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Fantine, première partie
Cosette,
deuxième partie
Marius,
troisième partie
L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis, quatrième partie
Jean
Valjean, cinquième partie
Fantine,
première partie
L'évêque et le forçat ( livre premier et second)
1815. Alors que tous les aubergistes de la ville l'ont chassé, le bagnard Jean Valjean
est hébergé par Mgr Myriel ( que les pauvres ont baptisé, d'après l'un de ses
prénoms, Mgr Bienvenu). L'évêque de la ville de Digne, l'accueille avec bienveillance,
le fait manger à sa table et lui offre un bon lit.
Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d'un pain et vient de passer vingt
ans au bagne.
Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit,
après avoir dérobé les six couverts d'argent, les seules richesses de l'évêque. Le
lendemain, les gendarmes le ramènent chez Mgr Bienvenu qui, à sa grande surprise,
l'innocente. L'évêque lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait
"oublié" d'emporter. Il souhaite ainsi aider l'ancien bagnard à redevenir un
honnête homme. Pourtant sur la route, Jean Valjean commet un nouveau délit. Il vole un
petit ramoneur. Mais, alors qu'il s'apprête à ranger son larcin dans sa besace, il
revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu, et se rappelle les paroles de l'évêque. Il
n'aura plus alors qu'un seul but : honorer la bonté de l'ecclésiastique et servir le
bien.
La déchéance de Fantine
Paris, Août 1817.
Quatre étudiants, dont un certain Tholomyès, font un bon repas dans
un cabaret avec quatre jeunes filles insouciantes, dont l'une, Fantine étonne par sa
beauté et sa candeur. Elle vit avec Tholomyès sa première histoire d'amour. Les quatre
jeunes hommes ont promis "une surprise". Au dessert, ils s'esquivent pour
ne jamais revenir, annonçant dans la lettre d'explication qu'ils ont laissé, leur retour
définitif dans leurs familles en province. Les jeunes filles s'amusent de cette farce,
sauf Fantine, la plus jolie, qui est vraiment inquiète. Elle s'était offerte à
Tholomyès et attend un enfant de lui.
Cosette livrée "aux loups"
Printemps 1818.
Fantine quitte Paris et porte dans ses bras la petite fille qu'elle a
eu de Tholomyès, et pour laquelle elle a tout sacrifié, Cosette. Elle souhaite retourner
à Montreuil sur Mer, sa ville natale, où elle espère trouver du travail. En chemin, à
Montfermeil, elle fait la connaissance d'un couple d'aubergistes, d'allure plutôt
accommodante, les Thénardier. Très vite Cosette joue avec les petites filles des
aubergistes. Fantine y voit là un signe du ciel et propose de leur confier quelque temps
la garde de Cosette. Les aubergistes acceptent moyennant une pension. Cosette qui n'a que
cinq ans se retrouve ainsi prise au piège d'un sinistre couple qui ne tarde pas à en
faire sa servante. Tout le pays va désormais surnommer Cosette, "l'alouette",
petite esclave en haillons, fragile et tremblante, soumise à la tyrannie de ces
abominables aubergistes.
La déchéance
Montreuil de 1818 à 1823
A son arrivée à Montreuil, Fantine découvre que sa ville natale est
devenue prospère grâce à un inconnu, arrivé deux ans plus tôt et qui a su relancer et
développer l'industrie de la région. Cet homme, M. Madeleine, (nom d'emprunt de Jean
Valjean) semble un véritable bienfaiteur : il offre du travail à toutes les personnes
honnêtes qui se présentent à sa fabrique, donne des conseils éclairés et multiplie
les actes de générosité. Il est aussi doté d'une force peu commune. Un jour, il a
sauvé un vieillard, Fauchelevent, que sa charrette menaçait d'écraser. M. Madeleine est
parvenu à relever la carriole et à dégager le vieil homme, qui sans l'intervention de
"cette force de la nature" était promis à une mort certaine. Au terme de sa
réussite industrielle et de son ascension sociale, M. Madeleine accepte sous la pression
de ses concitoyens de devenir le maire de la ville.
Un homme, l'inspecteur Javert, ténébreux, obsédé par l'autorité,
reste pourtant insensible à l'admiration unanime dont bénéficie M. Madeleine. Pire,
ayant travaillé auparavant dans les bagnes du midi, il s'intéresse particulièrement à
ce notable. Il a l'impression que ce visage ne lui est pas inconnu
Fantine a trouvé du travail dans les ateliers de M. Madeleine. Mais sa
beauté suscite la jalousie de ses collègues qui commencent à l'épier. Elles
découvrent que la jeune femme a un enfant naturel, ce qui lui vaut d'être renvoyée par
la surveillante. Elle éprouve alors du mépris pour . Madeleine, qu'elle imagine
responsable de ce renvoi.
Pour parvenir à payer la pension de Cosette, Fantine est obligée de
vendre ses cheveux blonds et aussi ses dents.
