Actualités de 2000 à 2016

2000

Les Liaisons dangereuses

Sur France 3 : lundi 13 novembre 2000 à 20 h 55 (120 min)

Glenn Close (la marquise de Merteuil), John Malkovich (le vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)

Réalisateur : Stephen Frears

D’après l’oeuvre de Choderlos de Laclos

Distribution : Glenn Close (la marquise de Merteuil), John Malkovich (le vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel), Swoosie Kurtz (madame de Volanges), Keanu Reeves (le chevalier Danceny), Mildred Natwick (madame de Rosemond), Uma Thurman (Cécile de Volanges), Peter Capaldi (Azolan)

Sujet : Femme aussi brillante que machiavélique, la Marquise de Merteuil se complaît dans son monde d’intrigues et de manipulations. L’un de ses amants, le Chevalier de Danceny, ayant décidé d’épouser Cécile de Volanges, une jeune oie blanche de 16 ans fraîchement sortie du couvent, elle décide de se venger. La marquise de Merteuil demande au libertin vicomte de Valmont de séduire Cécile de Volanges. Espérant regagner les faveurs de la marquise, Valmont s’exécute. Mais il a aussi d’autres projets : Il souhaite séduire la très fidèle Madame de Tourvel. Après de nombreuses difficultés, le brillant séducteur y parvient enfin. Mais l’amour de Madame de Tourvel est si sincère qu’il commence à troubler Valmont …

Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)

L’analyse des Liaisons dangereuses de Laclos

Les Prix littéraires 2000

La quinzaine des grands prix littéraires a débute jeudi 26 octobre par l’attribution du Grand prix du roman de l’Académie française à Pascal Quignard pour Terrasse à Rome (Gallimard). Elle se terminera le 14 novembre avec l’Interallié.

Lundi 30 octobre , ont été  décernés le Goncourt et le Renaudot.

Le prix Goncourt a été décerné à Jean-Jacques Schuhl pour « Ingrid Caven » (Gallimard) et le Prix Renaudot à l’Ivoirien Ahmadou Kourouma pour son livre « Allah n’est pas obligé » (Seuil).

Lundi 6 novembre , ont été  décernés le Médicis et le Femina.

Le prix Médicis a été attribué  à Yann Apperry pour Diabolus in musica (Grasset), le Médicis étranger revenant à l’écrivain d’origine sri-lankaise Michael Ondaatje pour « Le Fantôme d’Anil » (éd. L’Olivier).

Dans la catégorie Essais, le jury a couronné Armelle Lebras-Chopard et « Le zoo des philosophes » (Plon).

Le Prix Fémina a été attribué à Camille Laurens pour « Dans ces bras-là » (POL). Le Prix Fémina du roman étranger a été attribué à l’écrivain américain d’origine antiguaise Jamaica Kincaid pour « Mon frère » (L’Olivier).

Le Fémina de l’essai attribué à Robert Badinter pour « L’abolition » (Fayard).

Les Quatre derniers sélectionnés du Goncourt étaient :

  • Allah n’est pas obligé (Le Seuil) d’Ahmadou Kourouma
  • La métaphysique des tubes (Albin Michel) d’Amélie Nothomb
  • Parti (Stock) de François Salvaing
  • Ingrid Caven (Gallimard) de Jean-Jacques Schuhl.

Les sélectionnés du Femina

Romans français

  • Alice Ferney : La conversation amoureuse (Actes sud)
  • Ahmadou Kourouma : Allah n’est pas obligé (Le Seuil)
  • Camille Laurens : Dans ces bras-là (POL)
  • Laurent Mauvignier : Apprendre à finir (Minuit)
  • Jean-Jacques Schuhl : Ingrid Caven (Gallimard)

Romans étrangers

  • Kathleen Hill : Eaux tranquilles (Phébus)
  • Moses Isegawa : Chroniques abyssiennes (Albin Michel)
  • Jamaica Kincaid : Mon frère (L’Olivier)
  • Lee Sung-U : L’envers de la vie (Zulma)
  • Vikram Seth : Quatuor (Grasset)
  • Elsa Osorio : Luz ou le temps sauvage (Métailié).

Essais

  • Robert Badinter : L’abolition (Fayard)
  • François Bizot : Le portail (La Table Ronde)
  • Annie Cohen-Solal : Un jour, ils auront des peintres (Gallimard)
  • Jean Hatzfeld : Dans le nu de la vie (Le Seuil). Absent de la liste précédente :
  • Gilles Kepel : Jihad (Gallimard)
  • Bernard-Henri Lévy : Sartre (Grasset)

Lire en Fête du 13 au 15 octobre 2000

En France et à l’étranger

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Lire en fête 2000 est la 12e édition de la fête du livre et de la lecture.
La réussite de Lire en fête 1999 a prouvé la disponibilité et l’intérêt du public pour les manifestations vivantes et novatrices autour du livre et de la lecture et la capacité de tous les organisateurs à inventer de nouvelles formes de rencontres chaleureuses et participatives. Elle a créé une nouvelle dynamique.

Lire en fête illustre le résultat d’une volonté de créer des espaces de rencontres entre le public, les auteurs, les éditeurs organisés par tous ceux qui concourent à la diffusion du livre, au développement de la lecture et à la présence de l’écrit. Les bibliothécaires, les libraires, les enseignants, les collectivités territoriales, les fédérations d’éducation populaire, le milieu associatif… les comédiens et les musiciens… tous se mobilisent et s’associent avec une passion communicative pour mettre le livre et la lecture, sur le devant de la scène.

Lorenzo Mattotti, dessinateur italien, a réalisé le visuel de la manifestation qui sera décliné et repris pour toute la communication de Lire en fête – affiches, cartes postales, signets, sacs, kakémonos.

Aux côtés du ministère de la culture et de la communication et d’autres ministères, notamment Justice, Education nationale, Affaires étrangères, Défense, Agriculture et Pêche, Secrétariat d’Etat à l’Outremer, secrétariat d’Etat à la Santé et aux Handicapés, des collectivités locales et tous les professionnels du livre se mobilisent.

Le Bourgeois Gentilhomme, comédie en 5 actes de Molière

Du 16 septembre 2000 à mai 2001 à la Comédie Française
Mise en scène de Jean-Louis-Benoit

La pièce

Bourgeois entiché de noblesse, M. Jourdain entend acquérir les manières des gens de qualité. Il décide de commander un nouvel habit plus de sa nouvelle condition et se lance dans l’apprentissage des armes, de la danse, de la musique et de la philosophie, autant de choses qui lui paraissent indispensables à sa condition de gentilhomme.

Il se pique également de courtiser Dorimène, amenée sous sont toit par son amant, un comte désargenté , qui entend bien profiter de la naïveté de sa dupe.

Sa femme et Nicole sa servante, se moquent, puis s’inquiètent de le voir ainsi toqué de belles manières, et tentent de le ramener à la réalité du prochain mariage de sa fille Lucile avec Cléonte. Mais ce dernier n’étant pas gentilhomme, M. Jourdain refuse obtinément cette union.

Covillet, le valet de Cléonte, imagine alors de déguiser le jeune homme en  » Grand Turc  » et de l’introduire dans la maison pour honorer M. Jourdain et lui offrir la distinction de  » Mamamouchi « .

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La biographie de Molière

Contexte historique

Vingt-cinquième pièce de Molière, Le Bourgeois Gentilhomme fut représenté pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour, au château de Chambord.

Comédie-ballet en cinq actes et en prose de Molière , avec une musique de Jean-Baptiste Lully, elle symbolise la réussite d’un genre brillant réunissant théâtre, musique et ballet en un ensemble harmonieux. Le public parisien fit un triomphe à la comédie que Molière afficha en novembre avec les divertissements sur son théâtre du Palis Royal. La pièce fut jouée pour 6 représentations en 1670, vingt huit en 1671 et huit en 1672.

A la création, Molière, jouait le rôle de Monsieur Jourdain, habillé de couleurs vives , paré de dentelles d’argent et de plumes multicolores, face à Hubert, travesti dans celui de Madame Jourdain ; Melle de Brie était Dorimène , Armande Béjart jouait Lucile, tandis que le musicien Lully était le muphti au cours de la cérémonie turque du quatrième acte.

Entrée au répertoire le 4 octobre 1680 et régulièrement reprise , c’est une des pièces les plus populaires de Molière. Elle a été traduite en une vingtaine de langues. Le Bourgeois gentilhomme est la dixième pièce la plus jouée de Molière, et la première représentation de cette nouvelle production sera la 1430e à la Comédie-Française.

