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Contexte Résumé du roman
Jugements critiques
de Balzac, Zola, Léautaud, Gide ...
Résumé
de Vanina Vanini
Résumé
de : Le Rouge et Le Noir
La
conversion du heros epique en heros mystique dans la Chartreuse de Parme
de Stendhal : le Mémoire d'Antoine Van Dinter
Contexte
C'est le 3 septembre 1838 que
Stendhal a l'idée d'écrire la Chartreuse de Parme. Pendant 2 mois, il garde le
silence, préférant se consacrer à la rédaction des Mémoires d'un touriste.
Puis, le 4 Novembre, Stendhal s'installe au 4 Rue Caumartin à Paris. Pendant 7 semaines,
il se met au travail et dicte à un secrétaire le texte de la Chartreuse. Le 26
décembre, il remet à son éditeur un texte de plus de cinq cent pages.
La Chartreuse de Parme est publié en
deux volumes en mars 1839. Un extrait du roman, notamment la bataille de Waterloo a été
publié en avant-première dans Le Constitutionnel. Balzac envoie alors une lettre
de félicitations à Stendhal.
La Chartreuse de Parme ne recevra que
peu d'échos et d'éloges dans la presse. Balzac,
toujours lui, publiera en septembre 1840 un très long article élogieux sur ce roman
:"M. Beyle a fait un livre où le sublime éclate de chapitre en chapitre. " Il
émet également quelques réserves et donne plusieurs conseils à Stendhal. Malgré les
quelques critiques, Stendhal est flatté de l'intérêt que lui porte le père de la
Comédie
humaine. Il commencera même à apporter des modifications au texte à la
Chartreuse , allant dans le sens souhaité par Balzac. Mais La Chartreuse de Parme ne
connaîtra pas de réédition du temps du vivant de Stendhal, celui-ci mourant dès 1842.
Ces corrections ont été le plus souvent reprises en notes, car si parfois elles
corrigent une obscurité, "le plus souvent elles alourdissent le trait, et confirment
que l'art de Stendhal est fait d'abord de liberté et de spontanéité".
La version que nous lisons aujourd'hui est
donc toujours la version de 1839.
Résumé du roman
Livre 1
15
mai 1796. Bonaparte et son armée entrent en libérateur dans Milan, jusqu'alors
possession autrichienne. La ville accueille les français avec enthousiasme. Parmi les
soldats se trouve le lieutenant Robert. Il loge dans le château du marquis del Dongo, et
charme le cur de la Marquise. Un an plus tard, naît Fabrice del Dongo.
Le Marquis del Dongo qui éprouve une
grande haine pour les français doit se réfugier avec sa famille dans son château de
Grianta, au bord du lac de Côme. Malgré un père et un frère aîné bourrus, Fabrice
vit une enfance insouciante et joyeuse au château. Il passe ses journées à la chasse et
se promène en barque sur le lac. L'abbé Blanès, curé de Grianta, lui enseigne le
latin. Il transmet également au jeune Fabrice sa passion pour l'astrologie et "une
confiance illimitée dans les signes."
En 1814, Gina, la sur du marquis,
devenue veuve du comte de Pietranera, vient s'installer à Grianta. Elle a trente ans,
elle est belle et retrouve au Château " son cur de seize ans". Elle se
livre avec Fabrice et sa mère à de folles équipées nocturnes sur le lac de Côme.
Grâce à la présence enjouée de la Comtesse, et malgré la mélancolie sombre que le
marquis et son fils aîné dispensent autour d'eux, la joie revient au château.
En mars 1815, Napoléon de retour de l'île
d'Elbe débarque dans le sud de la France. L'apparition d'un aigle dans le ciel est
interprété par Fabrice comme un signe. Il souhaite rejoindre l'empereur et l'armée
qu'il vient de reconstituer. Adieux émouvants à Grianta. Arrivé en France, Fabrice est
pris pour un espion, et arrêté. Sa beauté et son jeune âge attendrissent la geôlière
qui, après quelques semaines, l'aide à s'évader. Il se procure un cheval et part au
combat au galop . Fabrice se retrouve à Waterloo, il se lance avec ferveur dans la
bataille.
