Gatsby Le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald

Lien vers l’auteur


Robert Redford et Mia Farrow
dans Gatsby le Magnifique, le film de Jack Clayton (1974)

Résumé du Roman

Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes, c’est l’époque de la Prohibition et des fortunes rapides.

En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement riche. Personnage mystérieux installé à Long Island dans une somptueuse propriété, milles légendes courent sur son compte. Elles n’empêchent pas les gens chic, et moins chic, de venir en troupes boire ses cocktails et danser sur ses pelouses.

Gatsby le Magnifique joue la carte de l’éblouissement et des folles dépenses comme un appât pour ramener à lui Daisy, mariée à Tom Buchanam, un millionnaire qui, à la différence de Gatsby, n’a pas gagné sa fortune, mais en a hérité.

Gatsby parviendra-t-il à reconquérir sa bien aimée ?

Nick Carraway, le cousin de Daisy, qui est un observateur lucide, nous raconte cette histoire…


Affiche du Film : The Great Gatsby,
le film de Jack Clayton (1974)

Bernard Franck, Antoine Blondin, Jean-François Revel, Michel Mohrt et Eric Neuhoff évoquent Gatsby et Fitzgerald

Bernard Franck : Je vous recommande Fitzgerald . Avec lui, c’est la fête , et on n’a pas honte de s’y trouver.

« Je vous recommande Fitzgerald . avec lui, c’est la fête , et on n’a pas honte de s’y trouver. Pour une fois, nous allons faire du ski nautique, de la pêche sous-marine sur une côte d’azur presque vide. Pour une fois nous allons aimer le teint de notre peau. Sous de gais parasols, à l’heure où le soleil est chaud , nous boirons du champagne rosé et nous grignoterons du caviar. pour une fois nous allons bavarder avec de ravissantes jeunes filles , riches, sottes, exquises pour tout dire …
Lecteurs dépêchez vous de lire Gatsby le Magnifique , la grande maison de West Egg avec ses vingt hectares de pelouse et de jardins, sa piscine de marbre, son lierre vert cru, va bientôt se rallumer et être envahie par des gens impossibles. Profitez du calme.» Bernard Franck, Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald, Livre de Poche, Préface à l’édition de 1962


Robert Redford et Mia Farrow
dans Gatsby le Magnifique

Jean-François Revel : beauté des sensations, des descriptions, des couleurs et des lumières, des robes et des rideaux …

« Gatsby, ce roman d’amour où l’on se sent jamais l’amour, mais seulement l’argent qui le permet ou qui l’empêche, est fait d’un grand sujet qui s’appuie sur une exécrable histoire : on frémit à l’idée de ce qu’aurait pu donner , entre des mains grossières, cette affabulation mélodramatique , et même rocambolesque. Preuve que d’une intrigue quelque peu artificielle , qui pourrait être un mauvais scénario, la vérité pure peut émerger par l’effet de l’irréfutable qualité de chaque détail : beauté des sensations, des descriptions, des couleurs et des lumières, des robes et des rideaux, des bruits de voix , des impressions de froid, de chaleur, de jour, de nuit, des passages de l’intérieur à l’extérieur des maisons et inversement. La liste des hauts et des bas. Contours nocturnes de photo détourée, palpitations diurnes de stores qu’agite le vent dans la fournaise caniculaire. Multitude nette des figurants autour du flou des personnages centraux. Et à travers tout cela, une petite voix douce et persistante , celle de Gatsby avec ce tic, qui se veut oxfordien, d’appeler tout le monde  » old sport » : «  you’re selling bonds , aren’t you, old sport? ». Old sport ! Cette expression factice , si peu américaine et si nécessaire au personnage de Gatsby, – être un romancier, pour moi, c’est d’abord trouver ça. » Jean-François Revel, Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald, Livre de Poche, Préface à l’édition de 1962

« Cette histoire amère et dynamique nous est racontée par le jeune Carraway , personnage sensible et lucide. A travers lui, Fitzgerald excelle à définir les atmosphères, à cueillir les charmes éphémères, à capturer l’instant au lasso. A travers lui aussi, les défaites de Gatsby, sont les siennes et c’est une victime plus qu’un témoin qui constate au seuil de la trentaine, que tout est factice. » Antoine Blondin, Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald, Livre de Poche, Préface à l’édition de 1962

« Scott Fitzgerald est mort à l’âge où meurent ses personnages, et il est de tous le plus attachant. » Michel Mohrt

 Erix Neuhoff :  » Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour dire que c’est le plus beau roman du monde. »

« « Quand j’étais plus jeune , c’est à dire plus vulnérable, mon père me donna un conseil que je ne cesse de retourner dans mon esprit. » Combien de fois ai-je relu avec le même battement de cœur la première phrase de Gatsby le Magnifique ? Combien de fois ai-je ouvert sans me lasser ce vieux livre de poche acheté le 26 juin 1973 ( sur la page de garde, une écriture ronde au stylo-bille en fait foi) ? Je ne sais plus au juste. C’est sûrement le livre que j’ai le plus souvent lu dans ma vie. Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour dire que c’est le plus beau roman du monde.
… L’astuce de Fitzgerald consiste à raconter cette histoire de désastre avec la voix de Nick Carraway, 30 ans pile, diplômé de Yale, qui travaille dans une banque à New-York. Daisy est vaguement sa cousine, ce qui ne l’empêche pas de la juger. Cette dernière est un beau personnage de femme, une héroïne insaisissable et cruelle. Sans s’en douter Fitzgerald a écrit un roman de chevalerie situé en 1922. Non, on ne kidnappe pas comme ça la dame du château. Qu’est ce que vous croyez ? Que valent les sentiments face à un solide carnet de chèques ? La réalité a le bruit rugueux des dollars qu’on froisse…
… Gatsby est un livre snob, profond, désenchanté. Il y a la jeunesse qui s’évanouit, des cocktails au nom qui laissent rêveur, des escrocs en nœud papillon, de la mélancolie chiffonnée comme un réveil avec la gueule de bois , des formules qui sont autant de télégrammes :  » la personnalité est une suite ininterrompue de gestes réussis . 3  » J’ai 30 ans, j’ai cinq ans de trop pour me mentir à moi-même en donnant à cela le nom d’honneur. Chez une femme la malhonnêteté est une chose qu’on ne blâme jamais profondément.  » Adieu, Gatsby. On n’oubliera pas sa manie d’appeler tout le monde  » vieux frère » , ni sa faculté de s’imaginer qu’on peut faire revivre le passé. On relit toujours Fitzgerald pour la première fois , comme on a à nouveau 15 ans quand on tombe amoureux. » Eric Neuhoff, Journal du Dimanche, Juillet 2000

Source bibliographique

Gatsby le Magnifique De F. Scott Fizgerald