Le site de la Comédie française

Lorenzaccio

au Théâtre des Amandiers de Nanterre
Du 12 octobre 2000 au 18 Novembre 2000

LORENZACCIO, d’Alfred de Musset. Mise en scène : Jean-Pierre Vincent.

Lorenzaccio par Jean-Pierre Vincent, le résumé complet de la pièce

Avec Jérôme Kircher, Madeleine Marion, Richard Sammut, Louis Merino, Olivier Angèle, François Clavier…

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Alfred de Musset

L’un des grands soirs de Jean-Pierre Vincent ( Le Monde)

Jean-Pierre Vincent a conduit les comédiens de la même main avisée, ferme, qu’il avait eue lors de ses Caprices de Marianne. Musset lui réussit. Jérôme Kircher, Lorenzo très sensible, indécis, rêveur, caché, est on ne peut plus attachant. Richard Sammut donne un duc Alexandre vrai brigand, sourd aux évidences, fascinant. Les acteurs renommés, tels Madeleine Marion, François Clavier, Louis Merino, sont au top. Les comédiens sont une armée, tous sobres, nets, parfaits. Qu’ils fassent comme s’ils étaient, un par un, nommés ici. Avec eux aussi, ce Lorenzaccio est l’un des grands soirs de Jean-Pierre Vincent.

Michel Cournot dans le Monde, le vendredi 28 juillet 2000 (pièce présentée au Festival d’Avignon)

Extrait d’un article de Fabienne Pascaud, Télérama  ( juillet 2000)

« Lorenzaccio sera mon point d’orgue. »

… Après On ne badine pas avec l’amour (1988), Fantasio (1991), Les Caprices de Marianne (1991), Il ne faut jurer de rien (1993), c’est la cinquième fois que Jean-Pierre Vincent s’attelle au compagnon Musset. « Pour moi, il est le premier dramaturge français qui nous fasse entrer dans la modernité. Il nous raconte l’explosion et le malaise de la jeunesse, devenue grâce à lui catégorie sociale : avant 1830, excepté le Werther de Goethe, quelle œuvre avait conté les désarrois des jeunes générations ? Il nous parle d’un monde où tout est politique – le sexe, les relations parents-enfants, les rêves -, un monde qui s’achemine douloureusement vers la démocratie, même si lui, Musset, est revenu de tous les discours, ne croit plus en rien, ne se force plus dans ses pièces aux bons sentiments, aux happy ends. C’est un solitaire, un sceptique. Il sait à quel point il est lui-même contradictoire et ne s’embarrasse pas de ses contradictions. Il sent que l’âge d’or n’existera plus, qu’on entre dans le monde de la séparation. Il annonce enfin la disparition du personnage classique, de la dramaturgie classique : Lorenzo a plusieurs noms dans la pièce, d’une scène à l’autre il n’est jamais le même. C’est déjà un être éclaté, fragmenté…

« Lorenzaccio est une de ces grandes pièces qui éclairent un moment clé de notre imaginaire collectif. Comme Le Misanthrope, de Molière, et la naissance de l’absolutisme royal, comme Le Mariage de Figaro et l’apport de la philosophie des Lumières, l’aspiration à la liberté. Trois œuvres charnières que j’ai montées. Je peux m’arrêter. Lorenzaccio sera mon point d’orgue. »

Les Misérables

Les lundi 4, 11, 18 et 25  septembre 20h55 sur TF1

Les Misérables

Réalisation Josée Dayan
Durée: 1 h 45 mn
Scénario : Didier Decoin
Musique : Jean -Claude Petit

Acteurs

  • Gérard Depardieu (Jean Valjean)
  • Christian Clavier (Thénardier)
  • John Malkovich (Javert)
  • Virginie Ledoyen (Cosette)
  • Enrico Lo Verso (Marius)
  • Charlotte Gainsbourg (Fantine)

1815. Alors que tous les aubergistes de la ville l’ont chassé, le bagnard Jean Valjean est hébergé par Mgr Myriel ( que les pauvres ont baptisé, d’après l’un de ses prénoms, Mgr Bienvenu). L’évêque de la ville de Digne, l’accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit.

Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d’un pain et vient de passer vingt ans au bagne.

Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s’enfuit en pleine nuit, après avoir dérobé les six couverts d’argent, les seules richesses de l’évêque. Le lendemain , les gendarmes le ramènent chez Mgr Bienvenu qui, à sa grande surprise, l’innocente. L’évêque lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait « oublié » d’emporter. Il souhaite ainsi aider l’ancien bagnard à redevenir un honnête homme. Pourtant sur la route, Jean Valjean commet un nouveau délit. Il vole un petit ramoneur. Mais, alors qu’il s’apprête à ranger son larcin dans sa besace, il revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu , et se rappelle les paroles de l’évêque. Il n’aura plus alors qu’un seul but : honorer la bonté de l’ecclésiastique et servir le bien…

Huis clos

Théâtre Marigny à Paris  Salle Popesco

100 représentations exceptionnelles à partir du 28 septembre 2000

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portrait  de Jean-Paul Sartre paru dans Time magazine en 1946

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Mise en scène de Robert Hossein

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(photo : Artmédia)
Claire Nebout, Inès


François Marthouret, Garcin

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(photo : bureau Georges Lamber)
Claire Borotra, Estelle

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(photo : Philippe Caisse)
Yves le Moign’, Le garçon

La Naissance de Huis Clos par Jean-Paul Sartre

Quand on écrit une pièce, il y a toujours des causes occasionnelles et des soucis profonds. La cause occasionnelle c’est que, au moment où j’ai écrit Huis Clos, vers 1943 et début 44, j’avais trois amis et je voulais qu’ils jouent une pièce, une pièce de moi, sans avantager aucun d’eux. C’est à dire , je voulais qu’ils restent ensemble tout le temps sur la scène. Parce que je me disais , s’il y en a un qui s’en va, il pensera que les autres ont un meilleur rôle au moment où il s’en va. Je voulais donc les garder ensemble. Et je me suis dit, comment peut-on mettre ensemble trois personnes sans jamais faire sortir l’une d’elles et les garder sur la scène jusqu’au bout comme pour l’éternité.

C’est là que m’est venue l’idée de les mettre en enfer et de les faire chacun le bourreau des deux autres. Telle est la cause occasionnelle.

Par la suite d’ailleurs, je dois dire , ces trois amis n’ont pas joué la pièce et , comme vous le savez c’est Vitold, Tania Balachova et Gaby Sylvia qui l’ont jouée.

Mais il y avait à ce moment-là des soucis plus généraux et j’ai voulu exprimer autre chose dans la pièce que simplement ce que l’occasion me donnait. J’ai voulu dire : l’enfer , c’est les autres. Mais « l’enfer, c’est les autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’étaient toujours des rapports infernaux. Or, c’est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut-être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons ses connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Deuxième chose que je voudrais dire, c’est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnages que vous entendrez dans Huis Clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes vivants et qu’ils sont morts. Bien entendu, ici » morts » symbolise quelque chose. Ce que j’ai voulu indiquer, c’est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d’habitudes, de coutumes,, qu’ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu’ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts. En ce sens qu’ils ne peuvent briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes; et qu’ils restent ainsi victimes souvent des jugements qu’on a portés sur eux. A partir de là , il est bien évident qu’ils sont lâches ou méchants par exemple.

S’ils ont commencé à être lâches , rien ne vient changer le fait qu’ils étaient lâches. C’est pour cela qu’ils sont morts, c’est pour cela, c’est une manière de dire que c’est une mort vivante que d’être entouré par le souci perpétuel de jugements et d’actions que l’on ne veut pas changer. De sorte que , en vérité, comme nous sommes vivants , j’ai voulu montrer pr l’absurde, l’importance chez nous de la liberté, c’est à dire l’importance de changer les actes par d’autres actes. Quel que soit le cercle d’enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c’est encore librement qu’ils y restent . de sorte qu’ils se mettent librement en enfer.