Ultime étape de sa déchéance, la prostitution. Un jour d'hiver,
Fantine, malade, fait les cent pas sur le trottoir. Un jeune bourgeois, pour se distraire,
lui glisse une boule de neige dans le dos. Vexée, Fantine se jette sur l'individu et le
frappe. L'inspecteur Javert intervient, arrête la prostituée et lui inflige six mois de
prison. M. Madeleine, ému par les malheurs de la jeune fille intervient pour la faire
libérer. Lorsqu'il apprend qu'il est indirectement la cause de la déchéance de cette
jeune fille, Fantine ayant été chassé de ses ateliers à son insu, il fera tout son
possible pour soigner la jeune femme et lui permettre de retrouver son enfant. Il rend de
fréquentes visites à Fantine, la fait signer et envoie de l'argent aux Thénardier.
Entre-temps, il apprend de la bouche de Javert, qu'un homme, qui dit
s'appeler Champmathieu, mais qui serait en fait l'ancien forçat Jean Valjean, va être
jugé à Arras pour un vol de pommes. M. Madeleine, après une nuit de débat intérieur (
la célèbre "tempête sous un crâne") se rend au tribunal. Il prend la
défense de Champmathieu en se dénonçant. Cet aveu lui vaudra d'être arrêté par
Javert dans la chambre de Fantine, qui meurt avant d'avoir revu Cosette.
Cosette, deuxième partie
La bataille de Waterloo
Mai 1861. Le narrateur raconte une visite à pied sur les vestiges de
la défaite napoléonienne de Waterloo ( visite que Victor Hugo fit en 1861, lors de son
retour de l'Ile d'Elbe sur les lieux même de la bataille de juin 1815). Ce jour-là,
Napoléon affrontait les troupes anglaises et les forces coalisées de l'Europe
continentale. Victor Hugo réfléchit sur les causes de ce désastre napoléonien : il
pleuvait ce jour-là, le sol était boueux, ce qui empêcha l'empereur de déployer
librement son artillerie, son arme stratégique. Pire, mal renseignée, la cavalerie
française se précipita dans un ravin, où beaucoup de soldats périrent, écrasés. Les
renforts espérés n'arrivèrent pas . Cambronne fit passer à la postérité cette
défaite héroïque. La garde impériale qu'il dirigeait lutta jusqu'au dernier carré et,
lui, lança à l'ennemi son mot célèbre : "M
"
Le narrateur relate alors une funèbre rencontre qui lui permet
d'introduire un des personnages des Misérables dans cette bataille de Waterloo :
pendant la nuit qui suit cette bataille, un sordide escroc dépouille les cadavres de tous
leurs objets précieux. Il dégage le corps d'un officier pour lui voler sa montre.
Celui-ci n'est que blessé et est persuadé que l'inconnu lui a sauvé la vie. L'officier
reconnaissant, le colonel Pontmercy, demande son nom à son sauveur providentiel : c'est
Thénardier.
Le sauvetage de Toulon
1823. Emprisonné suite à son arrestation par Javert, Jean Valjean
était parvenu à s'évader. Mais il a été repris. Il a été condamné aux travaux
forcés à perpétuité et se retrouve au bagne de Toulon. Lors d'un accident sur un
vaisseau de guerre rentré au port de Toulon, il sauve la vie d'un marin, ce qui lui vaut
le soutien de la foule qui réclame sa grâce. il se jette à la mer et parvient à
s'échapper en nageant sous le bateau. Personne ne retrouvant son corps, on le croira
mort.
Jean Valjean recueille Cosette
Ayant retrouvé la liberté, Jean Valjean souhaite honorer la promesse
qu'il avait faite à Fantine : libérer Cosette. Il arrive à Montfermeil la veille de
Noël. Cosette est toujours en haillons. Alors que la petite servante se fait réprimander
par La Thénardier, Jean Valjean prend sa défense. Puis la terrible mégère envoie
Cosette, à la nuit tombée, chercher de l'eau à la fontaine, là-bas dans la forêt.
Corvée que Cosette redoutait, d'autant que la nui est glaciale et le seau plus grand
qu'elle.
Cosette part seule dans cette nuit de Noël. Elle jette un regard
devant une somptueuse poupée, exposée dans l'une des baraques dressées pour Noël .
Puis elle s'enfonce dans la nuit noire. Le seau rempli, il lui faut vaincre la fatigue, la
peur et le froid et se dépêcher car sa patronne a horreur d'attendre. Soudain, elle sent
que le seau devient de plus en plus léger. Une grosse main s'est saisie de l'anse.
Cosette se sent protégée par cet homme très fort qu'elle ne connaît pas et qui
pourtant la rassure. En échangeant quelques mots avec la jeune servante, Jean Valjean
reconnaît la fille de Fantine et l'aide à porter le seau jusqu'à l'auberge.