A Waterloo, Fabrice rencontre une
cantinière. Emue par "ce beau jeune homme", elle le prend sous sa protection et
lui prodigue de précieux conseils. Le spectacle d'un cadavre défiguré fait pâlir
d'horreur Fabrice, mais le bruit du canon réjouit son cur. Il parvient à se
glisser parmi un groupe de hussards et participe à l'escorte de plusieurs généraux et
du Maréchal Ney. Pour obtenir la sympathie des hussards, Fabrice leur offre de l'eau de
vie. Pour avoir top bu de cet alcool, il ne peut reconnaître l'empereur qui passe sous
ses yeux. L'escorte à laquelle il appartient accompagne maintenant le général Comte d'A
.. qui n'est autre que le lieutenant Robert. Ses camarades le dépossèdent alors de son
cheval pour le fournir au général Comte d'A... qui vient d'être renversé avec sa
monture. Abandonné sur le champ de bataille et désespéré : " il défaisait un à
un tous ses beaux rêves d'amitié chevaleresque." Fabrice retrouve "sa "
cantinière du matin qui l'accueille dans sa voiture. Epuisé, Fabrice s'endort
profondément.
A son réveil, Fabrice est pressé de se
battre. Il suit un caporal et tue, tout joyeux, son premier ennemi. Autour de lui, c'est
la débâcle . Malgré les recommandations de la cantinière qui lui conseille de fuir,
Fabrice bataille contre des hussards insoumis. Son sens de l'honneur lui vaut d'être
blessé.
Fabrice trouve refuge dans une auberge, où
il a la chance d'être soigné par la maîtresse de maison et par ses filles. Il a une
tendre idylle avec Aniken, l'une des filles. Convalescent, il quitte l'auberge et regagne
Paris. Il prend possession de plusieurs lettres de sa mère et de sa tante qui le pressent
de rentrer.
Sur le chemin du retour, il apprend qu'il a
été dénoncé comme espion par son frère Ascagne et doit faire preuve d'une extrême
prudence. Il arrive de nuit et rentre en cachette au château . Attendu par sa mère et sa
tante, il est accueilli par des "transports de tendresse".
Tous trois décident de partir à Milan .
Ils sont alors arrêtés sur la route par des gendarmes . Mais il s'agit d'un malentendu,
les forces de l'ordre sont à la recherche du général libéral Fabio Conti. Celui-ci est
alors arrêté en compagnie de sa fille Clélia, une enfant de douze ans dont la beauté
singulière touche Fabrice. La comtesse Gina joue de sa séduction et de son prestige et
parvient à faire libérer tout le monde.
La Comtesse Gina éprouve pour son neveu
des sentiments qui ressemblent à de l'amour : "S'il eut parlé d'amour, elle
l'eût aimé ; n'avait-elle pas déjà pour sa conduite et sa personne une admiration
passionnée ?..."
Afin d'échapper à la police autrichienne
, Fabrice se réfugie temporairement dans le Piémont. La Comtesse Gina qui du fait de
l'absence de Fabrice s'ennuie à Grianta retourne à Milan. A la Scala, on lui présente
le Comte Mosca, un homme d'esprit qui est Ministre du duché de Parme. Il évoque avec
humour les petits secrets de la Cour de Parme. La Comtesse est ravie, le Comte, lui, tombe
amoureux. Il propose à Gina de l'accompagner à Parme. Là, il va lui arranger un mariage
. Il lui conseille d'épouser le vieux duc Sanseverina, elle pourra disposer de sa
fortune, de son palais, et devenir en toute liberté sa maîtresse . En échange il promet
au vieux duc une Ambassade.
Gina est présentée à la cour du duché
de Parme . Elle impressionne favorablement le prince. Le comte Mosca devient premier
Ministre et décide de prendre en main la carrière de Fabrice : qu'il fasse trois années
de théologie à Naples, il se charge ensuite de le faire évêque, puis Archevêque de
Parme.