Vous voyez donc que, rapports avec les autres, encroûtement et liberté , liberté comme l’autre face à peine suggérée , ce sont les trois thèmes de la pièce. Je voudrais qu’on se le rappelle quand vous entendrez dire : « l’enfer c’est les autres. »

Texte dit par Jean-Paul Sartre en préambule à l’enregistrement phonographique de la pièce en 1965

Ces textes ont été rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka – Folio essais- Gallimard 1992

Huis Clos

Un garçon d’étage introduit dans un salon Style Empire, Garcin le journaliste-publiciste, Inès l’ancienne employée des Postes et  Estelle, la mondaine. Ainsi débute un hallucinant huis clos.   Ils vont se livrer un combat de mots qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Ils s’interrogent sur leur damnation et se cachent sous le masque de la « mauvaise foi ». Chacun a besoin de l’autre pour exister, prendre conscience de soi ; le regard d’autrui est aussi une menace.

La violence , l’humour , le désespoir et la révolte traversent cette pièce d’une simplicité diabolique et à la mécanique implacable.

Personnages

Garcin, journaliste. Il a été fusillé en raison de sa fidélité au pacifisme. Il croit qu’il est un héros. Il se montre pourtant perfide

Inès, une ancienne employée des Postes, lesbienne . Elle a fait voler en éclat le couple de sa meilleure amie. Elle est morte asphyxiée par le gaz.

Estelle, femme d’un vieil homme riche. Elle a été la maîtresse d’un jeune homme et a commis le meurtre d’un enfant. Elle est morte d’une pneumonie. Elle ne cesse de frauder avec la vérité.

Citations de Huis Clos

On meurt toujours trop tôt ou trop tard
Inès

Le bourreau c’est chacun de nous pour les deux autres.
Garcin

Ça m’est égal , lâche ou non pourvu qu’il embrasse bien
Estelle

Alors c’est ça l’enfer. Je ne l’aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le souffre, le bûcher, le gril.. Ah quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l’enfer c’est les autres.

Moi, je suis méchante : ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les cœurs. Quand je suis toute seule, je m’éteins.

Quelques commentaires

Sartre ou la nostalgie de l’idylle universelle

Albert Camus Carnets Tome 2 Gallimard 1964

Huis clos. La pièce m’a fait un effet extraordinaire. Je crois qu’un catholique aurait pu l’écrire sans y changer grand-chose. L’enfer c’est avant tout de ne pouvoir aimer. Peu à peu, on se sent gagné par un sentiment d’horreur à cause de la parfaite ressemblance de cette image d’un châtiment éternel
Julien Green Journal, Gallimard, 1990

Les Destinées sentimentales

Film d’Olivier Assayas, avec Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Charles Berling. 3 heures. Sortie le 12 juillet.

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Synopsis

Lorsque Jean et Pauline se rencontrent pour la première fois à Barbazac, en Charente, pendant un bal, elle a 20 ans. Lui est pasteur, marié, père de famille et vient de se résigner à l’échec de son union avec Nathalie. Qu’importent les pressions de la bonne société protestante qui les entoure, dès lors ,leurs « destinées sentimentales » sont liées.

Dans les soubresauts tragiques d’un monde en mutation où s’ouvre la blessure inguérissable de la guerre de 14, où s’effondrent les certitudes et les dynasties industrielles, l’amour de Jean et de Pauline, dans sa lumineuse pérennité, est plus fort que le temps qui passe, qui est passé.

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 » Aller vers Chardonne représente pour moi un mouvement tout à fait organique, dit Olivier Assayas. Dans l’écriture, mon inspiration est toujours venue du roman français de l’entre-deux guerres, Mauriac, Green ou Chardonne. « 

  • Article de Gérard Lefort dans Libération
  • Article de Jean-Michel Frodon dans le Monde sur le tournage du Film
  • Dossier sur Jacques Chardonne  : France 3 , un Siècle d’écrivains

Berenice de Racine (archives)

Une rentrée littéraire prolifique

1120 titres (nouveau record cette année : 560 nouveaux romans, auxquels il convient d’ajouter 460 essais et documents) ont commencé à déferler depuis les deux dernières semaines d’août chez les libraires. Rentrée littéraire qui s’achèvera, selon une solide tradition, par la remise des prix début novembre.

Comme l’indique Jérome Garcin , dans le Nouvel Observateur, chaque rentrée littéraire dessine une tendance. Ainsi en 1997, les jeunes romancières bousculaient la grammaire, le protocole littéraire et les hommes. Jamais les femmes n’avaient été aussi provocantes. L’an passé, très fin de siècle, poursuit Jérome Garcin, « la littérature française semblait saisie par un catastrophisme et une morbidité qu’on lui avait rarement connus : violence, tortures, massacres, prostitution, suicides, inceste, drogue, folie, alcool – les auteurs comptabilisaient, avant de tourner la page du nouveau millénaire, tous les cauchemars, tous les désarrois du monde contemporain.

La rentrée 2000, d’emblée, se distingue. C’est une rentrée qui prend ses aises, de la hauteur et du champ. On y porte des couronnes d’épines ou d’or. On voyage à pied, à cheval, en carrosse ou en barque. On y côtoie des célébrités, voire des mythes. On y éprouve des sentiments passionnels et éternels. Alors que la mode était plutôt à l’ombilic, l’intestinal, la glaire, que le temps fort était le présent de l’indicatif, il est frappant de voir combien les jeunes romanciers, aujourd’hui, avec des bonheurs divers, tournent le dos au quotidien et s’éloignent d’eux-mêmes. Ils ont envie de s’inventer des vies imaginaires et de s’approprier le passé.

Fascinés par la mythologie, par la grande Histoire, par les origines du monde, ils ressuscitent Tristan et Iseut, réinventent Héloïse et Abélard, prêtent leur plume à Jésus, Pilate, François d’Assise, Guillaume d’Oxford ou la maîtresse de Courbet, convoquent Voltaire, Napoléon et Matisse, nous font revivre les Croisades, la Saint-Barthelémy, la retraite de Russie et la guerre civile du Sri Lanka… C’est une rentrée à grand spectacle, comme on le dit du cinéma hollywoodien : le public, qui aime les foules de figurants, les panoramiques, le divertissement, en avoir pour son argent, et qui ne déteste pas réviser, la goûtera sans doute davantage que les critiques. « 

  • La rubrique Livre du  Nouvel Observateur
  • Lire l’article du Monde du 24 Août 2000 sur la rentrée littéraire   : Le bel automne des romancières françaises

Marcel Proust

Mardi 5 septembre 21H35 sur Arte : Soirée spéciale sur Arte

Un parcours dans l’oeuvre de l’auteur de « La Recherche du temps perdu »

Quand chaque phrase se hausse au niveau du théorème, le minuscule devient immense et le particulier, universel. Encyclopédie des êtres et des choses, la « Recherche » est le livre que tous voudraient avoir écrit.
Jacques Drillon
Le Nouvel Observateur du 30/08/2000

Marcel Proust sur alalettre

Albert Camus

Mercredi 30 Août à 0H30   : Un Siècle d’écrivains sur France 3

Albert Camus , un documentaire proposé par Jean Daniel et Joël Calmettes.

J’ai vécu près de Camus des périodes de bonheur exalté. J’ai vu comment, plus que les autres, il en payait le prix. Et en définitive, je crois bien que, si j’ai tenu à être présent dans ce film, c’est peut-être pour souligner à quel point, chez Camus, la recherche du bonheur est inséparable du tragique.
Jean Daniel
directeur du Nouvel Observateur

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Centenaire de la naissance de Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry est né le 29 juin 1900.

En 1929 il publie Courrier Sud chez Gallimard. Viendront ensuite  Vol de Nuit (1931), Terre des Hommes (1939), Lettre à un otage (1943). Le 6 avril 1943, paraît à New-York aux editions Raynal and Hitchcock, Le Petit Prince.

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Selon Libération, Saint-Exupéry est le premier auteur Gallimard: le Petit Prince est n° 1 des ventes de l’éditeur avec huit millions six cent mille exemplaires en français depuis 1945; il est traduit en 118 langues, 171 éditions étrangères sont répertoriées, soit l’une des plus grosses diffusions mondiales après la Bible et le Capital

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Antoine de Saint-Exupéry disparait au dessus de la Méditerranée le 31 juillet 1944 aux commandes de son Lightning P38J. Il avait pour mission de survoler  le sud de la France occupé par les troupes allemandes afin de préparer le débarquement allié en Provence.

Pour un oui ou pour un non

Une pièce de Nathalie Sarraute, mise en scène par Jacques Lassalle, avec Hugues Quester, Jean-Damien Barbin, Nicolas Bonnefoy et Johanna Nizard.

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin 75018 Paris, France.

