. Mais tous assument leur condition humaine dans ce qu'elle a à la fois de vil et de sublime, c'est-à-dire de contradictoire. Tous vivent ce que l'auteur a appelé lui-même «une aventure tragique» et qui pourrait définir l'ensemble de son œuvre ».

Source bibliographique

La Condition humaine d'André Malraux
Kléber Haedens  Une Histoire de la Littérature française, Grasset 1970
Dictionnaire des Grandes Oeuvres de la Littérature française, Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty (Editions larousse)


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