Il lui fait cadeau de la poupée tant admirée, indemnise les affreux
aubergistes et emmène Cosette avec lui.
Le couvent
Jean Valjean et Cosette se rendent à Paris où l'ancien forçat loue
une maison vétuste et isolée, la masure Gorbeau. Il s'y installe avec la jeune fille
qu'il protège d'un amour paternel. Quant à Cosette, elle a retrouvé sa gaieté et son
insouciance. Mais bientôt Jean Valjean se sent surveillé. Le regard soupçonneux d'une
vieille voisine ne laisse rien présager de bon. La vieille dame fait rentrer un nouveau
locataire qui n'est autre que Javert. Le soir même, Jean Valjean décide de partir. Il
s'enfuit avec Cosette dans la nuit. Javert lance une escorte de policiers et de soldats à
leur trousse. Il faut toute la clairvoyance et l'agilité de l'ancien forçat pour
échapper à la meute des poursuivants. Il escalade un mur, parvient à hisser Cosette et
se retrouvent tous deux dans un lieu étrange. Ils y entendent des chants célestes et
aperçoivent au sol des formes bizarres. Heureusement apparaît un vieil homme
providentiel, Fauchelevent. Autrefois, alors qu'il était maire de Montreuil sur Mer, M.
Madeleine, alias Jean Valjean, avait sauvé la vie à cet homme et lui avait trouvé un
poste de jardinier dans le couvent du Petit Picpus; jardin dans lequel ils ont trouvé
refuge, ce soir, par le plus grand hasard. Plein de reconnaissance, le vieil homme les
accueille. Il leur apprend que ce couvent est également une institution pour jeunes
filles. Il leur indique aussi, qu'exceptés le prête et le jardinier, aucun homme n'est
admis dans cet établissement. Il leur offre toutefois un abri. Fauchelevent profitera de
la mort d'une religieuse et de la confiance dont il bénéficie dans ce couvent pour
demander la permission de faire venir son frère et la fille de celui-ci pour l'aider dans
son travail. Grâce à ce subterfuge, Jean Valjean va donc pouvoir être employé comme
aide-jardinier. Une nouvelle fois l'ancien forçat va changer d'identité et s'appellera
désormais le frère Fauchelevent. Quant à Cosette elle devient élève dans ce couvent;
les religieuses espérant bien la convaincre d'entrer plus tard dans les ordres.
Marius, troisième partie
Retour à la Masure Gorbeau
Un peu plus de huit années se sont écoulées. La Masure Gorbeau,
jadis habitée par Jean Valjean, abrite maintenant de nouveaux locataires. On y trouve une
famille misérable : le père, qui dit s'appeler Jondrette , son épouse et leurs deux
filles . Quant au fils Gavroche, un vrai gamin de Paris, il a choisi de vivre dans
la rue. Cette famille accueille un nouveau voisin , un jeune homme , petit-fils d'un
"grand bourgeois", nommé Marius Pontmercy.
Marius, son père et son grand-père
Marius a passé toute son enfance chez son grand-père, un royaliste
intransigeant qui ne supporte ni la révolution ni l'Empire. En effet à la mort de sa
fille, le vieil homme a récupéré le jeune Marius, ne supportant pas de le laisser aux
soins de son père, un colonel de l'Empire. Après une brillante carrière dans l'armée
napoléonienne, le père de Marius a été, lors de la Restauration, assigné à
résidence dans l'Eure. Le grand-père s'efforce de maintenir Marius à l'écart de son
père. Appelé au chevet de son père, Marius arrive trop tard, il ne pourra le revoir
vivant. Il recueille juste un billet, écrit de sa main, qui lui demande de faire tout ce
qu'il pourra pour retrouver et aider le sergent qui lui a sauvé la vie à Waterloo,
Thénardier.
Assez peu touché par la mort de ce père qu'il n'a pas connu, Marius
découvre peu après que le colonel de Pontmercy fut un héros et un père aimant et
tendre . Il apprend également que son père venait de temps en temps, discrètement, à
l'église , en restant caché derrière un pilier pour tenter d'apercevoir son fils.
Dès lors Marius souhaitera se pencher sur le passé de son père. Il
se passionne pour la Révolution et l'Empire et recherche toute trace de l'héroïsme de
ce père qu'il n'a pas connu. Le grand-père de Marius ne peut supporter le revirement
politique de son petit-fils. Après une violente altercation, le vieil homme chasse son
petit-fils.
Les amis de l'ABC
Marius refuse toute aide financière. A la recherche d'un toit , il
trouve refuge dans un hôtel, où l'emmène Courfeyrac, l'un de ses amis étudiants. Ce
dernier le présente à un groupe d'étudiants, qui avec quelques ouvriers , ont fondé
une société secrète, les amis de l'A.B.C (jeu de mots sur l'abaissé, qui
signifie le peuple). Ils tiennent leurs réunions, dans l'arrière salle d'un café du
quartier latin. Marius poursuit ses études d'avocat mais vit de quelques traductions qui
lui permettent tant bien que mal de payer les notes de l'hôtel. C'est pourquoi il finit
par élire domicile dans la masure Gorbeau. Suite à une brillante plaidoirie qui couronne
ses études, il est reçu avocat. Pour préserver son indépendance, Marius refuse de
plaider et va se contenter d'aléatoires travaux de librairie.