Réservations au (33)1-46-06-49-24

Un homme, H1 rend visite à son ami H2 pour tenter de comprendre les raisons de sa soudaine indifférence. Pendant une heure, ils vont peu à peu s’obliger à mettre à jour les plus petites rancunes accumulées au fil des ans. Un  » c’est bien … ca » , en apparence anodin, mais prononcé avec, qui sait, une pointe de condescendance entraînera peut-être la rupture entre deux amis qui se croyaient inséparables.

 » Rarement on a perçu avec autant d’acuité ce que Nathalie Sarraute essaie de moduler : ces petits élans de la conscience qui n’ont pas plus d’amplitude que le pas d’une fourmi et qui pourtant dirigent notre vie. Souvent à notre insu. »

  • Article de Mathilde de la Bardonnie dans Libération

6 juin 2000 – Fréderic Dard tire sa révérence

Frédéric Dard, auteur de près de 300 ouvrages ( 220 millions d’exemplaires vendus)  dont plus de la moitié signés San-Antonio, est mort mardi 6 juin 2000 à Bonnefontaine, près de Fribourg en Suisse. Il avait 78 ans.

  • Article du Journal Le Monde
  • Article de Libération

10 mai 2000 – Isabelle Huppert

« Elle fut Madame Bovary selon Flaubert et Chabrol, Orlando selon Virginia Woolf et Bob Wilson. » Aujourd’hui on peut la voir dans La Fausse Suivante de Benoît Jacquot. Cet été elle sera à Avignon, dans la cour d’Honneur du Palais des Papes pour jouer Médée dans une mise en scène de Jacques Lassalle … « 

  • Le Magazine Lire l’a interviewé

L’Avare

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Dans le cadre du festival Molière 2000, L’Avare est à l’affiche à la Comédie-Française dans une mise en scène d’Andrei Serban.

Jusqu’au 23 Juillet 2000

2001

Le 21 ème salon du livre

L’Allemagne est le pays invité d’honneur au Salon du livre de Paris qui se tiendra du 16 au 21 mars.

52 auteurs seront présents sur le pavillon officiel allemand – dont le Prix Nobel de littérature 1999 Günter Grass et une nouvelle vague de jeunes écrivains berlinois.


Le site du salon du Livre

Le Salon du Livre à l’ère numérique

Le Salon du Livre confirme son intérêt pour les nouvelles technologies. Dans le cadre du Salon se tiendra, du 16 au 18 mars, le premier sommet européen autour de l’édition numérique : eBook Europe 2001. Réservé aux professionnels et sur inscription uniquement, 500 auditeurs participeront à un cycle de conférences qui traitera de toutes les questions relatives à l’édition numérique, depuis la numérisation des contenus jusqu’à leurs ventes en format électronique.

Le dossier spécial sur Le salon du Livre réalisé par le journal Libération

Sarah Bernhardt, la Divine

Une exposition a eu lieu en février à la Bibliothèque Nationale, 56, rue de Richelieu, Paris 2ème et deux ouvrages , l’un d´Anne Delbée (Le Sourire de Sarah Bernhardt ,Fayard, 440 p, 145 F) , l’autre de Claudette Joannis   (Sarah Bernhardt, reine de l’attitude, Payot, 236 p, 120 F ) rendent hommage à la Divine.

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Sarah Bernhardt dans Théodora

  • Un site dédié à Sarah Bernhardt avec une superbe galerie de photos (dont celle-ci est extraite)
  • Lire l’article du Monde : « Notre Dame du Théâtre ».
  • Lire l’article de Mathilde de la Bardonnie dans Libération
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A Sarah Bernhardt, une jeune actrice demandait :
–  Comment se fait-il que vous ayez le trac, moi je ne l’ai pas ?
Et Sarah Bernhardt de répondre :
–  Vous verrez quand vous aurez du talent.

Isabelle Adjani est Marguerite Gautier

Dirigée par Alfredo Arias, Isabelle Adjani, après 17 ans d’absence au théâtre, revient sur scène jouer Marguerite Gautier dans La Dame aux camélias, d’après Alexandre Dumas fils. Un rôle qu’elle endosse à merveille après Sarah Bernhardt, Vivien Leigh ou encore Greta Garbo.

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La Dame aux camélias, de René de Ceccatty, d’après le roman d’Alexandre Dumas fils. Mise en scène : Alfredo Arias. Avec Isabelle Adjani, Yannis Baraban, Aurore Clément, Marylin Even, Didier Flamand, Thibault de Montalembert, François-Xavier Noah, Nicolas Struve, Anne Suarez et Per Tofte.

Théâtre Marigny-Robert-Hossein, Carré Marigny, Paris 8e.
Tél. : 01-53-96-70-00.
Du mardi au samedi, à 20 h 30 ; samedi et dimanche, à 16 heures. De 70 F à 350 F . Jusqu’au 25 janvier 2001.

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Le rêve à théâtre ouvert d’Isabelle Adjani

Alfredo Arias :  » Je respire encore, je marche normalement, ou presque ! Je ne pensais pas avoir jamais une telle chance de passer dans la profondeur du mélodrame. Le texte a des nuances oniriques, cauchemardesques même, il invente des voix intérieures, il multiplie les développements sans jamais oublier le noyau central : la passion sensuelle de Marguerite et d’Armand. Avec Isabelle, nous avons pu rassembler des gens avec qui on pouvait s’oublier dans le travail. On ne peut rêver le théâtre que dans une troupe de rêve. « 

 » J’ai écrit le rôle de Marguerite pour Isabelle Adjani, ajoute René de Ceccatty. Il lui ressemble par son intelligence, son émotion, le désir mythique qu’elle suscite, et cette manière de se sentir poursuivie contre quoi luttent l’actrice, comme le personnage. Sans elle, sans la stimulation de plusieurs de ses rôles, comme Adèle h. ou Camille Claudel, je n’aurais jamais pu écrire une telle pièce. Alfredo et moi étions d’accord pour considérer qu’Isabelle Adjani est un personnage de fiction exceptionnel. « 

Tiré de l’article d’Olivier Schmitt ( Le Monde daté du jeudi 19 octobre 2000) :
Lire l’article complet d’Olivier Schmitt

La rareté d’Adjani

…. Il y a un point où Adjani et son héroïne, Marguerite Gautier, se rapprochent : ce sont deux femmes qui ne s’aiment pas, en guerre avec elles-mêmes; tel est l’amour-propre. C’est une idée de soi qui va au-devant du blâme et qui se rit du qu’en-dira-t-on. Elles semblent dire: « Je sais bien ce qu’on pense de moi. » Jamais l’éloge ne leur suffit. C’est un amour malheureux. Ange ou chipie? On s’en fiche dès lors qu’Adjani-Marguerite convertit sa névrose, ses faiblesses, en présages, en précarité rêveuse, dans la griserie aberrante d’une allure et d’un style….

Tiré de l’article de Frédéric Ferney publié dans le Figaro Quotidien du jeudi 26 octobre, page 33
Lire l’article complet Frédéric Ferney

Adjani Incandesente

Proche ( à un mètre du premier rang qui pourrait la toucher, elle joue, à même le sol, sur le rebord des planches) et lointaine à nous désespérer ( elle agonise seule, en ses draps chiffonnés), elle vibre … d’une passion continue jamais contenue. Evoluant d’une pâleur immaculée au livide cadavérique, mêlant des éclairs de tendresse aux éclats de la tristesse, Isabelle sublime de vertige.

Henry-Jean Servat – Paris Match du 2 Novembre 2000

Cymbeline de Shakespeare

Cymbeline de Shakespeare, traduction de Jean-Michel Déprats, mise en scène de Philippe Calvario.

Du 14 novembre au 10 décembre 2000 au Théâtre Nanterre-Amandiers
Tél : 01 46 14 70 00

Ancien assistant de Patrice Chéreau pour Henri VI et Richard III, Philippe Calvario, 27 ans, se voit confier par Jean-Pierre Vincent la mise en scène de  » Cymbeline « , de Shakespeare, au Théâtre des Amandiers de Nanterre

Cymbeline , c’est l’histoire d’Imogène, la fille du roi Cymbeline. Elle commence comme un conte. Shakespeare les aimait et s’en servait souvent : il aurait pense-t-on entendu une version ancienne de Blanche-Neige.

Cymbeline est l’histoire d’un père et de sa fille, d’un roi dont la cruauté pour son enfant fait penser à celle du roi Lear, d’une fille qui pourrait ressembler à ces autres héroïnes des drames romanesques de Shakespeare que sont Marina, Perdita, Miranda , filles elles aussi de pères tourmentés et excessifs.

