|
|
Biographie de Stefan Zweig (1881-1942) |
| 1881 |
Stefan Zweig
naît le 28 novembre à Vienne, en Autriche. Il est le fils de riches industriels
israélites qui ont fait fortune dans le textile. De son père Moritz Zweig, (c'est lui
qui le dit), Stefan hérite le goût d'une discrétion qui va jusqu'à l'effacement et
s'accompagne d'une austérité naturelle . Il a un frère aîné, Alfred, qui a 2 ans de
plus que lui.
Le jeune Stefan est confié à des nourrices, comme tous les enfants de
la bourgeoisie d'alors. Il demeure confiné dans la nursery, puis dans sa chambre, restant
à une distance respectueuse de la vie mondaine que mènent ses parents.
Si Alfred, son frère aîné, solide et calme, ressemble physiquement
à son père, Stefan, lui est le portrait de sa mère, en plus mince et plus longiligne.
Il a ses traits fins, son sourire et ses yeux noirs qui pétillent. Il a sa vivacité, sa
gaieté et mais aussi ses sautes d'humeur. |
| 1891 |
Stefan entre
au Maximilian Gymnasium ( aujourd'hui le Wasagymnasium), un lycée que ses parents ont
choisi parmi les meilleurs de Vienne et qui lui confère une solide culture classique.
Il y suit ses études en toute liberté, n'écoutant que son goût, et
se passionne très jeune pour la littérature, la philosophie, l'histoire et l'univers de
l'art.
Au Maximilian Gymnasium, qu'il décrit comme un bagne, Stefan est un
élève moyen et morose. Il semble attendre que le temps passe pour enfin disposer de la
liberté promise. " Le seul moment heureux que je doive à l'école, écrira-t-il, ce
fut le jour où je laissai retomber pour toujours sa porte derrière moi".
Il découvre Mir Zur Freier ( Pour ma joie) de Rainer Maria
Rilke, de 6 ans son aîné. Il s'enthousiasme pour Rilke et peut réciter par cur
ses poèmes |
| 1895 |
Avec ses amis
de lycée, il découvre la vie de café. Le Beethoven, le Rathaus, ou le Reyl
sont leurs lieux de rendez-vous. Ils y consomment cafés et chocolats crémeux. Stefan s'y
plaît et s'y sent tranquille. Il discute des heures, joue aux échecs, un jeu qui le
fascine, lit tous les journaux et revues culturelles exposés sur une table ou suspendus
aux murs. |
| 1898 |
Depuis
quelques années Stefan Zweig a commencé à écrire des poèmes.
Il publie son premier poème Rosenknospen ( Bouton de Rose) dans
la revue de Karl Emil Franzos, Die Zukunft ( l'Avenir) |
| 1900 |
Il est reçu
au baccalauréat, sa Matura, en juillet. Ses résultats le situent juste au dessus
de la moyenne, assez loin des meilleurs élèves . Le plus important pour lui, c'est que
ce diplôme le délivre enfin de la "prison dorée" de son enfance. Il quitte le
somptueux appartement de ses parents pour emménager dans une chambre d'étudiant.
Bien qu'il ait de meilleurs résultats en Allemand et en Histoire, il
s'inscrit à l'université, en philosophie.
Il rêve de fréquenter au Café central, Jeune Vienne (
Jung-Wien), un cercle de poètes, dramaturges, romanciers dans lequel on retrouve Arthur
Schnitzler, Hugo von Hofmannstahl, Peter Altenberg
|
| 1901 |
Stefan Zweig
continue à écrire de nombreux poèmes. En 1901, il en a déjà écrit entre trois et
quatre cents ( c'est le chiffre qu'il avance). Il écrit le jour, au lieu d'aller en cours
de philo, ou la nuit. Il écrit chez lui, mais aussi au café, notamment au Beethoven.
Il est encore très influencé par Hugo von Hofmannstahl et Rainer Maria Rilke.
Depuis Rosenknospen, son premier poème publié en 1898, il a
déjà fait connaître en 1901, plus d'une centaine de poèmes au hasard des publications.