Un regard au jardin du Luxembourg
Marius, qui a une vingtaine d'années est un beau jeune homme, à la
fois rêveur et réservé du fait de sa pauvreté. Un jour, lors de sa promenade au jardin
du Luxembourg, il remarque une jeune fille qui se promène avec un vieil homme aux cheveux
blancs. Le regard qu'elle va lui offrir va l'enflammer. Il en tombe aussitôt follement
amoureux. Dès lors, il reviendra tous les jours au Luxembourg, avec son plus bel habit et
multipliera les manuvres pour attirer l'attention de la jeune fille sans provoquer
de soupçon chez celui qu'il prend pour son père. Un jour, n'y tenant plus, il va suivre
le vieil homme et sa fille jusqu'à leur domicile. Cette filature éveille l'attention du
vieux monsieur qui se retourne vers Marius pour le toiser.
Quelques jours se sont écoulés. La jeune fille et le vieil homme ne
viennent plus au jardin du Luxembourg. N'y tenant plus, Marius se rend au pied de leur
immeuble et questionne le portier. Il lui apprend qu'ils ont soudainement déménagé.
Marius est désespéré.
Plusieurs mois ont passé depuis que Marius a perdu la trace de la
jolie jeune fille qui fait battre son cur. Il est mélancolique et accablé.
Jusqu'au 2 février 1831.
Ce jour-là, ayant été sollicité par une des filles de ses voisins,
qui mendiait, Marius , pris de pitié lui a donné, malgré ses maigres ressources, 5
francs. Puis rentrant dans sa chambre, il se met à observer par l'une des ouvertures du
mur le logement de ses voisins; Il aperçoit quatre créatures hideuses, le père, la
mère et les 2 filles vivant dans une immense pauvreté et une affreuse saleté. C'est
alors qu'une des filles annonce l'arrivée d'un "généreux monsieur" qu'elle
avait, lui aussi, sollicité dans la journée. Surprise de Marius qui voit entrer dans le
taudis de ses voisins, le vieil homme et la jeune fille qu'il aime. Apitoyé par cette
famille de "misérables" , le monsieur promet de revenir le soir même avec
l'argent qui leur permettra de payer leur loyer.
Dès le départ de celle qu'il aime et de son père, Marius n'a qu'une
idée, les suivre. Hélas, sans argent il lui faut vite déchanter, il ne peut même pas
se payer le fiacre dont il aurait besoin pour les filer. De retour à la masure Gorbeau,
Marius assiste à d'inquiétants préparatifs dans le taudis de ses voisins. Le père
Jondrette prétend avoir reconnu le vieil homme et prépare avec sa femme un guet-apens
destiné à leur "bienfaiteur". Persuadé que le père de celle qu'il aime est
en danger, Marius décide de tout raconter à la police. Il explique la situation à un
policier qui l'écoute avec un grand intérêt. Ce policier , c'est Javert
Le soir, Marius, a repris son poste d'observation. Le
"bienfaiteur" est à peine rentré qu'une bande de malfaiteurs, au visage
charbonneux l'entourent et le ligotent; Il souhaitent lui faire avouer son adresse, en vue
d'enlever sa fille et d'obtenir une énorme rançon. Le vieillard résiste. Pour montrer
sa détermination , il va même jusqu'à s'appliquer lui même sur le bras le fer rouge
que ses geôliers avaient préparé pour le faire parler.
Animé d'une soif de vengeance, Jondrette, ne peut résister au plaisir
sadique de révéler à son prisonnier sa véritable identité : il s'appelle Thénardier
, a été aubergiste à Montfermeil et voue de la haine à un certain Jean Valjean qui
l'avait humilié
Marius est en proie à un cruel dilemme. Il se trouve enfin en face de
Thénardier, celui qui a sauvé la vie à son père, le Colonel Pontmercy, à Waterloo;
colonel qui dans ses dernières volontés avait exprimé le désir que son fils lui
témoigne sa reconnaissance. Va-t-il laisser tuer le père de celle qu'il aime ? Doit-il
donner l'alerte aux policiers, comme le lui avait demandé Javert ?
La brusque irruption de Javert et de ses hommes met fin à sa cruelle
hésitation. Thénardier et tous les bandits sont arrêtés. Le mystérieux vieillard,
lui, est parvenu à s'échapper, ce qui contrarie énormément Javert . Visiblement, c'est
surtout le vieil homme qu'il aurait aimé appréhender.
Le lendemain , Gavroche vient rendre visite à sa famille. Il découvre
le taudis vide et on lui apprend qu'ils sont tous en prison.