Injustement méconnue du public français , Cymbeline (1609) est une pièce d’actualité en ce début de millénaire puisqu’elle célèbre des événements remontant exactement à 2000 ans. Dans ce drame romanesque qu’il composa dans les dernières années de sa vie, Shakespeare met en scène Cymbeline, roi mythique de Bretagne, contemporain du Christ et, de l’empereur Auguste et précurseur d’Arthur. Véritable conte de fées, on y voit se profiler les ombres de Roméo et Juliette, du Songe d’une nuit d’été , d’Othello ou du Roi Lear, et la trace de conflits antiques entre la barbarie et le monde civilisé, entre l’amour et la fortune, entre la naissance et la mort.

Cymbeline, indique Philippe Calvario, est un chaos, une pièce hybride qui marque le changement d’un millénaire : un monde de transition et de décadences. Elle demeure un mystère mais reste proche des contes de fées de notre enfance . Un des mystères reste l’ambiguïté de tous les personnages ( masculins ? féminins ? ) qui se retrouve déjà dans le titre (une consonance féminine pour un rôle masculin) et leur insatiable quête d’identité.

2002

Le 22 ème salon du livre

L’Italie est le pays invité d’honneur cette année au Salon du Livre. Ce pays, baigné d’une culture latine commune à la France, s’engage, de façon la plus exhaustive possible, à présenter une production éditoriale de qualité. Plus de 60 écrivains italiens viennent rencontrer le public français, réunis sur le Pavillon italien du Salon. L’architecte Pier Luigi Pizzi s’est inspiré de la bibliothèque palatine de Parme, œuvre du XVIIIe siècle de l’architecte français Petitot, pour faire du Pavillon italien un espace chaleureux et élégant propice aux échanges. Cet espace d’une superficie de 660m2 est une alternance de rayonnages en noyer et d’arcades de plus de 7 mètres de haut. Il permet d’accueillir une vaste exposition de plus de 2 000 publications italiennes ainsi qu’une librairie et un forum de rencontres.

Les 61 auteurs italiens invités

Giorgio AGAMBEN, Niccolo AMMANITI, Alberto ARBASINO, Bruno ARPAIA, Alessandro BARICCO, Alberto BEVILACQUA, Giuseppe BONAVIRI, Dario BUZZOLAN, Roberto CALASSO, Andrea CAMILLERI, Luciano CANFORA, Franco CARDINI, Massimo CARLOTTO, Gianni CELATI, Pietro CITATI, Vincenzo CONSOLO, Giuseppe CONTE, Andrea DE CARLO, Erri DE LUCA, Cesare DE SETA, Daniele DEL GIUDICE, Umberto ECO, Valerio EVANGELISTI, Vittoria FACCHINI, Ernesto FERRERO, Marcello FOIS, Silvana GANDOLFI, Cesare GARBOLI, Giordano Bruno GUERRI, Roberto INNOCENTI, Fleur JAEGGY, Raffaele LA CAPRIA, Rosetta LOY, Carlo LUCARELLI, Mario LUZI, Valerio MAGRELLI, Claudio MAGRIS, Dacia MARAINI, Giovanni MARIOTTI, Giorgio MONTEFOSCHI, Giuliana MORANDINI, Piergiorgio ODIFREDDI, Tommaso PADOA SCHIOPPA, Santo PIAZZESE, Claudio PIERSANTI, Bianca PITZORNO, Roberto PIUMINI, Giuseppe PONTIGGIA, Giorgio PRESSBURGER, Giovanni RABONI, Elisabetta RASY, Stefano RICCI, Mario RIGONI STERN, Edoardo SANGUINETI, Tiziano SCARPA, Emanuele SEVERINO, Susanna TAMARO, Patrizia VALDUGA, Sandro VERONESI, Marisa VOLPI, Andrea ZANZOTTO.

Le site du salon du Livre

2004-2006

663 romans chez les libraires d’ici à la fin octobre

Pour la première fois depuis dix ans, la production n’a pas augmenté cette année ( 663 romans français en 2005 contre 661 en 2004).

Entre fin août et fin septembre, ce ne sont pas moins de 663 romans nouveaux, dont 442 français et 221 traduits, qui déferleront sur les tables des libraires. Autant dire un niveau toujours très élevé, deux fois supérieur à celui d’il y a dix ans. Aux côtés des grands groupes, les petites maisons indépendantes ont été plus nombreuses à s’engouffrer sur le créneau du roman.

Par éditeur, c’est, selon « Livres Hebdo », Fayard qui publie le plus (22 livres) devant Gallimard, (21), L’Harmattan (19), Albin Michel (15) et Actes Sud (14). « La stabilisation de la production témoigne de la prise de conscience générale de la nécessité de stopper l’inflation de nouveautés », estime néanmoins Frédéric Morel, directeur général de Flammarion. La détérioration du marché du livre, tangible depuis le début de l’année avec un recul de 1,5 % de l’activité en valeur au premier semestre, selon « Livres Hebdo », la justifie aujourd’hui.

Plusieurs « poids lourds » sont attendus sur le marché. Pour la sortie de son dernier roman, « La Possibilité d’une île », Michel Houellebecq – qui a négocié le transfert du siècle en obtenant un à-valoir de plus de 1 million d’euros pour passer de Flammarion à Fayard – est soutenu par une campagne marketing et médiatique d’une ampleur inédite dans l’édition, alors que Fayard mise sur des ventes d’au moins 400.000 exemplaires. Au risque d’éclipser les autres ouvrages ? « C’est vrai qu’on assiste à un phénomène atypique. Mais personne n’a à s’en plaindre, car cela va attirer du monde dans les librairies », relève Hervé de La Martinière, PDG du groupe La Martinière-Le Seuil.

Mais de nombreux autres auteurs tels Amélie Nothomb, Philippe Claudel ou Alexandre Jardin vont eux aussi bénéficier de gros premiers tirages. « Les grosses sorties et les livres d’auteurs moins connus qui rencontreront un succès honorable devraient permettre de retrouver un chiffre d’affaires en littérature équivalent à celui de l’an dernier », pronostique Bertrand Picard, directeur du livre à la FNAC.

Télérama et France Culture se sont associés pour  sélectionner 20 romans

Six cent soixante-trois romans en cette rentrée. Télérama et France Culture se sont associés pour en sélectionner 20 (1)  . Rude épreuve ! 

Bien sûr, tous ces livres trouveront également leur place dans la grille de France Culture et ce, dès aujourd’hui. Le site de la station vous informera, jour après jour, des émissions spéciales liées à cette sélection de rentrée. Et vous donnera la possibilité de réécouter les émissions après leur diffusion.

Littérature française

  • Falaises, d’Olivier Adam, éd. de l’Olivier 
  • Les Pays immobiles, de Bayon, éd. Grasset
  • Le Pays, de Marie Darrieussecq, éd. P.O.L.
  • Immersion, d’Alain Fleischer, éd. Gallimard 
  • Waltenberg, de Hédi Kaddour, éd. Gallimard 
  • La Petite Trotteuse, de Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser 
  • Un vigile, de Patrice Pluyette, éd. Maurice Nadeau.
  • Le Corps des anges, de Mathieu Riboulet, éd. Gallimard 
  • La Méthode Mila, de Lydie Salvayre, éd. du Seuil
  • Fuir, de Jean-Philippe Toussaint, éd. de Minuit.

Littérature étrangère

  • Un coeur de mère, de Roberto Alajmo, éd. Rivages.
  • Neuf Nuits, de Bernardo Carvalho, éd. Métailié
  • Retour au fumier, de Raymond Federman, éd. Al Dante.
  • Bonsoir les choses d’ici-bas, d’António Lobo Antunes, éd. C. Bourgois.
  • Les Dépossédés, de Robert McLiam Wilson, éd. Christian Bourgois.
  • Un monde vacillant, de Cynthia Ozick, éd. de l’Olivier.
  • Le Passé, d’Alan Pauls, éd. Christian Bourgois
  • L’Homme qui mangeait la mort, de Borislav Pekic, éd. Agone.
  • L’Art de la joie, de Goliarda Sapienza, éd. Viviane Hamy.
  • L’OEil nu, de Yoko Tawada, éd. Verdier.