Ses études terminées, Fabrice revient
métamorphosé de Naples. Il est désormais Monsignore. Sa tante Gina, la nouvelle
Duchesse Sanseverina, est plus que jamais séduite par le charme de ce brillant Monsignore.
L'intimité entre Gina et Fabrice irrite le Prince qui se venge en adressant une lettre
anonyme à son premier Ministre. Dans ce courrier il indique au Comte Mosca que Fabrice
est son rival. Mosca connaît les affres de la jalousie . Fabrice, quant à lui, est
gêné des sentiments passionnés qu'éprouve sa tante à son égard. Cette situation
ambiguë lui ôte sa gaieté.
Au grand soulagement de Mosca, Fabrice
courtise une jeune actrice du nom de Marietta; ce qui provoque la colère de son amant ,
l'acteur Giletti . Ce dernier menace de tuer Fabrice. Heureusement le comte Mosca veille
et conseille à Fabrice de s'éloigner quelque temps. Fabrice retourne à Grianta et
décide de rendre visite à l'abbé Blanès. Le vieux curé l'accueille avec une tendresse
paternelle.
Dans le clocher de l'église, Fabrice
écoute avec émotion les conseils et les prédictions du vieil abbé. Puis le lendemain,
il reste caché toute la journée dans le clocher et admire le pays de son enfance : le
château de son père, le village, le lac ... il songe à son enfance et passe une
journée de rêverie délicieuse. Le soir, il quitte l'abbé Blanès en l'embrassant une
dernière fois et avant de se rendre sur les bords du Lac majeur pour se mettre à l'abri,
il fait un détour jusqu'à son "marronnier" ; l'arbre que sa mère a planté
l'année de sa naissance.
Fabrice se décide à rentrer à Parme. Il
dérobe un cheval à un valet et lui lance en échange une poignée de monnaie. Arrivé à
Parme, le cur empli de joie, il se rend chez sa tante Gina; elle vient de perdre son
mari et a hérité du palais de Sanseverina. Fabrice amuse le comte Mosca et la duchesse
en leur racontant ses aventures. Le Comte fait prendre conscience à Fabrice qu'il a
commis des imprudences qui auraient pu lui valoir la prison, ce qui aurait ruiné
définitivement sa carrière ecclésiastique.
Fabrice rend ensuite une visite de
courtoisie à l'archevêque. Puis il se précipite chez Marietta , mais ne peut la voir.
Il quitte alors Parme. Le hasard veut qu'il croise sur son chemin Giletti, l'amant de
Marietta. Celui-ci le provoque en duel. Fabrice tue son rival. Obligé de s'enfuir, il
s'empare du passeport de son agresseur et se dirige vers la frontière. Le passage de la
douane lui fait craindre le pire, mais la chance est avec lui, on le laisse passer. Dans
une auberge, il rencontre Ludovic, l'un des cochers de sa tante Gina. Ce dernier aide
Fabrice à soigner les blessures qu'il a contractées lors de son duel, fait disparaître
ses vêtements tachés de sang et lui en prête d'autres. Il cache Fabrice au bord du Pô
et fait transmettre à la duchesse Sanseverina un courrier que son neveu lui a confié.
Fabrice se rend alors en barque à Ferrare.
Sur les conseils du médecin qui le soigne
à Ferrare, Fabrice fuit la ville et se rend avec Ludovic à Bologne. Il se rend alors
dans une église et se recueille. Il remercie également "Dieu avec effusion de la
protection évidente" dont il bénéficie. Un des valets de sa tante Gina a été
envoyé à sa rencontre. Il lui apporte de faux passeports , en échange Fabrice lui
transmet des courriers à destination de sa tante et de l'Archevêque. Ce dernier lui
répond et lui fait part de l'énorme scandale qu'a provoqué son duel . Tout Parme
l'accuse du meurtre de Giletti, l'amant de Marietta , d'autant que la marquise Raversi,
l'ennemie du comte Mosca et de la duchesse, tente de manipuler les témoins de ce duel.
