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| Georges
Simenon (1903-1989)
« Simenon est de la même famille
que Maupassant ( dont l’œuvre tout entière fut écrite en une
dizaine d’années) , un écrivain apparemment simple, raconteur
d’histoires. Mais dont le lecteur peut indéfiniment découvrir et
reprendre les livres, sûr, dès qu’il en a commencé un, de ne
pouvoir s’empêcher d’aller jusqu’au bout. »
Extrait
du Magazine littéraire de
février 2003 : sur les traces de Simenon |

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« Simenon est né à Liège le 12 février
1903. C’est à Liège qu’il passe les dix-neuf premières années
de sa vie, les plus importantes selon lui, car ce sont les années au
cours desquelles il emmagasine l’essentiel des images, des
sensations et des expériences sur lesquelles sa personnalité et son
œuvre se construiront.
Il est issu d’un milieu modeste. Son père était employé dans une
compagnie d’assurances, son grand-père tenait boutique de
chapelier, sa mère avait été vendeuse au rayon mercerie d’un
grand magasin.
A l’âge de quinze ans et demi, il interrompt prématurément ses études
pour gagner sa vie. Très jeune il a décidé d’écrire et c’est
par la voie du journalisme qu’il débute. Engagé à la Gazette de
Liége comme reporter à tout faire, il rend compte des faits divers
et rédige quotidiennement un billet d’humeur. Parallèlement il
s’essaie aussi au roman et publie, en 1921, sous le pseudonyme de
Georges Sim, Au Pont des Arches, petit roman humoristique de mœurs liégeoises.
En décembre 1922, il décide de quitter Liège pour conquérir Paris.
Il se lance alors résolument dans une littérature alimentaire qui
lui permet de gagner largement sa vie tout en faisant son
apprentissage de romancier. Sous divers pseudonymes, il publie, entre
1923 et 1933, un millier de contes et quelque deux cents romans
populaires de tous genres : sentimentaux, érotiques, policiers,
d’aventures.
En compagnie de son épouse Régine Renchon, une artiste peintre liégeoise
qu’il a surnommée Tigy, il découvre le Paris des années folles,
mais aussi la campagne française, la vie sur les rivières et les
canaux, la mer et les pêcheurs et bientôt le vaste monde.
En 1929, il crée le personnage du commissaire Maigret qui est lancé
de façon tapageuse par un Bal anthropométrique qui réunit le
tout-Paris. Maigret est immédiatement célèbre et sera le héros très
populaire d’une série de 75 romans dont le dernier, paru en 1972,
s’intitule Maigret et M. Charles.
Très vite Simenon est capable de se passer du meneur de jeu qu’est
Maigret pour écrire des romans dont le caractère psychologique
s’affirme nettement au fil des années : 117 romans « durs » parmi
lesquels on peut citer : Les fiançailles de M. Hire (1933), La maison
du canal (1933), Le coup de lune (1933), Les inconnus dans la maison
(1940), Trois chambres à Manhattan (1946), La neige était sale
(1948), Pedigree (1948), Feux rouges (1953), La boule noire (1955), Le
passage de la ligne (1958), Le train (1961), Les anneaux de Bicêtre
(1963), Le petit saint (1965), Le chat (1967) …
Sans jamais cesser d’écrire, Simenon trouve le temps de voyager et
de déménager à de multiples reprises. Il quitte Paris pour
s’installer en Charente, puis en Vendée pendant la 2e guerre
mondiale. En 1945, il quitte la France, qui lui fait des ennuis, pour
s’installer aux U.S.A. où il rencontre Denyse Ouimet qui devient sa
seconde épouse. En 1955, il regagne brusquement la France, puis
s’installe définitivement en Suisse dans la région de Lausanne.
A l’automne 1972, coup de tonnerre, le romancier annonce
officiellement qu’il prend sa retraite : vivre la vie de ses
personnages est devenu un supplice insupportable ! Pour s’occuper il
se met à dicter au magnétophone des souvenirs, confidences et
bavardages sur l’actualité qui seront recueillis en 22 volumes. Le
suicide de sa fille Marie-Jo le force à reprendre une dernière fois
la plume pour rédiger ses volumineux Mémoires intimes (1981).
Le 4 septembre 1989, Simenon s’éteint à Lausanne et ses cendres
sont dispersées dans le jardin de sa dernière maison par sa fidèle
compagne Teresa.
Une véritable légende s’est formée autour de ce phénomène de
l’écriture. Auteur à succès connu hors de France avant la guerre,
Simenon est à présent un romancier mondialement apprécié. Traduits
dans une soixantaine de langues, ses romans sont portés à l’écran
et largement diffusés par la télévision. Maigret a sa statue en
Hollande, Simenon son buste et son auberge de jeunesse en Outremeuse,
à Liège. Quant à ses précieuses archives littéraires, elles sont
depuis 1976 déposées au Fonds Simenon de l’Université de Liège,
sa ville natale à laquelle il est toujours resté profondément
attaché. Sans Liège, Simenon eut été un écrivain différent ! »
Ce texte provient du très beau site qu'ont réalisé la
région wallone et la Ville de Liège en l'honneur du centenaire de la naissance de
Simenon : http://www.simenon2003.be/
.
A
lire également Le Magazine littéraire
de février 2003 (5,35 Euros) qui consacre un excellent dossier à
Georges Simenon. Disponible en kiosque ou au siège du Magazine : 40
rue des Saints Pères, 75007 Paris.
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