(1) COMPOSITION DU JURY
Le jury était composé de Michel Abescat, Christine Ferniot, Martine Laval, Olivier Pascal-Moussellard et Fabienne Pascaud pour Télérama et de Laure Adler, Anne-Julie Bémont, Laurence Bloch, Nicolas Demorand, Alain Veinstein, Marc Voinchet pour France Culture.

alalettre vous propose douze romans pour la rentrée

Une fête en larmesde Jean d’Ormesson, Editions Robert Laffont 

Présentation de l’éditeur

 Un écrivain connu raconte à une journaliste le roman rêvé de sa vie. Pendant une journée, il se confie. Mais comment savoir si ce qu’il dit correspond à la réalité? Elle se confond avec l’imaginaire. L’écrivain mixte ses histoires et celle du siècle qui vient de s’achever. Il tente d’embrasser le monde.

Après la guerre, une première aventure amoureuse, un bureau aux côtés d’un ambassadeur pittoresque et illustre, il part enseigner dans une université américaine où deux femmes changeront sa vie: Léa, juive polonaise, et Marie, française, dont le frère a été fusillé à la Libération. Elles sont les fils rouges de plusieurs histoires d’amour d’hier et d’aujourd’hui. L’Histoire et ces événements se mêlent aux réflexions sur la vie politique, intellectuelle et sentimentale.
L’existence est tragique, elle est aussi très belle. Le sourire remplace peu à peu l’ironie, le recul tempère le scepticisme, la touche de profondeur qui fit longtemps semblant de ne pas être là éclaire maintenant chaque page où l’enchaînement des phrases crée une sorte d’enchantement.

Je ne crois pas beaucoup, vous le savez, à tout ce qui agite les hommes. Je pense que les trois quarts de nos paroles sont tout à fait inutiles. -Et si, en remplacement de toutes ces choses inutiles et trop longues que nous aurions pu nous épargner, vous deviez me murmurer, comme Baba l’Eveillé au commandeur des croyants, quelques mots à l’oreille, lesquels choisiriez-vous ? Je la regardai une dernière fois à la lueur de la lampe. Le spectacle n’était pas déplaisant. Elle souriait, immobile, ses longues jambes croisées, dans une attitude un peu théâtrale et merveilleusement naturelle. Elle était jeune et charmante. – Je vous dirais que l’être est. Et il n’y aurait rien à ajouter. Si j’étais très bavard, j’ajouterais que nous mourrons tous. Et je pourrais vous dire aussi, mais ce serait déjà trop long, que la vie est un rêve sombre et tragique – et qu’elle est très belle et très gaie. – Une fête en larmes ? dit Clara. – Une fête en larmes, lui dis-je. – Rien d’autre ? demanda-t-elle à la façon du sultan. -Non, rien d’autre, lui répondis-je à la façon de Baba, ô sublime harmonie, ô lumière de ma journée. Tout l’essentiel est là.

Jean d’Ormesson

Jean d’Ormesson, de l’Académie française, est écrivain. Il a publié, entre autres: «La Gloire de l’Empire», «Au plaisir de Dieu», «Mon dernier rêve sera pour vous», «Histoire du Juif errant», «La Douane de mer», «Une autre histoire de la littérature française», «Le Rapport Gabriel», «Voyez comme on danse», «C’était bien», «Et toi mon coeur pourquoi bats-tu».

A 80 ans, Jean d’Ormesson a traversé l’horreur de l’Histoire la fleur au fusil, butinant chez Cioran et Madame du Deffand son art du sourire dans la douleur. «J’aime la vie menacée par la mort», écrit-il dans Une Fête en larmes. Il nous l’avait déjà dit dans C’était bien: pour lui, le néant est partout, et c’est justement pour cela qu’il faut mordre à la vie. Cet amoureux de la conversation joue à nouveau de son art de parler de lui, sans jamais se livrer avec impudeur ou complaisance.

La Ligne de flottaison de Jean Hatzfeld, Editions Seuil

Présentation de l’éditeur

Frédéric, correspondant de guerre, rentre de Tchétchénie. Déambulant dans Paris, il retrouve sa compagne Emese et ses amis journalistes. Mais le conflit tchétchène, qu’il a laissé derrière lui, l’obsède. Dorénavant, doit-il rester à Paris, fonder une famille, écrire un livre ? A travers ses discussions avec ses compagnons des services responsables de l’étranger, il se découvre marqué du sceau de la guerre, irrémédiablement grand reporter, toujours sur le départ. Jean Hatzfeld mêle habilement dans son roman autobiographie et fiction, nourrissant ainsi sa réflexion sur un métier passion.

Jean Hatzfeld

Grand reporter, correspondant de guerre, il a notamment couvert le conflit yougoslave et le génocide rwandais.

Né en 1949 à Madagascar où son père était enseignant, il a grandi dans un petit village d’Auverge avant de s’installer à paris. Dès 1973, il collabore au journal Libération. Il s’occupe d’abord de la rubrique sportive avant de devenir grand reporter pour couvrir de nombreux conflits.

Il est l’auteur de : Une saison de machettes (Le Seuil, 2003) ,  Dans le nu de la vie  (Le Seuil, 2001),  La guerre au bord du fleuve (L’Olivier, 1999) , L’Air de la guerre , (L’Olivier, 1994) 

L’antilope blanche de Valentine Goby , Editions Gallimard

Présentation de l’éditeur

Au début du roman, présenté comme un journal, Charlotte Marthe part pour le Cameroun, à la suite d’une douloureuse déception sentimentale. Elle prend la direction du collège moderne de jeunes filles de New-Bell à Douala. La jeune femme raconte sa vie aux côtés des « Antilopes », les jeunes filles dont elle veut faire l’élite de la société camerounaise. Mais l’histoire la rattrape : l’indépendance, les émeutes dans les rues… Inspiré d’une histoire vraie, le roman dresse un portrait tout en finesse d’une Française dans l’Afrique des années cinquante, confrontée à la décolonisation. L’Antilope blanche de Valentine Goby Gallimard, à paraître le 1er septembre.

Valentine Goby

Valentine Goby est née à Grasse en 1974. Après des études de sciences politiques et des séjours humanitaires à Hanoï et à Manille, elle publie en 2002 son premier roman, La Note sensible. Cette histoire d’amour sur fond de violoncelle et de musique est saluée par la critique et récompensée par plusieurs prix. Enseignante, l’auteur a également fondé « L’Ecrit du coeur », un collectif d’écrivains soutenant des actions de solidarité. L’Antilope blanche est son troisième roman.

Un instant d’abandon de Philippe Besson, Editions Julliard

Présentation de l’éditeur

L’histoire commence là, dans une ville de bord de mer, en automne. Un homme revient et avec lui, c’est le passé qui ressurgit. Des années plus tôt, il a été condamné pour un crime, le plus impardonnable qui soit. Les gens n’ont pas oublié. Il ne revient pas demander pardon. Il veut retrouver au plus âpre de lui-même cet état d’innocence dont on l’a si violemment privé. Mais en finit-on jamais avec ses disparus et le temps d’avant ?

Tom Sheppard vit à Falmouth, une ville de bord de mer. Un jour, alors qu’il se trouve en bateau avec son fils, ce dernier passe par-dessus bord et meurt. Tom Sheppard est accusé d’homicide non intentionnel, et effectue cinq ans de prison. L’histoire démarre quand il revient dans sa ville natale.

Philippe Besson

Né en 1967, Philippe Besson se destinait à une carrière de juriste. En 2001, ce Charentais, amoureux de Proust, publie un superbe premier roman, En l’absence des hommes (Julliard), pour lequel il obtient le prix Emmanuel-Roblès, une récompense décernée par l’Académie Goncourt. Son deuxième livre est également une réussite. En effet, Son frère, édité la même année, est adapté au cinéma par Patrice Chéreau. Philippe Besson est l’auteur de L’Arrière-Saison (prix RTL–Lire), Un garçon d’Italie et Les Jours fragiles.

Le roman des Jardin d’Alexandre Jardin, Editions Grasset

Présentation de l’éditeur

 » Dois-je avouer que, soudain, j’en ai eu assez de me cacher publiquement en écrivant des romans de bon garçon ? Que mes petites épopées sur l’extase conjugale m’ont paru, la quarantaine venue, bien pâlichonnes au regard des folies de ma famille ? Bon sang, me suis-je dit: jusqu’à quand auras-tu peur d’être un Jardin ? Il faut admettre que le sang des Jardin est un breuvage à hauts risques. Une gorgée, et bas les masques ! Cap sur les sentiments incorrects , sur des fièvres bizarres, loufoques, grisantes ; sur ces hurluberlus qui font ma tribu et qui embellirent leur vie de magnifiques audaces,.. Le résultat est là : dans ce roman vrai, je perce mes abcès de silence. Je vagabonde enfin au sein de ce clan qui. à lui seul, incarne la fantaisie. l’irrégularité en tout et un moment d’incroyable liberté. Pour la première fois, je redeviens un Jardin. Suis-je digne de ces grands fouleurs de principes ? Je leur dois, en tout cas, la meilleure part de ce que je suis.  » A.J.