A Bologne, Fabrice retrouve Marietta. Il
connaît alors auprès de la jeune fille "une joie et une sécurité profondes"
, un sentiment qu'il assimile à de l'amour. Mais entraîné par "une pique de
vanité" , il est amené à courtiser la Fausta, l'une des grandes
chanteuses italiennes de l'époque. Il vit une aventure rocambolesque, mais l'amant de la
Fausta, vexé et jaloux, se venge et lui fait subir une douloureuse humiliation.
Fabrice finit par provoquer son rival en duel et le blesse grièvement. Il se réfugie
ensuite à Florence où il reçoit des lettres de reproches de sa tante. Cette dernière ,
lorsqu'elle apprend que l'amour et la passion sont absents de cette étonnante aventure,
lui pardonne volontiers.
Livre 2
Un peu plus d'une année a passé depuis la
mort de Giletti... La Marquise Raversi et le ministre de la Justice Rassi, ennemis jurés
du Comte Mosca et de La Sanseverina, complotent pour faire condamner Fabrice. Ayant eu
vent de ce complot, la duchesse Sanseverina menace le prince de quitter la Cour de Parme
s'il ne renonce pas à toute poursuite contre son neveu. Le prince est ulcéré de la
démarche de la Sanseverina , mais il ne souhaite pas que cette femme superbe quitte la
cour. La duchesse obtient donc que le prince s'engage par écrit. Mais le Comte Mosca,
présent lors de l'entrevue, va, par esprit courtisan envers le prince, modifier le texte,
afin de ménager l'amour propre de son souverain. Rassuré par la promesse qu'a acquise sa
tante, Fabrice rentre à Parme. Hélas pour lui , le prince est vexé de cette signature
forcéequ'a réussi à lui extorquer Gina et décide de se venger . A l'insu du comte
Mosca, il ordonne que l'on arrête Fabrice et signe un document le condamnant à douze ans
de forteresse.
Fabrice est arrêté et emmené à la
citadelle de Parme. Le gouverneur de cette forteresse est le général Fabio Conti, que
Fabrice avait croisé, avec sa fille Clélia, sept années plus tôt lorsqu'il se rendait
à Milan en compagnie de sa tante Gina. La jeune Clélia a grandi et est devenue
"sublime". L'effervescence qui marque l'arrivée du prisonnier attire
l'attention de Clélia, surprise de retrouver Fabrice del Dongo dans cette citadelle.
Leurs regards se croisent. Fabrice , immédiatement séduit, la salue et évoque leur
première rencontre : " il me semble, mademoiselle, lui dit-il, qu'autrefois près
d'un lac , j'ai déjà eu l'honneur de vous rencontrer...". Clélia est trop émue et
"ne trouve aucune parole pour répondre". Le soir même lors d'une réception,
la duchesse Sanseverina est intriguée par l'attitude inhabituelle de Clélia. De même
Clélia est témoin de la douleur qu'éprouve la duchesse lorsqu'elle apprend
l'arrestation de son neveu.
La duchesse est désespérée. Elle
éprouve de la rancune contre le comte Mosca, qui par esprit courtisan, a permis
l'arrestation de Fabrice. Elle exprime aussi sa colère et sa haine envers le prince qui
l'a trompée. Elle refuse ensuite plusieurs fois de recevoir le Comte Mosca . Lorsqu'enfin
elle accepte de le voir, celui-ci la trouve vieillie. Il se déclare prêt à faire une
folie pour ne pas la perdre : il est prêt à tout tenter pour faire évader Fabrice.
