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Résumé de Gatsby Le Magnifique
Bernard Franck, Antoine Blondin,
Jean-François Revel, Michel Mohrt et Eric Neuhoff évoquent Gatsby le Magnifique
et Fitzgerald
La Thèse passionnante d'Elisabeth
Bouzonviller sur Francis Scott Fitzgerald : Francis Scott Fitzgerald ou la plénitude
du silence
Le résumé de Tendre est la nuit sur
alalettre.com

Robert Redford et Mia Farrow
dans Gatsby le Magnifique, le film de Jack Clayton (1974)
Résumé du Roman
Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit
les âmes, c'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides.
En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement riche.
Personnage mystérieux installé à Long Island dans une somptueuse propriété, milles
légendes courent sur son compte. Elles n'empêchent pas les gens chic, et moins chic, de
venir en troupes boire ses cocktails et danser sur ses pelouses.
Gatsby le Magnifique joue la carte de l'éblouissement et des folles dépenses comme un
appât pour ramener à lui Daisy, mariée à Tom Buchanam, un millionnaire qui, à la
différence de Gatsby, n'a pas gagné sa fortune, mais en a hérité.
Gatsby parviendra-t-il à reconquérir sa bien aimée ?
Nick Carraway, le cousin de Daisy, qui est un observateur lucide, nous raconte cette
histoire...

Affiche du Film : The Great Gatsby,
le film de Jack Clayton (1974)
Bernard
Franck, Antoine Blondin, Jean-François Revel, Michel Mohrt et Eric Neuhoff évoquent Gatsby
et Fitzgerald
Bernard Franck : Je vous recommande Fitzgerald . Avec lui, c'est la fête , et on n'a
pas honte de s'y trouver.
Je vous recommande Fitzgerald . avec lui, c'est la fête , et on n'a pas honte de s'y
trouver. Pour une fois, nous allons faire du ski nautique, de la pêche sous-marine sur
une côte d'azur presque vide. Pour une fois nous allons aimer le teint de notre peau.
Sous de gais parasols, à l'heure où le soleil est chaud , nous boirons du champagne
rosé et nous grignoterons du caviar. pour une fois nous allons bavarder avec de
ravissantes jeunes filles , riches, sottes, exquises pour tout dire ...
Lecteurs dépêchez vous de lire Gatsby le Magnifique , la grande maison de West
Egg avec ses vingt hectares de pelouse et de jardins, sa piscine de marbre, son lierre
vert cru, va bientôt se rallumer et être envahie par des gens impossibles. Profitez du
calme.
Bernard Franck
Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald,
Livre de Poche, Préface à l'édition de 1962
Robert Redford et Mia Farrow
dans Gatsby le Magnifique
Jean-François Revel : beauté des sensations, des
descriptions, des couleurs et des lumières, des robes et des rideaux ...
Gatsby, ce roman d'amour où l'on se sent jamais l'amour, mais
seulement l'argent qui le permet ou qui l'empêche, est fait d'un grand sujet qui s'appuie
sur une exécrable histoire : on frémit à l'idée de ce qu'aurait pu donner , entre des
mains grossières, cette affabulation mélodramatique , et même rocambolesque. Preuve que
d'une intrigue quelque peu artificielle , qui pourrait être un mauvais scénario, la
vérité pure peut émerger par l'effet de l'irréfutable qualité de chaque détail :
beauté des sensations, des descriptions, des couleurs et des lumières, des robes et des
rideaux, des bruits de voix , des impressions de froid, de chaleur, de jour, de nuit, des
passages de l'intérieur à l'extérieur des maisons et inversement. La liste des hauts et
des bas. Contours nocturnes de photo détourée, palpitations diurnes de stores qu'agite
le vent dans la fournaise caniculaire. Multitude nette des figurants autour du flou des
personnages centraux. Et à travers tout cela, une petite voix douce et persistante ,
celle de Gatsby avec ce tic, qui se veut oxfordien, d'appeler tout le monde "
old sport" : " you're selling bonds , aren't you, old sport?". Old
sport ! Cette expression factice , si peu américaine et si nécessaire au personnage de Gatsby,
- être un romancier, pour moi, c'est d'abord trouver ça.
Jean-François Revel
Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald,
Livre de Poche, Préface à l'édition de 1962
Cette histoire amère et dynamique nous est racontée par le jeune
Carraway , personnage sensible et lucide. A travers lui, Fitzgerald excelle à définir
les atmosphères, à cueillir les charmes éphémères, à capturer l'instant au lasso. A
travers lui aussi, les défaites de Gatsby, sont les siennes et c'est une victime plus
qu'un témoin qui constate au seuil de la trentaine, que tout est factice.
Antoine Blondin
Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald,
Livre de Poche, Préface à l'édition de 1962
Scott Fitzgerald est mort à l'âge où meurent ses personnages, et il
est de tous le plus attachant.
Michel Mohrt
Erix Neuhoff : " Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour
dire que c'est le plus beau roman du monde."
"Quand j'étais plus jeune , c'est à dire plus vulnérable,
mon père me donna un conseil que je ne cesse de retourner dans mon esprit."
Combien de fois ai-je relu avec le même battement de cur la première phrase de Gatsby
le Magnifique ? Combien de fois ai-je ouvert sans me lasser ce vieux livre de poche
acheté le 26 juin 1973 ( sur la page de garde, une écriture ronde au stylo-bille en fait
foi) ? Je ne sais plus au juste. C'est sûrement le livre que j'ai le plus souvent lu dans
ma vie. Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour dire que c'est le plus beau roman du
monde.
... L'astuce de Fitzgerald consiste à raconter cette histoire de
désastre avec la voix de Nick Carraway, 30 ans pile, diplômé de Yale, qui travaille
dans une banque à New-York. Daisy est vaguement sa cousine, ce qui ne l'empêche pas de
la juger. Cette dernière est un beau personnage de femme, une héroïne insaisissable et
cruelle. Sans s'en douter Fitzgerald a écrit un roman de chevalerie situé en 1922. Non,
on ne kidnappe pas comme ça la dame du château. Qu'est ce que vous croyez ? Que valent
les sentiments face à un solide carnet de chèques ? La réalité a le bruit rugueux des
dollars qu'on froisse...
... Gatsby est un livre snob, profond,
désenchanté. Il y a la jeunesse qui s'évanouit, des cocktails au nom qui laissent
rêveur, des escrocs en nud papillon, de la mélancolie chiffonnée comme un réveil
avec la gueule de bois , des formules qui sont autant de télégrammes : " la
personnalité est une suite ininterrompue de gestes réussis . 3 " J'ai 30 ans, j'ai
cinq ans de trop pour me mentir à moi-même en donnant à cela le nom d'honneur. Chez une
femme la malhonnêteté est une chose qu'on ne blâme jamais profondément. " Adieu,
Gatsby. On n'oubliera pas sa manie d'appeler tout le monde " vieux frère" , ni
sa faculté de s'imaginer qu'on peut faire revivre le passé. On relit toujours Fitzgerald
pour la première fois , comme on a à nouveau 15 ans quand on tombe amoureux.
Eric Neuhoff, Journal du Dimanche, Juillet 2000
Source bibliographique
Gatsby le Magnifique De F. Scott Fizgerald

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