Alexandre Jardin

Alexandre Jardin  est né en 1965. Fils de Pascal Jardin, écrivain et scénariste français.

Marié, il a 3 enfants. Diplômé de Sciences Politiques à Paris, on dit qu’une fois obtenu, la légende voudrait qu’il eut il déchiré son diplôme.

Un heureux évènement d’ Eliette Abecassis, Editions Albin Michel

Présentation de l’éditeur

 » Désormais ma vie ne m’appartenait plus. Je n’étais plus qu’un creux, un vide, un néant. Désormais, j’étais mère.  » Violent, sincère, impudique, le nouveau roman d’Eliette Abécassis brise les tabous sur la maternité, cet  » heureux événement  » qui n’est peut-être qu’une idéologie fabriquée de toutes pièces. Après Mon père et Clandestin, la romancière affirme un ton toujours plus personnel, où la fiction se mêle à une analyse subversive de la société.

Eliette Abecassis

Eliette Abecassis est née à Strasbourg. Elle a 30 ans, est normalienne et agrégée de philosophie.

Elle est l’auteur de deux romans : Qumran (1996), L’or et la cendre (1997),   La Répudiée (2000) et Mon père (2002)

Elle a également publié un essai : Petite Métaphysique du meurtre (P.U.F., 1998).

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel, Editions Stock

Présentation de l’éditeur

Monsieur Linh est un vieil homme. Il a quitté son village dévasté par la guerre, n’emportant avec lui qu’une petite valise contenant quelques vêtements usagés, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays. Dans ses bras, repose un nouveau-né. Les parents de l’enfant sont morts et Monsieur Linh a décidé de partir avec Sang Diû, sa petite fille. Après un long voyage en bateau, ils débarquent dans une ville froide et grise, avec des centaines de réfugiés.
Monsieur Linh a tout perdu. Il partage désormais un dortoir avec d’autres exilés qui se moquent de sa maladresse. Dans cette ville inconnue où les gens s’ignorent, il va pourtant se faire un ami, Monsieur Bark, un gros homme solitaire. Ils ne parlent pas la même langue, mais ils comprennent la musique des mots et la pudeur des gestes. Monsieur Linh est un cœur simple, brisé par les guerres et les deuils, qui ne vit plus que pour sa petite fille. Philippe Claudel accompagne ses personnages avec respect et délicatesse. Il célèbre les thèmes universels de l’amitié et de la compassion. Ce roman possède la grâce et la limpidité des grands classiques.

Biographie de l’auteur

Philippe Claudel est né en 1962. Son roman Les âmes grises (prix Renaudot 2003, Grand prix littéraire des lectrices de Elle en 2004, consacré meilleur livre de l’année 2003 par le magazine Lire) a été traduit dans vingt-deux pays.

La pluie ne change rien au désir de Véronique Olmi, Editions Grasset

Présentation de l’éditeur

L’intrigue de ce roman est des plus simples : un homme, une femme… Ils sont, l’un et l’autre, un peu cabossés par la vie ; ils se sont donné rendez-vous sur un banc du jardin du Luxembourg un jour pluvieux de fin d’été ; ils s’observent, se choisissent, et vont dans un hôtel tout proche pour y passer l’après-midi… Rien de plus dans cette intrigue. Mais rien de moins : jamais « cérémonie des amants » n’aura été traitée avec plus d’audace et de pudeur. Que se passe-t-il donc dans la tête d’un homme et d’une femme qui veulent oublier leurs passés et qui se savent sans avenir ? Et que se passe-t-il dans leur corps ?

Véronique Olmi

Née en 1962, Véronique Olmi écrit pour le théâtre depuis plus de dix ans. Elle fut particulièrement remarquée en 1998 à l’occasion de la création de Chaos debout par Jacques Lassalle au Festival d’Avignon. Véronique Olmi a publié un recueil de nouvelles : Privée (Editions de l’Arche et Actes Sud Babel), et plusieurs romans.

La joueuse d’échec de Bertina Henrichs, Editions Liana Levi

Présentation de l’éditeur

Dans l’île de Naxos, Eleni est femme de chambre dans un hôtel fréquenté par les touristes. La quarantaine négligée, elle mène une vie bien réglée entre son travail, un mari garagiste épousé à dix-huit ans, deux enfants adolescents et une amie d’enfance. Son seul espace de liberté, ce sont les chambres qu’elle fait chaque matin, les objets qu’elle y remarque, à travers lesquels elle imagine d’autres vies… Un jour, par un geste maladroit, elle renverse une pièce sur un échiquier sur lequel une partie est engagée. Sa vie bascule alors, car, de façon inattendue, elle se prend de passion pour ce jeu au grand dam de sa famille et des habitants de l’île plus qu’interloqués. Ce premier roman nous donne à découvrir un formidable talent de narratrice.

Bertina Henrichs

Bertina Henrichs, née à Francfort il y a trente-sept ans, vit en France depuis plus de quinze ans. Après des études de lettres et de cinéma, elle est devenue scénariste de documentaires et de fictions. Fascinée par la lumière et les couleurs des îles grecques, où elle a souvent séjourné – ce qui rend son récit si authentique- , elle écrit La Joueuse d’échecs, son premier roman, directement en français. Elle s’amuse d’ailleurs en se souvenant que son sujet de thèse à Jussieu portait sur les écrivains qui ont changé de langue en exil !

La petite trotteuse de Michèle Lesbre,  Sabine Wespieser Editeur

Présentation de l’éditeur

Au hasard d’un déménagement de sa mère, la narratrice tombe sur une boîte où est remisé tout de qui reste de son père : entre autres papiers, un certificat de démobilisation, le câblogramme annonçant sa naissance, et puis une montre.

 » D’un geste machinal, j’avais mis la montre en marche. Le tic-tac avait surgi avec une violence inattendue. J’avais cru ne pas survivre à ce bruit presque imperceptible, cette course inexorable de la petite trotteuse qui me donnait le vertige. Trente ans après sa mort, mon père me quittait de nouveau. La douleur était entrée en moi d’un seul coup. »

Depuis qu’elle a retrouvé cette montre, qui ne la quitte pas, la narratrice s’est elle-même mise en mouvement : suivant une impulsion implacable, elle visite des maisons, comme pour retrouver le lieu d’un rendez-vous manqué.

Alors qu’elle est au bout de son improbable quête, le présent se substitue de plus en plus souvent, en autant de fondus enchaînés, à des scènes de sa vie passée : dans l’hôtel où elle s’est installée, le gros chat orange la renvoie à celui qui l’attend quelque part, mais aussi au compagnon de ses jeux de petite fille ; les pas de son voisin se superposent à ceux de son père, lourds de chagrin ; l’ombre de sa mère, silhouette frivole, rôde…

Dans la maison du bord de mer, dernière étape du périple, la houle des souvenirs l’assaille : les images de son enfance qui commença avec la guerre, celles des uniques vacances en famille, un désastre, celles d’esquisses de maisons aussi, dessinées par un père triste et mystérieux, mort trop tôt et avec qui pourtant elle n’a pas cessé de s’entretenir.

Peu à peu se construit, sous nos yeux, et presque à l’insu de la narratrice, un magnifique et subtil roman des origines : les fils de sa vie se dénouent, elle comprend, à la faveur des scènes qui se superposent dans son esprit, sa fascination pour le théâtre et son désir constant de trouver dans les mots des autres un début d’explication. Ses engagements politiques enfin s’éclairent à la lumière des idées qu’elle soupçonne avoir été celles de son père… et elle connaît enfin l’apaisement.

Jamais Michèle Lesbre n’est allée si loin dans l’entrelacement de son expérience intime et de la fiction, et jamais elle n’a montré de manière si lumineuse le pouvoir rédempteur des mots, qu’elle tisse comme un enchantement.