L'idylle rue
Plumet et l'épopée rue Saint-Denis, quatrième partie
Sur les traces de Cosette
1831-1832
La France connaît une nouvelle période de fébrilité politique.
Louis Philippe est certes parvenu à affirmer son pouvoir, mais il doit affronter des
opposants de plus en déterminés qui contestent le principe même du pouvoir monarchique.
Des théories socialistes se font jour tandis que des sociétés secrètes effectuent un
inébranlable travail souterrain. Il règne dans Paris et notamment dans les quartiers
populaires une furtive effervescence. Les signes de contestation se multiplient,
perceptibles au travers de plusieurs accrochages entre les ouvriers et les forces de
l'ordre. Une fièvre révolutionnaire semble gagner certains quartiers de Paris, notamment
au faubourg Saint-Antoine, où ouvriers et agitateurs se concertent. Enjolras et ses amis
participent activement à ce bouillonnement
Marius a quitté la masure Gorbeau pour ne pas avoir à témoigner
contre Thénardier suite à l'affaire de l'embuscade contre Jean Valjean. Il est allé
vivre chez son ami Courfeyrac. Il semble peu concerné par cette effervescence politique
qui règne à Paris. Une nouvelle fois le jeune avocat a perdu la trace de Cosette. Il
passe beaucoup de temps à songer à la jeune fille et ses promenades songeuses le
ramènent régulièrement dans les faubourgs de la ville, au lieu-dit "Le Champ de
l'Alouette"; lieu-dit dont le nom ressemble à celui qu'évoquait Thénardier
lorsqu'il préparait le guet-apens contre Jean Valjean. Eponine, la jeune fille de
Thénardier, qui a échappé à la prison en raison de son jeune âge parvient à
retrouver Marius qu'elle aime sans grand espoir. Elle a pu se procurer l'adresse de
Cosette et propose à Marius de le conduire auprès de sa jolie rivale.
La Rue Plumet
Après plusieurs années passées au couvent, Jean Valjean a préféré
faire connaître à Cosette la "vraie vie" plutôt que de lui faire courir le
risque de devenir religieuse. Il a profité de la mort du vieux Fauchelevent pour quitter
le couvent du Petit Picpus.
Il s'est installé avec elle rue Plumet, dans une maison discrète qui
a l'avantage d'avoir une sortie secrète. Jean Valjean n'a gardé pour lui qu'une simple
remise tandis qu'il a laissé à Cosette la confortable maison.
Cosette, d'enfant disgracieuse qu'elle était au sortir du couvent est
devenue une jeune femme rayonnante. Elle est amoureuse en secret de ce jeune homme qu'elle
avait rencontré au jardin du Luxembourg. Jean Valjean, ayant noté cette idylle naissante
et éprouvant une secrète jalousie pour celui qui pourrait lui dérober " sa
fille" avait alors décidé de mettre fin aux promenades du jardin du Luxembourg.
Un matin de l'automne 1831, au cours d'une promenade matinale, Cosette
assiste par hasard à un convoi de forçats partant pour les galères. A la vue de ces
galériens enchaînés, elle a une réaction horrifiée. Jean Valjean qui assiste à la
scène ressent tout à coup la fragilité de son bonheur. Il suffirait que Cosette
apprenne la vérité sur son passé pour que soudain, peut-être, tout s'écroule
.
Autre incident qui contrarie Jean Valjean et qui lui rappelle son
passé : l'agression dont il est victime, lors d'une de ses promenades. Un jeune voyou au
regard arrogant tente de lui dérober sa bourse. Malgré son âge, Jean Valjean parvient
à se défendre et à contenir le jeune brigand. Il le sermonne et lui montre les malheurs
auxquels il s'expose : le bagne, les travaux forcés, une vie détruite
Suite à
cette mise en garde, il donne sa bourse au jeune voyou.
La discussion a eu un témoin : Gavroche. Il s'approche du voyou que
les propos de Jean Valjean ont déstabilisé et lui dérobe la bourse de l'ancien forçat.
Gavroche la destine à un vieux chercheur désargenté, le père Mabeuf, dont Gavroche a
surpris une conversation que le vieillard avait avec sa servante. N'ayant plus aucun
argent, le vieil homme est menacé d'expulsion. La bourse que Gavroche a jeté par dessus
la haie tombe aux pieds du vieil homme.