Le Comte Mosca reçoit son tout puissant
ministre de la justice Rassi et lui exprime ironiquement sa surprise de la décision qui a
été prise, à son insu, d'emprisonner Fabrice. Mosca essaye de s'assurer le soutien de
Rassi en lui promettant de le faire anoblir. Ce dernier semble accepter. Le Comte Mosca
souhaite en informer la duchesse, mais la porte du palais Sanseverina reste fermée. De
son côté la duchesse essaye de corrompre les gardes de la citadelle pour qu'ils le
laissent s'échapper Fabrice, mais en vain. Les rumeurs les plus extravagantes se
répandent dans Parme : on dit que la duchesse a un nouvel amant et que le Comte va
démissionner. On dit aussi que Fabrice risque d'être bientôt exécuté...
Fabrice est emprisonné dans cette
citadelle de deux cent dix pieds de haut . Une joie incompréhensible s'empare de lui : il
admire la vue sublime sur les Alpes et découvre en contre bas la volière de Clélia. Sa
patience est récompensée , car il peut l'apercevoir lorsqu'elle vient soigner ses
oiseaux. Un abat-jour est installé à sa fenêtre, mais Fabrice le perce pour pouvoir
continuer à admirer Clélia. Il adresse à la jeune fille des signes, mais Clélia se
refuse d'y répondre.
Le gouverneur a hâte de marier sa fille .
Il souhaite qu'elle épouse le marquis Crescenzi, l'un des plus beaux partis de la cour de
Parme. Si elle refuse, le gouverneur est prêt à l'enfermer au couvent. Clélia ne se
fait guère d'illusion sur Fabrice , qu'elle sait volage et qu'elle prend pour "un
libertin". Elle sait aussi qu'il est promis à une carrière ecclésiastique. La
menace du couvent que brandit son père lui fait prendre conscience de ses sentiments pour
Fabrice : "Quoi, je ne le verrai plus." Pour rester avec Fabrice, elle accepte
donc contrainte et forcée , d'obéir à son père, d'autant qu'elle a appris qu'on
menaçait de l'empoisonner. Elle lui demande de ne pas manger d'autre nourriture que celle
qu'elle lui fera parvenir. A l'aide d'un alphabet de fortune dessiné avec un morceau de
charbon, et de quelques airs d'opéra, Fabrice et Clélia réussissent à établir une
correspondance amoureuse .
Une nuit, alors qu'il contemple les étoiles,
Fabrice aperçoit des signaux lumineux . Il parvient à déchiffrer un message de sa tante
Gina, qui depuis plusieurs mois essaie d'entrer en contact avec lui. Elle lui demande de
se tenir prêt à s'évader. Par amour pour Clélia, Fabrice refuse et lui confie sa
décision . La fille du gouverneur renonce à toute prudence et va jusqu'à se
compromettre en sollicitant la complicité d'un geôlier. Sachant Fabrice en danger de
mort, elle lui demande lors d'une entrevue secrète, d'obéir à sa tante, menaçant dans
le cas contraire de se réfugier immédiatement dans un couvent : "et je vous jure
que de la vie, je ne vous adresserai la parole." Clélia conjugue ses efforts avec
ceux de Gina afin de favoriser l'évasion de Fabrice. Cette dernière parvient à jeter
dans la chambre du prisonnier un courrier précisant les détails de l'évasion. Au même
moment le prince et son ministre Rassi étudient comment ils pourraient empoisonner
Fabrice. Le Comte Mosca est informé, directement par Rassi, du danger de mort que court
Fabrice del Dongo.
Et l'on apprend qu'un an plus tôt la duchesse
Sanseverina rencontrait, dans sa propriété de Sacca, le poète Ferrante Palla. Ce
dernier, " jeune et fort bel homme" est l'un des plus grands poètes de son
époque; il est aussi républicain, farouche adversaire du Prince, et éperdument amoureux
de la duchesse. Après l'arrestation de Fabrice, il assure à la Sanseverina qu'il est
prêt à tout pour sauver son neveu. La duchesse a décidé d'empoisonner le Prince, elle
demande à Ferrante Palla de ne commettre cet assassinat que lorsqu'elle lui en donnera
l'ordre. C'est également le poète qui imagine et organise l'évasion de Fabrice. Après
ce flash-back, le récit reprend son cours normal. Lors du mariage de la sur du
Marquis Crescenzi, celui-là même que le Gouverneur destine à sa fille Clélia, la
duchesse remet à la fille du gouverneur les cordes devant servir à l'évasion de
Fabrice. La duchesse en profite également pour neutraliser le gouverneur en lui
administrant un puissant somnifère. Clélia prend peur, elle est persuadée que son père
a été empoisonné et qu'elle est la complice de ce crime. Elle fait le vu à la
Madonne de ne plus revoir Fabrice et d'épouser le Marquis Crescenzi, si son père
est sauvé .
