|
|
Alexandre Dumas
(1802-1870)
"Qu'est-ce que
l'Histoire ? Un clou auquel j'accroche mes romans. " , mais à force de
mouvement, de panache et de vie, les héros sont inoubliables. Nous ne nous sommes jamais
ennuyés avec eux. Y a-t-il plus bel éloge pour un romancier d'aventures ? Plus
peut-être que personne d'autre, Athos, Porthos, Aramis, d'Artagnan, avec leur devise :
" Un pour tous, tous pour un " et Milady, et Constance Bonacieux, et le valet
Planchet, et l'abbé Faria, et le Comte de Monte-Cristo,
ont été les compagnons des nuits de notre enfance".
Jean d'Ormesson
Une autre Histoire de la Littérature ( Tome II )
« Le nom d'Alexandre Dumas est plus que
français, il est européen ; il est plus qu'européen, il est universel. Alexandre Dumas
est un de ces hommes qu'on pourrait appeler les semeurs de civilisation ; il assainit et
améliore les esprits ; il féconde les âmes, les cerveaux, les intelligences ; il crée
la soif de lire ; il creuse le coeur humain et il l'ensemence. Ce qu'il sème, c'est
l'idée française - cette idée française qui contient une quantité d'humanité telle
que, partout où elle pénètre, elle produit le progrès. De tous ses ouvrages, si
multiples, si variés, si vivants, si charmants, si puissants, sort l'espèce de lumière
propre à la France. Rien ne lui a manqué : ni le combat, qui est le devoir ; ni la
victoire, qui est le bonheur... »
Victor Hugo |

Photographie de Nadar
Transfert
des cendres d'Alexandre Dumas au Panthéon |
|
Alexandre Dumas, de son vrai nom Alexandre Davy de la Pailleterie est
né à Villers-Cotterêts en 1802. La mort prématurée de son père, le général Dumas
(1762-1806), le prive de la possibilité de faire des études supérieures. Obligé de
travailler dès son plus jeune âge - il débute comme clerc de notaire - Alexandre Dumas
tente sa chance à Paris en 1822 . Il a alors vingt ans . Sa "belle plume" lui
vaut d'être embauché dans les bureaux du duc d'Orléans. Il commence par publier
quelques chroniques dans la presse.
A partir de 1825, il écrit, en collaboration avec Adolphe de Leuven,
des vaudevilles. Ceux-ci ne seront pas représentés. Alexandre Dumas s'essaye alors à
des poèmes qu'il parvient à publier. Il rencontre des comédiens dont le tragédien
Talma, qui l'encourage. Il découvre aussi le théâtre de Shakespeare à l'occasion d'une
tournée en France de comédiens anglais. Il fréquente alors un groupe de jeunes
écrivains animés par Charles Nodier.
En 1828, Alexandre Dumas propose à la Comédie-Française, Christine,
une tragédie en vers. La pièce sera présentée au comité de lecture mais ne sera
pas jouée, en raison de la concurrence d'autres pièces traitant le même sujet.
En 1829, Alexandre Dumas connaît un immense succès avec Henri III
et sa cour, un drame historique, créé à Comédie-Française. La pièce vaut à
Dumas de devenir l'une des figures de proue du théâtre romantique. Elle lui permet
également d'acquérir argent et notoriété.
Il écrit alors de nombreuses pièces, dont Antony (1831), La
Tour de Nesle (1832), le Mari de la veuve (1832), Kean ou Désordre et
Génie (1836), Caligula (1837).
Puis Alexandre Dumas, tout en continuant à produire des pièces de
théâtre, se met à écrire des chroniques historiques, des souvenirs de voyage et des
romans. Homme de théâtre dans l'âme, Dumas gardera dans ses romans le sens de la mise
en scène et le goût des "coups de théâtre". Il collabore avec plusieurs
auteurs dont notamment Auguste Maquet, qu'il rencontre en 1838. Ce jeune professeur
d'histoire l'aidera à écrire ses premiers romans. A partir d'un canevas élaboré par
Auguste Maquet ou en commun, Dumas y apporte son talent romanesque : il développe le
récit en y ajoutant personnages secondaires et dialogues. A partir de 1840, sa production
"s'emballe" : Dumas publiera en tout près de quatre-vingt romans. C'est dans
les années quarante qu'il écrit, en collaboration avec Auguste Maquet, ses grands romans
historiques , notamment la trilogie des Mousquetaires : Les Trois mousquetaires (1844), Vingt ans
après (1845), le Vicomte de Bragelonne (1848), le cycle de la Reine Margot
(1847), et le célèbre Comte de Monte-Cristo
(1845).
Très impliqué dans son siècle, Dumas est également un grand
voyageur, il s'essaie à la politique (il prend part à la révolution de juillet 1830, il
se présente aux élections en 1848, rejoint Garibaldi en Italie en 1860), crée un
théâtre ( il fonde le Théâtre Historique qu'il dirige de 1847 à 1851) , édite des
journaux, fait construire un château... Malheureusement sa folie des grandeurs et sa
grande prodigalité lui valent de connaître des faillites retentissantes et l'obligent à
courir après cet argent qu'il dépense aussitôt gagné. "Aventures amoureuses,
procès, voyages alimentent la publication de ses pittoresques Mémoires et de ses Impressions
de voyage".
Il meurt en 1870, chez son fils, Alexandre Dumas fils, auteur célèbre
de la Dame aux camélias.
Aurore Boréale

|
|