C'est en février qu'il publie son premier recueil de poèmes : les
Cordes d'argent . Stefan Zweig a sélectionné avec la plus grande intransigeance une
cinquantaine de ses meilleurs poèmes. Il n'autorisera jamais aucune réimpression de ce
recueil et l'exclura même plus tard de ses uvres complètes.
Stefan Zweig publie également cette année-là sa première nouvelle, Im
Schnee ( dans la Neige) dans Die Welt, un journal viennois. Cette nouvelle,
d'une dizaine de pages, raconte l'histoire d'une communauté juive, qui sous la menace
d'une horde de flagellants, doit fuir le ghetto de son village. Stefan Zweig, si
cosmopolite, si passionné, si viennois, consacre son premier texte en prose aux brimades
subies par le peuple juif : intuition d'un malheur annoncé ? |
| 1902 |
Il se rend en
Belgique et visite Bruxelles, Bruges, Ostende et Blankenberghe. Il se rend également à
Paris pour la première fois.
Il rencontre le poète Emile Verhaeren (1855-1916), alors méconnu du
public français et allemand. Emile Verhaeren vit à la campagne, non loin de Bruxelles,
au lieu-dit Caillou-qui-bique. Zweig deviendra l'ami intime de Verhaeren, son traducteur
et son biographe. Comme l'écrit Dominique Bona, "ce que Verhaeren lui découvre, par
lui-même autant que par son ouvre, ce sont les "forces tumultueuses" de
la vie. Il lui enseigne le premier des arts qui est de jouir des heures simples qui sont
données à chacun."
C'est également en 1902 que Zweig écrit une préface de quinze pages
pour l'édition de l'uvre de Verlaine ( Editions Schuester und Loeffler) |
| 1903 |
Séjour à
Berlin. Pour un étudiant autrichien, il est courant de poursuivre à Berlin des études
commencées à Vienne. Plusieurs amis de Zweig suivent le même chemin. Stefan Zweig
s'affranchit du confort viennois et de la bourgeoisie raffinée qui ont bercé son enfance
et son adolescence. Ce séjour à Berlin lui permet de découvrir un autre monde : il fait
la connaissance des poètes maudits de Berlin, s'initie à la vie de Bohème et découvre
un univers de violence, de danger, de débauche et de misère. C'est aussi à Berlin qu'il
découvre les romans de Dostoïevski, et l'oeuvre de Munch ( Le Cri, l'Angoisse, Nuits
Blanches
)
Il se rend en Italie, sur l'Ile Bretonne de Bréhat et retourne à
Paris |
| 1904 |
Stefan Zweig
rentre à Vienne pour passer sa thèse sur Hippolyte Taine. Au printemps, il est reçu
docteur en philosophie, le titre prestigieux dont rêvaient pour lui ses parents.
il va à Paris, où il séjourne à plusieurs reprises et se lie
d'amitié avec plusieurs écrivains, dont Jules Romains. Il adaptera, plus tard, avec ce
dernier, Volpone, et connaîtra un immense succès au théâtre de l'Atelier à
Paris.
Publication de Nouvelles : L'Amour d'Erika Ewald
Il se rend à nouveau en France, à Paris et sur la Côte d'Azur,
en Espagne et en Algérie.
"Zweig voyage autant pour connaître et apprendre que pour se
fuir lui-même dans le mirage des changements d'horizon." |
| 1906 |
Publication de
Guirlandes précoces, poèmes |
| 1907 |
Publication de
la pièce de théâtre : Thersite
Zweig poursuit ses voyages en Europe : Prague, la Sardaigne,
Berlin, Rome, et la Corse |
| 1909 |
De Novembre
1908 à avril 1909, il voyage à Ceylan, à Madras, à Agra, à Calcutta, à Bénares, à
Rangoon et jusqu'en Indochine. |
| 1910 |
Publication de
: Emile Verhaeren, essai biographique |
| 1911 |
Publication de
nouvelles : Première Expérience, ( dont Brûlant Secret)
En février 1911, au cours d'un de ses nombreux séjours en France
Stefan Zweig rencontre Romain Rolland ; c'est le début d'une longue amitié.