Cosette, elle, savourant l'arrivée du printemps retrouve sa bonne
humeur naturelle. Elle en arriverait presque à oublier Marius. Plusieurs soirs, alors
qu'elle est seule, Jean Valjean étant en voyage, elle aperçoit dans le jardin de leur
maison un mystérieux rôdeur. Un autre jour, elle aperçoit, sur un des bancs du jardin,
une pierre. Sous cette pierre, elle découvre une enveloppe contenant plusieurs pages
manuscrites. Il s'agit du journal intime dans lequel un jeune homme évoque tous les
sentiments et les émotions qu'il a éprouvés depuis qu'il l'a croisée, il y a quelques
années, dans le jardin du Luxembourg. En lisant ces quelques pages, les yeux de Cosette
s'enflamment à nouveau pour cet inconnu qu'elle avait elle aussi aimé. Ce soir là, dans
le jardin elle a hâte de croiser ce mystérieux visiteur. Quelques minutes plus tard,
Marius s'approche d'elle et lui déclare sa passion. Dissimulés par une végétation
luxuriante, ils échangent leur premier baiser. Les deux jeunes amoureux se confient
longuement l'un à l'autre et se dévoilent enfin leur prénom : Marius et Cosette.
Durant ce printemps 1832, ils se revoient souvent dans le jardin de la
maison de la rue Plumet. La candeur de Cosette et la vertu de Marius magnifient ce grand
amour. Pendant ce temps Thénardier , grâce à l'aide de Gavroche, est parvenu à
s'évader de la prison. Il prépare avec ses complices un nouveau larcin . Ils ont en
effet appris en prison qu'il y avait une cible idéale, rue Plumet : un vieil homme riche
vivant seul avec sa fille.
Dans la soirée du 3 juin 1832, ils rôdent autour de la maison de Jean
Valjean. Cosette et Marius, tout à leur amour ne s'aperçoivent de rien. Il faudra
l'intervention courageuse d'Eponine, la propre fille de Thénardier, qui ne peut
s'abstenir d'épier continuellement celui dont elle est amoureuse, pour empêcher les
malfaiteurs d'accomplir leur délit. Elle ose faire obstacle à son père et ses complices
et menace d'alerter le quartier s'ils s'obstinent. Finalement ils abdiquent et
disparaissent.
Le bonheur de Marius et de Cosette sera éphémère. Cosette annonce à
son amant que Jean Valjean lui a demandé de se préparer pour un long voyage en
Angleterre. Ne pouvant se résoudre à cette séparation, Marius ne voit d'autres
solutions que d'aller solliciter son grand-père , M. Gillenormand , pour lui demander
l'autorisation d'épouser Cosette.
L'entrevue entre le vieil homme et son petit-fils a lieu dès le
lendemain. Malgré l'amour qu'il porte à Marius, M. Gillenormand ne parvient pas à
assouplir son attitude rigide et austère. Marius, lui, trop focalisé sur son amour pour
Cosette, en oublie de montrer à son grand-père le repentir que ce dernier attend. Entre
ces deux êtres pourtant si proches, mais qui ne parviennent pas à rompre la glace, c'est
l'incompréhension totale. Le grand-père dans un réflexe de vieux libertin, conseille
même à Marius de faire de Cosette sa maîtresse . C'en est trop pour le jeune romantique
qui n'admet pas que son grand-père puisse déshonorer son amour. Il claque la porte,
abandonnant le vieil homme à sa douleur.
Pendant ce temps, Jean Valjean acquiert la certitude qu'il lui faut
fuir à nouveau. Une main mystérieuse jette à ses pieds un bref message :
"Déménagez ! "
Le lendemain matin, lorsque Marius arrive rue Plumet, il découvre la
maison vide. Désespéré, il est décidé à mourir. Une voix l'interpelle et lui indique
que ses amis l'attendent sur une barricade. Il se dirige spontanément vers le quartier
d'où proviennent des bruits de combat. En effet ce jour-là Paris connaît l'une des plus
graves émeutes populaires du dix-neuvième siècle. Une foule immense et en colère
assiste aux funérailles du général Lamarque, un des derniers survivants de l'armée
napoléonienne. Très vite le peuple se retrouve face aux forces de l'ordre, c'est
l'insurrection. Clameurs et coups de feux. Les premières barricades se dressent dans les
petites rues du centre de Paris.
Gavroche, le visage rayonnant a dérobé un vieux pistolet dans une
brocante. Il marche d'un pas décidé au travers des rues enfiévrées. Il rejoint un
groupe de révolutionnaires à la tête duquel se trouve Enjolras, un jeune chef
indomptable. C'est au cur des Halles, dans une ruelle, au pied d'un cabaret, le
Corinthe, que ce groupe décide de dresser une barricade. Ils renversent un omnibus.
Puis c'est la distribution des armes et des munitions.
Soudain Gavroche, reconnaît dans le groupe, un homme de grande taille.
Il s'agit d'un traître, d'un mouchard, qui s'est glissé au milieu du groupe d'insurgés
: Javert. Ce dernier ne cherche pas à nier son identité. Le groupe le fait prisonnier et
l'attache au poteau d'un cabaret.