Michèle Lesbre

Michèle Lesbre est née avec la deuxième guerre mondiale. Elle a grandi dans les années quarante et cinquante, celles de la 4CV et de la DS, du verre de lait de Mendès France dans les écoles, de Martine Carol, de James Dean, de la mort de Staline, de la guerre d’Algérie, de Sartre et Simone de Beauvoir, de Boris Vian…

Après un bref passage à l’université (propédeutique lettres et histoire), elle a eu deux enfants, fait du théâtre dans des troupes régionales, milité à l’extrême gauche tout en étant institutrice puis directrice d’école maternelle. Elle vit à Paris depuis plus de trente ans.
Elle a commencé à écrire voici une quinzaine d’années : ses premiers livres ont été publiés dans des collections de romans noirs.

En 2001, elle est passée à la littérature générale avec Nina par hasard (Le Seuil) en même temps que paraissait un texte biographique, Victor Dojlida, une vie dans l’ombre (Noésis).
Depuis 2003, elle publie ses livres chez Sabine Wespieser éditeur : Boléro en janvier 2003, Un certain Felloni en mai 2004, avant La Petite Trotteuse, son neuvième livre, en septembre 2005.

2007

Mort de Julien Gracq

Julien Gracq est mort samedi 22 décembre 2007 à 97 ans à son domicile de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), où il vivait retiré depuis de nombreuses années.

Les 10 romanciers français qui ont vendu le plus de livres en France en 2007

Je ferai comme toi, je ne mourrai pas », le magnifique récit d’Anne Rouelle

« Diedouchka », Paule Coudert , un voyage passionnant sur les traces de Saül Selzerovitch, son grand père maternel

La première sélection du Goncourt 2007

L’Académie Goncourt a publié mardi 11 septembre 2007 sa première sélection pour son prix, qui doit être attribué le lundi 5 novembre.

Claude Miller adapte le roman de Philippe Grimbert

C’est la rentrée. 727 romans français et étrangers sortiront d’ici à octobre. Alalettre vous propose quelques auteurs. 

Montherlant

Journée Henry de Montherlant à Bruxelles
le 25 septembre 2007

Les derniers livres présentés sur alalettre
Rentrée 2007

Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

Visitez le Fort Sarah Bernhardt à Belle-Ile

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2008

Goncourt et Renaudot 2008

Le Prix Goncourt à Atiq Rahimi pour Syngué Sabour, Pierre de Patience et le Prix Renaudot à Tierno Monénembo pour Le Roi de Kahel

La Mémoire des Murs

Tatiana de Rosnay publie son nouveau roman. En exclusivité sur le Net, une vidéo campe le décor : les murs se souviennent …. toujours !

Valérie Tong Cuong

Providence, le sixième roman de Valérie Tong Cuong

La sandale rouge

J’ai créé alalettre en 1999 et ai publié en avril 2008 mon premier roman. Je suis très ému de pouvoir bénéficier du coup de pouce de ce site 😉

Sagan, le film

Sagan, film de Diane Kurys avec Sylvie Testud.

Le 39ème « Grand Prix des Lectrices de Elle » à Wangari Maathai

Nathalie Cachin publie Les Trophées de Constance & autres désirs

Claire Perret, trente ans (et des poussières, jeune mère de famille, narre avec humour les petits tracas de la vie quotidienne sur son blog

Concours de Nouvelles

Concours de nouvelles  « Un parfum d’enfance… » aux éditions Volpilière

Dans toutes les bonnes librairies depuis le 7 mai 2008

Abha Dawesar publie  Dernier été à Paris aux Editions Héloïse d’Ormesson 

Henri Loevenbruck publie le rasoir d’Ockham (Flammarion)

Les solitudes additionnées de Gaël Chatelain

Prix Lilas 2008

Le Prix Lilas 2008 à Cécile Reyboz pour son premier roman « Chanson pour Bestioles »

Cécile Reyboz, Prix Lilas 2008

Flammarion 10 ans, 10 auteurs, 10 nouvelles : Les 10 ans d’une collection culte qui n’a pas dit son dernier mot

Chez Maupassant sur France 2 en mars 2008

Ce cochon de Morin, Mardi 18 mars 2008 sur France 2, réalisé par Laurent Heynemann

suivi de : Une soirée réalisé par Philippe Monnier avec Thierry Frémont

Mardi 11 mars 2008 sur France 2, Aux Champs d’Olivier Schatzky avec Marianne Basler

Le Petit fût de Claude Chabrol avec Tsilla Chelton et François Berléand

Le rosier de madame Husson, Mardi 4 mars 2008 sur France 2, de Denis Malleval avec Marie-Anne Chazel

Egalement l’Ami Joseph de Gérard Jourd’hui avec Régis Laspalès et Evelyne Bouix  

2010

Milady, héroïne de BD

Milady

Agnès Maupré publie le 28 octobre 2010, chez Ankama, le premier tome de Milady de Winter

L’Homme qui voulait vivre sa vie

L'homme qui voulait vivre sa vie

Romain Duris incarne le héros du roman de Douglas Kennedy Sortie : le 3 Novembre 2010

Elle s’appelait Sarah, le film

Le voisin

Une magnifique adaptation de l’inoubliable roman de Tatiana de Rosnay.

Elle s’appelait Sarah, le roman de Tatiana de Rosnay

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates
de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Un récit plein d’humour et de tendresse. A Découvrir absolument

L’entrevue de Saint-Cloud d’Harold Cobert

Le voisin

Le nouveau roman d’Harold Cobert : Royal !

Interview d’Harold Cobert : Mirabeau, ce géant !

C’est la rentrée littéraire

Les vacances sont terminées.

C’est la rentrée littéraire : pas moins de 701 romans sont à paraître d’ici à la fin d’octobre. Tour d’horizon des livres les plus attendus

Le Voisin De Tatiana de Rosnay

Le voisin

Le nouveau roman de Tatiana de Rosnay : Un thriller époustouflant

Le Petit Prince : un petit livre pour un grand phénomène

Le Petit Prince

Publié en 1946 en France, Le Petit Prince est devenu un classique de la littérature française. Retour sur un phénomène intergénérationnel, qui dure depuis plus de 65 ans.

L’Ardoise Magique de Valérie Tong Cuong

L’ardoise magique de Valérie Tong Cuong : Éblouissant et prodigieux, ce roman est à couper le souffle.

Fourrure, d’Adelaide de Clermont-Tonnerre.

Couverture du livre Fouurure d'Adelaide de Clermont Tonnerre

Fourrure, le premier roman d’Adelaide de Clermont-Tonnerre est un bonheur de lecture.

Avec toute la délicatesse de David Foenkinos

Couverture du livre M Comme Mohican

Avec toute la délicatesse de David Foenkinos , une chronique de Shadi Biglarzadeh

M Comme Mohican de Corinne Royer

Couverture du livre M Comme Mohican

Le premier roman de Corinne Royer : Pourquoi le bonheur ne rend-il pas heureux ?

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Couverture du livre M Comme Mohican

Le nouveau roman de Katherine Pancol : Et la vie n’est plus jamais triste. Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi …

Les prix Goncourt et Renaudot 2009

Prix Goncourt 2009 à Marie NDiaye pour « Trois femmes puissantes » et Prix Renaudot 2009 Frédéric Beigbeder pour « Un roman français ».

La saison des prix littéraires

Les jurys des Prix Goncourt, Renaudot, Fémina et Médicis ont publié leurs deuxièmes listes.

Les heures souterraines de Delphine de Vigan

Couverture du livre Les heures souterraines

Les heures souterraines, le cinquième roman de Delphine de Vigan nous parle de Mathilde et de Thibault et de ces moments où tout chavire.

Prix Médicis 2009

Prix Médicis 2008

Le jury Médicis a publié ce mardi 8 septembre 2009 sa première sélection pour ses prix français et étranger. Ils seront attribués le 4 novembre prochain.

Le Hérisson

Affiche du film Le herisson

Le Hérisson, le premier film de Mona Achache, une adaptation de L’élégance du hérisson de Muriel Barbery (Gallimard).

Boomerang

Retrouvez Antoine et Angèle, les deux héros de Boomerang, le dernier roman de Tatiana de Rosnay (Editions Héloïse d’Ormesson)

Prix Lilas 2009

Photo jury 2008

Le Prix Lilas 2009 a été attribué au roman de Stéphanie Hochet pour Le combat de l’amour et de la faim

Un Hiver avec Baudelaire

Couverture de Un Hiver avec Baudelaire

Harold Cobert publie Un Hiver avec Baudelaire  (Editions Héloïse d’Ormesson) : une histoire poignante et insolite d’amitié. Sortie  le 7 mai 2009