Grâce aux cordes fournies par Gina et introduites
dans la forteresse par Clélia, Fabrice va pouvoir s'échapper. La nuit choisie, à
minuit, alors qu'un épais brouillard recouvre la citadelle, Fabrice se signe, puis se
lance dans le vide. Il réussit à descendre la terrible tour Farnèse . Il a les mains en
sang et est recueilli au bas de la Tour par sa tante et ses hommes de main. Gina donne
alors le signal pour que Ferrante Palla empoisonne le prince. Fabrice se réfugie avec sa
tante sur les bords du lac de Côme. Il a la nostalgie de la prison et de ses
conversations secrètes avec Clélia. La duchesse est désespérée . Quant à Clélia
elle ne se pardonne pas d'avoir trahi son père et est rongée par le remords. Elle
accepte d'épouser le Marquis Crescenzi
La duchesse donne une fête inoubliable à Sacca
pour célébrer l'évasion de Fabrice. Mais celui-ci est mélancolique, car il apprend que
lon saffaire pour la préparation du mariage de Clélia et du marquis
Crescenzi. La mort du prince crée une grande agitation dans le duché de Parme, mais le
Comte Mosca reprend vite la situation en main. C'est le fils du prince assassiné qui lui
succède. Il est ébloui par la duchesse . Il la rappelle à Parme et lui présente ses
hommages.
Le Comte Mosca essaye également de trouver un moyen
d'innocenter définitivement Fabrice, qui bien que libre est toujours sous le coup
dune condamnation. Il faudra que le neveu de la Sanseverina soit à nouveau jugé et
reconnu innocent pour être totalement réhabilité. Mosca conseille aussi à la Duchesse
de jouer de son influence auprès du nouveau prince. La duchesse accepte alors de devenir
la confidente de la Princesse. Pour rentrer à Parme, Fabrice se déguise en marchand de
marrons et afin d'être plus près de Clélia, se cache en face de la citadelle.
Très rapidement la Sanseverina devient "l'âme
de la cour" : elle organise de splendides soirées où tout le duché se précipite.
On y improvise des comédies et le prince en personne y tient le rôle du soupirant de la
duchesse. Mais pendant ce temps là, Rassi et sa police mènent leur enquête pour
découvrir les assassins du Prince. Alors qu'ils viennent de déposer sur son bureau, un
dossier complet de l'enquête, le nouveau souverain demande à la duchesse conseil sur la
conduite à tenir. La Sanseverina réussit à convaincre le prince de brûler tous ces
documents compromettants. Elle demande également au prince de faire juger à nouveau
Fabrice, le comte Mosca ayant trouvé des témoins du duel entre Giletti et son neveu.
Leurs témoignages innocentent Fabrice. Confiant, ce dernier se constitue prisonnier. Le
gouverneur Fabio Conti savoure ce retournement de situation. Il est bien décidé à se
venger.