Il visite le Nouveau Monde : l'Est des Etats-Unis, New-York,
Philadelphie. Il séjourne également aux Antilles, à Cuba, à la Jamaïque et à
Porto-Rico. |
| 1912 |
Publication de
la pièce de théâtre : La Maison au bord de la mer |
| 1913 |
Stefan Zweig
commence à travailler sur le Portrait de Dostoïveski ; contraste frappant entre ce
romancier russe maudit et ce jeune écrivain autrichien enthousiaste qui n'a pas encore
subi d'épreuves. |
| 1914 |
La Guerre
crée un véritable traumatisme chez Stéphan Zweig. Il comprend qu'elle annonce la fin
d'un monde et l'écroulement de valeurs auxquels il était viscéralement attaché. C'est
la signification qu'il donnera dans tous les romans où il la mettra en scène. |
| 1917 |
Publication de
la pièce de théâtre : Jérémie |
| 1919 |
Stefan Zweig
s'installe à Salzbourg, où il restera 15 ans. C'est là qu'il écrira les romans qui lui
apportent une célébrité mondiale. |
| 1920 |
Publication de
Trois Maîtres ( essai sur Balzac, Dickens et Dostoïevski)
Publication de la nouvelle : La Peur |
| 1922 |
Publication
d'un recueil de nouvelles : Amok ( dont Lettre d'une inconnue) |
| 1925 |
Publication de
Le Combat avec le Démon ( essai sur Kleist, Hölderin, et Nietzsche) |
| 1927 |
Publication de
la pièce de théâtre : Volpone, son plus gros succès théâtral
Publication de : Les heures Etoilées de l'Humanité |
| 1928 |
Publication de
Trois Poètes de leur vie ( essai sur Stendhal, Casanova et Tolstoï)
Publication de Joseph Fouché, essai biographique |
| 1931 |
Publication de
La Guérison par l'Esprit ( essai sur Freud, Mesmer et Mary Bake-Eddy)
Publication d'un recueil de nouvelles : Légendes |
| 1932 |
Publication de
Marie-Antoinette, biographie |
| 1933 |
A Munich et
dans d'autres villes, les livres du "juif" Zweig sont brûlés en autodafé. |
| 1934 |
Stefan Zweig
vient s'installer à Londres pour y poursuivre la préparation de sa biographie de Marie
Stuart. Son séjour ne semble avoir aucun motif politique, mais bientôt l'invasion de
l'Autriche par les troupes de Hitler et son annexion par l'Allemagne nazie le dissuadent
de rentrer dans son pays.
Publication de Vingt-quatre heures
de la vie d'une femme
Publication de Erasme, biographie |
| 1935 |
Publication de
Marie Stuart, biographie |
| 1936 |
Publication de
Castellion contre Calvin, biographie |
| 1937 |
Publication de
Le Chandelier enterré, nouvelle |
| 1938 |
Publication de
Impatience du cur
Publication de La Pitié dangereuse, roman
Publication de Magellan, biographie
Stefan Zweig divorce de Friederike. Ils garderont toutefois des liens
étroits. |
| 1940 |
Zweig devient
citoyen britannique et se remarie avec sa secrétaire Lotte Altmann.
En compagnie de son épouse il quitte l'Angleterre pour les Etats Unis
et réside quelques mois dans la banlieue de New-York.
Publication de Amerigo, biographie |
| 1941 |
Le 15 août,
il s'embarque pour le Brésil et s'établit à Pétropolis où il espère encore trouver
la paix de l'esprit
Publication de Brésil, terre d'avenir, essai.
Il achève de rédiger son autobiographie, Le Monde d'hier,
portrait de l'Europe d'avant 1914, qu'il dessine avec nostalgie |
| 1942 |
Le 22
février, Stefan Zweig désespère de l'avenir du monde et rédige le message d'adieu
suivant :
" Avant
de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de
remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux
pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De
jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais
préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a
disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même.
Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces
particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées
par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps,
et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie
la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la
longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. "
Le lendemain, Stefan Zweig et son épouse s'empoisonnent ensemble :
pour se soustraire à la vie sans brutalité
|
1942
-
1946 |
Publications
posthumes :
Le Monde d'hier (son autobiographie)
Le Joueur d'échecs
Balzac, biographie inachevée
Montaigne, biographie inachevée
Ivresse de la métamorphose, roman inachevé
Clarissa, roman inachevé |
|