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Résumé de la pièce
Extraits de la préface de Ruy Blas
Le texte intégral de Ruy Blas sur le site de l'Académie de Rouen
Un dossier très complet de Ruy Blas sur le site de l'Académie de
Rouen ( réalisé par Danielle Girard)
Résumé d'Hernani
Résumé de la pièce
Acte I
Un
salon dans le palais du roi à Madrid. Don
Salluste de Bazan médite sur la disgrâce dont il est victime. Il vient dêtre
exilé de la cour, par la reine, doña Maria de Neubourg, en raison dun enfant
illégitime quil a eu avec une des suivantes de la reine. Il médite sa vengeance.
Il espère
trouver en son cousin don César, jeune seigneur dévoyé, lallié et
linstrument de sa vengeance. Mais don César, dans un sursaut dhonneur, refuse
de prêter la main à ce complot.
Ruy Blas, valet de Don Salluste ,
resté seul avec Don César lui avoue son amour insensé pour la reine. Don
Salluste, qui a tout entendu, a désormais son stratagème : il fait enlever don
César et le fait vendre aux corsaires dAfrique. Il lui substitue Ruy Blas, à qui
il fait écrire deux lettres : une invitation pressante à une dame aimée, et la
reconnaissance par Ruy Blas quil est son valet. Puis il ordonne à Ruy Blas de
séduire la reine et de devenir son amant.
Acte II
Un
salon proche de la chambre de la reine. Délaissée par son époux, le roi Charles II, et
prisonnière de létiquette despotique espagnole, la reine sennuie loin de son
Allemagne natale. Elle rêve à linconnu qui chaque nuit lui dépose un bouquet de
fleurs et qui a osé y joindre une lettre damour. Entre Ruy Blas, transformé en
écuyer, qui lui apporte un billet laconique dicté par le roi. Avec émotion, la reine
reconnaît en lui lauteur de la lettre damour.
Don Guritan, vieil aristocrate épris de la reine,
devine cette idylle naissante et provoque Ruy Blas en duel. Pour le sauver, la reine exige
que le vieil aristocrate jaloux parte sans délai pour Neubourg, en Allemagne, avec
mission de remettre à son père un précieux coffret.
Acte III
La
salle de gouvernement du palais royal. En 6
mois, Ruy Blas ( qui porte toujours le nom de Don César) a fait une prodigieuse ascension
politique. Il est comblé de titres et est devenu premier ministre. Ses succès provoquent la jalousie des grands du
royaume et sa vie privée, très secrète, leur curiosité malveillante. Au conseil du
gouvernement, Ruy Blas surprend les transactions infâmes des ministres et les fustige
dune tirade méprisante : « Bon appétit, messieurs ! ». La
reine, cachée dans un cabinet dérobé, a tout entendu. Elle avoue à Ruy Blas son
admiration et son amour. Ruy Blas, ivre de
bonheur et dorgueil, savoure cette déclaration. Cest alors que surgit Don
Salluste, déguisé en valet. Il humilie Ruy Blas, lui rappelant quil nest que
son valet et aussi lauteur dune lettre où il reconnaît la bassesse de sa
condition. Don Salluste ordonne à Ruy Blas de se rendre dans une maison secrète pour y
attendre ses ordres. Sil refuse, sa liaison avec la reine sera rendue publique.
Actes IV
Une
petite chambre dans la mystérieuse demeure où sest rendu Ruy Blas. Après avoir
envoyé un page afin davertir la reine de ne pas quitter son palais, Ruy Blas quitte
la maison secrète de don Salluste pour aller demander aide à Dieu.
Dans
la maison, un homme tombe par la cheminée . Il sagit de Don César, qui tout
en se restaurant raconte ses aventures. Un laquais lui apporte mystérieusement une
sacoche pleine dargent. Cet argent est en fait destiné à Ruy Blas ( le faux Don
César). Une duègne vient lui confirmer le rendez-vous avec la reine . Ce rendez-vous a
en fait été organisé par Don Salluste .
Don Guritan surgit avec deux épées en vue de son duel différé avec Ruy Blas. Don
César le tue.
Arrive
Don Salluste. Don César lui apprend quil a tué Don Guritan et quil a
rendez-vous avec la reine. Voyant ses plans compromis, Don Salluste réussit à faire
arrêter Don César en le faisant passer pour le célèbre voleur Matalobos.
Actes V
La même chambre la
nuit. Ruy Blas, persuadé quil a
réussi a avertir la reine du danger et à la sauver, veut sempoisonner. Mais doña
Maria, appelée par une autre lettre dictée à Ruy Blas par don Salluste, est prise au
piège. Elle apparaît. Don Salluste savoure
sa vengeance. Il met en demeure la reine de choisir entre le scandale ou labdication
et la fuite avec Ruy Blas. La reine est prête à abdiquer , lorsque Ruy Blas, déchiré,
éperdu, larrête et confesse son véritable nom et son état. Révolté, il tue Don
Salluste de son épée, boit le poison et meurt dans les bras de la reine. Doña Maria lui
crie son pardon et lappelle de son nom , Ruy Blas.
Extraits de la
préface de Ruy Blas par Hugo
Et
premièrement pour ne signaler qu'un des aspects de la question, au point de vue de la
philosophie de l'histoire, quel est le sens de ce drame ?