Clélia est troublée par le retour en prison de
Fabrice. Fidèle à son vu de ne plus le revoir, elle se cache. Elle apprend
pourtant que de lourdes menaces d'empoisonnement pèsent sur lui et qu'il risque de ne pas
sortir vivant de la prison. Craignant pour sa vie, elle gravit les marches de la tour,
bouscule les geôliers et se précipite dans sa chambre. Elle parvient juste à temps, à
l'empêcher de toucher au repas fatal qui est sur sa table. La duchesse Sanseverina ayant
elle aussi appris que la vie de Fabrice est menacée est prête à tout pour sauver son
neveu. Elle jure au prince qu'elle sacrifiera son honneur de femme et se donnera à lui si
Fabrice sort sain et sauf de la citadelle. En toute hâte , l'aide de camp du prince est
dépêché à la prison et libère Fabrice. La duchesse accourue au pied de la citadelle
voit son neveu sortir sain et sauf. Une enquête est menée dans la citadelle qui montre
que le repas du prisonnier était réellement empoisonné. Le gouverneur est aussitôt
destitué et exilé jusqu'au mariage de sa fille. Fabrice est à nouveau jugé et cette
fois il est acquitté. Il est nommé coadjuteur de l'archevêque de Parme. Mais ces
honneurs le laissent de marbre, il souhaite simplement revoir Clélia.
Fabrice est inconsolable. Il parvient à louer un
appartement face au palais où demeure Clélia . Celle-ci est malheureuse de ne pouvoir
revoir Fabrice , mais reste fidèle au vu qu'elle a fait à la Madonne. Fabrice , en
se déguisant, parvient cependant à s'approcher d'elle dans l'obscurité. Elle lui
indique qu'elle se résigne à épouser le Marquis Crescenzi, seul moyen de sauver son
père de l'exil. Fabrice décide de se retirer dans un petit appartement , ce qui lui vaut
à Parme une "immense réputation de sainteté". Il reste cloîtré de longs
mois et ne quitte cette retraite que pour assister à l'anniversaire de la princesse. Il
ne peut contenir ses larmes lorsqu'il y croise Clélia. Cette dernière est bouleversée
de constater combien le chagrin a modifié sa physionomie. Mais en même temps, elle
réalise que Fabrice ne l'a pas oublié, ce qui la comble de joie.
Gina fait savoir au prince que sil souhaite
qu'elle se donne à lui, comme elle sy était engagée pour sauver la vie de
Fabrice, elle quittera définitivement le duché de Parme. Le prince ne peut résister à
la beauté de la duchesse. Son sacrifice accompli, la Sanseverina quitte la principauté
.Elle épouse le comte Mosca et les époux partent pour Naples. Clélia torturée par le
remords reste enfermée dans son palais. Sur les conseils de sa tante , Fabrice se met à
prêcher. Ses sermons connaissent un immense succès et toutes les femmes de Parme se
précipitent , éblouies par son éloquence. Parmi elles, la jeune Anetta Marini déclare
ouvertement son amour au jeune prélat. Clélia est impatiente de connaître cette Anetta
dont toute la ville parle.
Il se murmure
dans les salons Crescenzi que Fabrice est tombé amoureux d'Anetta Marini. Cette rumeur
décide Clélia à aller écouter les sermons du prédicateur. Le lendemain, Fabrice
reçoit un billet de Clélia qui l'invite à un rendez-vous. " Fabrice tomba à
genoux et fondit en larmes : "enfin s'écria-t-il, après quatorze mois et huit
jours ! Adieu les prédications." C'est le début d'une liaison secrète entre
Fabrice et Clélia qui va durer 3 ans . Pendant ce temps l'archevêque meurt et Fabrice
lui succéde. "Après ces trois années de bonheur divin, l'âme de Fabrice eut un
caprice de tendresse". Puisqu'il ne peut voir, durant le jour, Clélia, Fabrice exige
d'avoir près de lui le petit Sandrino, le fils né de leur liaison et secrète. Les
amants imaginent un stratagème qui consiste à simuler une maladie de l'enfant et
annoncer sa mort pendant l'absence du marquis. Mais Sandrino tombe réellement malade et
meurt quelques mois après son enlèvement. Cette mort apparaît à Clélia comme une
punition du ciel. " Elle ne survécut que de quelques mois à ce fils chéri".
