Harold Pinter (1930–2008) 

Harold Pinter (1930 – 2008 ) 

Harold Pinter, né le 10 octobre 1930 à Londres, est un écrivain, dramaturge, scénariste et metteur en scène britannique. Il a écrit pour le théâtre, la radio, la télévision et pour le cinéma. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 2005.

Harold Pinter est né de parents juifs immigrés de Russie, dans un quartier populaire de Londres. Le contexte dans lequel il a vécu sa jeunesse (antisémitisme, chômage, bombardements) est à la source des thèmes abordés dans ses pièces. Il joua la comédie dès le lycée, entra pour deux ans dans une école d’art dramatique et sillonna l’Angleterre en tant que comédien tout en écrivant. Sa première pièce, « The Room », écrite en quatre jours, fut jouée en 1957. Déjà, l’atmosphère de menace du théâtre de Pinter était présente. Des dialogues semblant naturels, mais une atmosphère d’insécurité. La pièce attira l’attention et lui offrit la possibilité d’une seconde œuvre « Le monte-plats ».

Paroles banales, presque grotesques, sous-entendus angoissants … « Le gardien », en 1960, est son premier succès. Toujours une intrigue minimaliste, une situation absurde, des personnages présentant des failles identitaires et une ambiance de malaise créée aussi par un décor minutieusement décrit par l’auteur.

Le malaise et la cruauté qui se dégagent de ses premières œuvres, qualifiées de « théâtre de la menace », évoluent vers l’exploration de l’intimité puis, à partir des années 1980, vers le politique. Outre les relations de couple qui sont au cœur de ses pièces écrites pendant sa période intermédiaire – La Collection (1961), L’Amant (1962), C’était hier (1970) et Trahisons (créé en 1978 et adapté au cinéma en 1982) –, la mémoire est un de ses thèmes récurrents.

Artiste et intellectuel engagé, il était, dans les années 1980, un infatigable critique de l’action du président américain Ronald Reagan et de sa contemporaine britannique, l’ancienne première ministre Margaret Thatcher.

Il avait publié en 2003 War, un recueil de poèmes contre la guerre en Irak. Le 15 février de la même année, il s’était exprimé à la tribune de Hyde Park, à Londres, devant un million et demi d’opposants à la guerre. Se tenant soigneusement à l’écart de « l’establishment », Pinter avait refusé d’être anobli par la reine Elizabeth. Il avait toutefois accepté la Légion d’honneur française en 2007 ; année où il signe son dernier scénario de film : Le Limier, avec Jude Law et Michael Caine.

Harold Pinter est mort le 24 décembre 2008, à l’âge de 78 ans. Il souffrait d’un cancer de l’œsophage depuis 2002. 


« Pinter écrit comme un talmudiste. Chez lui, tout est fait pour mener à la recherche incessante des secrets, de l’interprétation. C’est ce qui rend son théâtre si difficile à jouer. Dans Dispersion, il concentre toutes les lignes de son œuvre : l’identité, le temps, la mémoire, la menace, le couple, la fragmentation du langage… Mais, même dans ses pièces plus “bourgeoises”, il y a toujours la peur tapie derrière la porte. Si on ne joue pas Pinter en pensant à Kafka, on ne trouve pas la note juste. »

Gérard Desarthe

Source bibliographique :  comedie-francaise.fr & culturieuse.blog

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