Au moment où une monarchie va s'écrouler, plusieurs phénomènes peuvent être
observés. Et d'abord, la noblesse tend à se dissoudre. En se dissolvant, elle se divise,
et voici de quelle façon : Le royaume chancelle, la dynastie s'éteint, la loi tombe
en ruine ; l'unité politique s'émiette aux tiraillements de l'intrigue ; le
haut de la société s'abâtardit et dégénère ; un mortel affaiblissement se fait
sentir à tous au-dehors comme au-dedans ; les grandes choses de l'État sont
tombées, les petites seules sont debout, triste spectacle public ; plus de police,
plus d'armée, plus de finances ; chacun devine que la fin arrive. De là, dans tous
les esprits, ennui de la veille, crainte du lendemain, défiance de tout homme,
découragement de toute chose, dégoût profond. Comme la maladie de l'Etat est dans la
tête, la noblesse, qui y touche en est la première atteinte. Que devient-elle
alors ? Une partie des gentilshommes, la moins honnête et la moins généreuse reste
à la cour. Tout va être englouti, le temps presse, il faut se hâter, il faut
s'enrichir, s'agrandir et profiter des circonstances. On ne songe plus qu'à soi. Chacun
se fait, sans pitié pour le pays, une petite fortune particulière dans un coin de la
grande infortune publique. On est courtisan, on est ministre, on se dépêche d'être
heureux et puissant. On a de l'esprit, on se déprave et l'on réussit. Les ordres de
l'État, les dignités, les places, l'argent, on prend tout, on veut tout, on pille tout.
On ne vit plus que par l'ambition et la cupidité. [...] L'état désespéré du royaume
pousse l'autre moitié de la noblesse, la meilleure et la mieux née, dans une autre voie.
Elle s'en va chez elle. Elle rentre dans ses palais, dans ses châteaux, dans ses
seigneuries. Elle a horreur des affaires, elle n'y peut rien, la fin du monde approche. Il
faut s'étourdir, fermer les yeux, vivre, boire, aimer, jouir. Le gentilhomme décuple sa
livrée, achète des chevaux, enrichit des femmes, ordonne des fêtes, paie des orgies,
jette, donne, vend, achète, hypothèque, compromet, dévore, se livre aux usuriers et met
le feu aux quatre coins de son bien. Un beau matin, il lui arrive un malheur. C'est que,
quoique la monarchie aille grand train, il s'est ruiné avant elle. Tout est fini, tout
est brûlé. De cette belle vie flamboyante, il ne reste pas même de la fumée. Oublié
et abandonnée de tous, excepté de ses créanciers, le pauvre gentilhomme devient alors
ce qu'il peut, un peu aventurier, un peu spadassin, un peu bohémien. Il n'a plus d'or,
mais il lui reste le soleil, cette richesse de ceux qui n'ont rien. Il a d'abord habité
le haut de la société, voici maintenant qu'il vient se loger dans le bas, et qu'il s'en
accommode ; il se moque de son parent l'ambitieux qui est riche et puissant ; il
devient philosophe et compare les voleurs aux courtisans.
Si le double tableau que nous venons de tracer s'offre dans l'histoire de
toutes les monarchies à un moment donné, il se présente particulièrement en Espagne
d'une façon frappante à la fin du dix-septième siècle. Ainsi, si l'auteur avait
réussi à exécuter cette partie de sa pensée, ce qu'il est loin de supposer, dans le
drame qu'on va lire, la première moitié de la noblesse espagnole à cette époque se
résumerait en don Salluste, et la seconde moitié en don César. Tous deux cousins, comme
il convient.
En examinant toujours cette monarchie et cette époque, au-dessous de la noblesse ainsi
partagée, et qui pourrait, jusqu'à un certain point, être personnifiée dans les deux
hommes que nous venons de nommer, on voit remuer dans l'ombre quelque chose de grand, de
sombre et d'inconnu. C'est le peuple. Le peuple, qui a l'avenir et qui n'a pas le
présent ; le peuple, orphelin, pauvre, intelligent et fort ; placé très bas,
et aspirant très haut ; ayant sur le dos les marques de la servitude et dans le
cur les préméditations du génie ; le peuple, valet des grands seigneurs, et
amoureux, dans sa misère et dans son abjection, de la seule figure qui, au milieu de
cette société écroulée, représente pour lui, dans un divin rayonnement, l'autorité,
la charité et la fécondité. Le peuple, ce serait Ruy Blas.
Maintenant, au-dessus de ces trois hommes, il y a une pure et lumineuse créature, une
femme, une reine. Malheureuse comme femme, car elle est comme si elle n'avait pas de
mari ; malheureuse comme reine, car elle est comme si elle n'avait pas de roi ;
penchée vers ceux qui sont au-dessous d'elle par pitié royale et par instinct de femme
aussi peut-être, et regardant en bas pendant que Ruy Blas, le peuple, regarde en haut.
Paris, 25 novembre 1838, Victor Hugo
Sources bibliographiques
Hugo de Catherine Balaudé-Treilhou ( Balises,
edition Nathan)
Dictionnaire des Grandes Oeuvres de la Littérature
française, Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty ( Editions larousse)
Le
site de la comédie française : Ruy Blas à l'affiche en 2001, 2002, 2003

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