A la mort de Clélia , Fabrice vend tous ses biens et se retire à la Chartreuse de Parme
. Il y meurt un an après. "La duchesse ne survécut que fort peu de temps, à
Fabrice, qu'elle adorait". Le duché de Parme connut grâce à son jeune prince
"une ère de liberté", et le Comte Mosca devint immensément riche...
Laura Jacquemelle
Jugements critiques de
Balzac, Barbey d'Aurevilly, Zola, Léautaud, Gide ...
"M. Beyle a écrit un livre où le
sublime éclate de chapitre en chapitre . Il a produit , à l'âge où les hommes trouvent
rarement des sujets grandioses et après avoir écrit une vingtaine de volumes
extrêmement spirituels, une uvre qui ne peut-être appréciée que par les âmes et
par les gens vraiment supérieurs. Enfin il a écrit Le prince moderne, le roman que
Machiavel écrirait, s'il vivait banni de l'Italie au XIXème siècle.
Aussi, le plus grand obstacle au renom
mérité de M. Beyle vient-il de ce que la Chartreuse de Parme , ne peut trouver de
lecteurs habiles à la goûter que parmi les diplomates, les ministres , les observateurs,
les gens du monde les plus éminents, les artistes les plus distingués, enfin, parmi les
douze ou quinze cents personnes qui sont la tête de l'Europe. Ne soyez donc pas étonnés
que, depuis dix mois que cette uvre surprenante a été publiée , il n'y ait pas un
seul journaliste qui l'ait ni lue, ni comprise , ni étudiée, qui l'ait annoncée ,
analysée et louée , qui même y ait fait allusion. Moi, qui crois m'y connaître un peu,
je l'ai lue pour la troisième fois , ces jours-ci : j'ai trouvé l'oeuvre encore plus
belle, et j'ai senti dans mon âme l'espèce de bonheur que cause une bonne action à
faire.
N'est ce pas faire une bonne action , que
d'essayer de rendre justice à un homme d'un talent immense , qui n'aura de génie qu'aux
yeux de quelques êtres privilégiés, et à qui la transcendance de ses idées ôte cette
immédiate mais passagère popularité que recherchent les courtisans du peuple et que
méprisent les grandes âmes ? ..."
Balzac,
extrait de l'article de 72 pages
qu'il a publié le 25 septembre 1840
dans la Revue parisienne
"Beyle, un scélérat d'idées, je le sais,
mais l'écrivain qui a pensé avec tant de vigueur Le Rouge et le Noir et la
Chartreuse de Parme, cet homme qui, avec sa noirceur et ses perversités, brille d'une
lueur sombre et dure au premier rang des puissances littéraires de son temps."
Jules Barbey d'Aurevilly, Le Pays, 11 mai 1855
"Notre plus grand romancier, Stendhal,
étudiait les hommes comme des insectes étranges, qui vivent et meurent, poussés par des
forces fatales; son seul souci était de déterminer la nature, l'énergie, la direction
de ces forces; son humanité ne sympathisait pas avec celle de ses héros, il restait
supérieur à leur misère et à leur folie, il se contentait de faire son travail de
dissection, exposant simplement les résultats de ce travail. L'uvre du romancier
doit cesser où commence celle du moraliste."
Emile Zola, causeries dramatiques, 1881
"Pas une ligne pour le joli, pour le
pittoresque, pour l'amusement. Toujours quelques chose, toujours de l'intérêt."
Paul Léautaud, Journal Littéraire, 1905
"Le Grand secret de Stendhal, sa grande malice,
c'est décrire tout de suite... De là, ce quelque chose d'alerte et de primesautier, de
disconvenu, de subit et de nu qui nous ravit toujours à neuf dan son style. On dirait que
sa pensée ne prend pas la peine de se chausser pour courir."
André Gide, Journal, 3 septembre 1937
"Cet homme que j'aime si peu et dont je ne puis
ouvrir un livre que je n'en dévore aussitôt quelques pages, comme il me déplaît et
comme je l'admire."
Julien Green, Journal, 1948

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