Avertis par Gavroche de l'approche d'une troupe militaire, les
révolutionnaires se mettent à leur poste de combat. Les premiers coups de feu des gardes
nationaux éclatent. Le drapeau rouge qui flottait au sommet de la barricade tombe. Un
vieil homme de 80 ans, le père Mabeuf, ce vieux savant que Gavroche avait secouru,
s'empare du drapeau. Il se hisse au dessus de la barricade et agite le drapeau rouge. Il
mourra sous le crépitement des balles en criant : "Vive la révolution, vive la
république".
Enjolras profite de cet acte héroïque pour haranguer son groupe. Mais
les forces armées attaquent la barricade, tuant d'autres insurgés. L'un des gardes
nationaux s'apprête à frapper Gavroche lorsqu'une balle l'atteint en plein front. C'est
Marius qui vient d'arriver sur les lieux du combat. On tire sur lui, mais un jeune homme
s'interpose et le protège de son corps. Après avoir sauvé la vie de Gavroche, le jeune
homme s'empare d'un baril de poudre et menace de faire sauter la barricade. Effrayés par
une telle détermination, les gardes nationaux replient chemin.
La joie des insurgés sera brève. Un de leurs amis manque à l'appel.
Il s'agit du poète Jean Prouvaire. Les forces de l'ordre l'ont capturé et on l'entend
pousser un dernier cri lorsque les balles d'un peloton d'exécution résonnent dans les
petites ruelles
Le sort de Javert est scellé. En représailles, le groupe décide de
l'exécuter. Marius inspecte les environs. C'est alors que le jeune homme qui tout à
l'heure s'est interposé pour lui sauver la vie, l'appelle. Il s'agit en fait d'Eponine,
la fille de Thénardier qui, pour s'approcher incognito de Marius, s'est déguisée en
ouvrier. Mortellement blessée, elle avoue au jeune homme la passion qu'elle éprouve pour
lui, lui dévoile qui est Gavroche et lui donne un billet que lui a confiée Cosette à
son intention.
Sur ce bout de papier, Cosette a juste eu le temps de griffonner
l'adresse où il se sont réfugiés avant leur départ pour Londres : Rue de l'Homme
Armé. Grâce à ce mot, Marius comprend que Cosette ne l'a pas abandonné. Pourtant,
toujours convaincu de l'impossibilité de leur amour, il reste décidé à mourir. Il
rédige à son tour un billet à son intention; billet qu'il confie à Gavroche et qui
annonce sa mort imminente.
Rue de l'Homme-Armé, Jean Valjean est extrêmement déconcerté. Il
vient de découvrir par hasard, sur un buvard, le texte que Cosette vient d'adresser à
son amant. Il est en train de vivre ce moment tant redouté : celui de perdre, Cosette, le
seul être qu'il ait vraiment aimé. Il se sent révolté et éprouve alors une immense
haine pour celui qui lui vole Cosette. Il descend alors dans la rue et s'assied sur une
borne. Arrive alors Gavroche, qui avec son air enjoué, le délivre de sa sombre
méditation. Il prend connaissance du billet que lui apporte gavroche e ressent un
soulagement horrible, lorsqu'il apprend la mort prochaine de Marius.
Sa mission accomplie, Gavroche repart en chantant vers les barricades.
Jean Valjean marche sur ses traces.
Jean Valjean,
cinquième partie
La nuit s'achève. Le jour se lève, ce 6 juin, avec un goût amer
pour les insurgés. Contrairement à leurs espoirs, le peuple de Paris ne les a pas
suivis. Il savent que leur combat est perdu. La barricade héroïque souhaite pourtant se
battre jusqu'au bout. Personne ne veut abandonner la lutte. Marius et Enjolras parviennent
difficilement à convaincre cinq hommes, ayant des enfants à charge, de quitter le
combat. On leur donne les habits de gardes nationaux qui ont été tués pour qu'il
puissent fuir. Il n'y a en fait que quatre gardes nationaux tués, le cinquième ne devra
son salut qu'à Jean Valjean qui vient d'arriver sur la barricade et qui jette son habit
au cinquième père de famille.
Les insurgés défendant la barricade doivent maintenant affronter les
canons. Les munitions se font de plus en plus rares. Profitant d'un court moment de
répit, Gavroche se risque hors de la barricade pour récupérer les munitions des soldats
qui ont été abattus lors des derniers échanges de coups de feu. Le "gamin de
Paris" prend même un malin plaisir à chanter pour provoquer les gardes nationaux.
Ceux-ci le prennent pour cible, tandis qu'il court en tous sens pour les agacer. Puis il
tombe, fauché par une balle au milieu de sa chanson.
L'issue fatale du combat semble proche. Jean Valjean obtient, du
groupe, l'autorisation d'exécuter leur otage Javert. Il emmène le mouchard à l'écart
de la barricade, et au grand étonnement du policier tire plusieurs fois en l'air. Il lui
rend sa liberté, après lui avoir indiqué son adresse.
Au même moment la barricade est prise d'assaut. Les amis d'Enjolras
tombent les uns après les autres. Les derniers insurgés se retranchent dans une salle du
cabaret. Les gardes les pourchassent. Tous vont être exécutés. Marius, lui, blessé, se
sent saisi par une main énergique. C'est Jean Valjean qui parvient à l'arracher à une
mort certaine. Il soulève une bouche d'égout et parvient à emporter le blessé,
évanoui, sur son épaule.
La police descend à son tour dans les égouts et poursuit les fuyards.
Jean Valjean manque de se noyer. Cette fuite dans l'obscurité est semée d'embûches et
de pièges : culs de sac, amoncellements de boue, patrouilles de policiers
Son
instinct lui permet de les éviter. Après une longue et épuisante marche dans les
sous-sols de Paris, il atteint enfin une grille de sortie, mais celle-ci est fermée à
clef. C'est alors que surgit Thénardier, lui aussi réfugié dans les égouts pour
échapper à des policiers qui le traquent. Thénardier ne le reconnaît pas, mais est
persuadé que l'homme en face de lui est un criminel portant sur son dos sa victime.
Moyennant une forte somme, Thénardier lui propose d'ouvrir la grille. En fait, il
espère, en laissant passer devant lui un autre homme, fournir une victime facile aux
policiers qui l'attendent derrière la grille. A peine, est-il sorti, que Jean Valjean est
arrêté par Javert qui attendait justement Thénardier derrière la grille.
Jean Valjean accepte de se constituer prisonnier à condition que
Javert l'aide à ramener Marius, toujours évanoui, chez son grand-père. Jean Valjean
demande ensuite à Javert une ultime faveur : se rendre chez lui. Javert accepte. il
l'accompagne rue de l'Homme-Armé, mais au lieu d'attendre sa victime, il disparaît.
Depuis que Jean Valjean lui a sauvé la vie en ne le fusillant pas sur la barricade,
Javert est bouleversé. Il découvre que les forçats peuvent être généreux. Ses
schémas manichéens s'effondrent. Il ne supporte pas cette remise en question et va se
jeter dans la Seine.
Pendant trois mois Marius se bat contre la mort. M. Gillenormand, son
grand-père, le veille affectueusement. Trop heureux, lorsque son petit-fils est enfin
rétabli, M. Gillenormand accepte même son mariage avec Cosette. Cosette, elle reçoit,
de Jean Valjean, une dot de près de 600 000 francs, la totalité du trésor que M.
Madeleine, alors maire de Montreuil sur Mer avait caché dans une clairière près de
Montfermeil.
Le repas de noces a lieu dans les éclatants salons de M. Gillenormand.
Tandis qu'en cette fin de soirée, Cosette et Marius, enfin seuls, goûtent " à ce
grand bonheur sur lequel veillent les anges", Jean Valjean, se retrouve seul dans sa
chambre. Il passe la nuit à pleurer, face à la valise, où il avait soigneusement gardé
les vêtements de petite fille de Cosette.
A nouveau, il connaît un douloureux dilemme. Doit-il avouer à Marius,
sa véritable identité , doit-il garder ce trop lourd secret ? Le lendemain, il a pris sa
décision. Il avoue à Marius, qu'il est un ancien forçat et que Cosette n'est pas sa
fille.
Marius est bouleversé par cet aveu. Il permet à Jean Valjean de
continuer à voir Cosette. Mais très vite, il va éprouver de la répulsion pour cet
ancien forçat et demandera au vieillard d'espacer ses visites puis de rompre tout contact
avec Cosette.
Cosette, éblouie par son bonheur commence à oublier celui qui l'a
élevée. Privé de sa "fille" adorée, Jean Valjean sombre dans le silence et
la solitude Il tombe gravement malade et va mourir, seul, dans sa petite chambre. Ce qui
anéantit, c'est la perspective de mourir sans revoir Cosette. C'est alors que l'on frappe
à la porte. C'est Marius et Cosette qui d'un même cri appellent Jean Valjean : Père.
Marius a enfin pu découvrir toutes les qualités de l'ancien forçat.
C'est lui qui l'a sauvé sur les barricades, et qui l'a ramené chez son grand-père, lui
encore qui a laissé la vie sauve à Javert. Et tous ces gestes ont été accomplis avec
la plus grande des discrétions.
Les deux jeunes époux se jettent aux pieds du vieil homme et le
supplient de venir vivre avec eux. Ce moment remplit de bonheur Jean Valjean. Il puise
dans ses dernières forces pour bénir le couple et évoque avec Cosette les jours heureux
de leur vie ensemble et le souvenir de sa mère, Fantine. Il expire auprès de ses enfants
en larmes.
Selon ses dernières volontés, il est enterré anonymement, comme un
pauvre, dans un coin perdu du cimetière du Père-Lachaise. Quelques vers griffonnés
rappelleront son étrange destin :
Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange.
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange.
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.
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Le contexte historique, les principaux personnages
des Misérables et le texte intégral des Misérables sur le site de la BNF

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