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Joachim du Bellay (1522-1560)

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"Du Bellay est le maître des images nocturnes dans la légèreté du ciel d'Anjou. Il paraît soudain écrasé par le monde, sa froideur et ses ruines; il nous dit comme Musset, ses illusions déçues et comme, Musset, toujours, il se réveille le fouet à la main. Du Bellay est noble : il passe le front penché et le visage baigné de larmes à l'ombre des forêts centenaires et, tout à coup il jette autour de lui des regards irrités. De tous les poètes du XVIème siècle, il est celui qui se tient le plus prêt du mystère et s'en va d'une allure souple et dédaigneuse, vers le lointain rivage où les mortels ordinaires ne pourront jamais aborder." Kléber Haedens Une Histoire de la Littérature française Grasset 1970

Joachim du Bellay est né au château de La Turmelière, en Anjou, en 1522. Il est originaire d'une famille de cardinaux, de diplomates et de gouverneurs. Orphelin de père et de mère avant qu'il n'ait 10 ans, il est confié à la tutelle de René, son frère aîné. Ce dernier le néglige. Si l'on en croit les propres affirmations de Joachim du Bellay, il a une enfance triste, solitaire à la Turmelière dans le manoir paternel. Il devient un adolescent fragile qui apprend à se recueillir dans la solitude des forêts et à rêver sur les bords de la Loire.

Comme l'évoque Kléber Haedens dans Une Histoire de la Littérature française, il est un jour d'été déterminant dans la vie de du Bellay, celui où, dans une auberge, sur les bords de la Loire, il rencontre Pierre de Ronsard. Celui-ci est fin, élégant, et parle avec aisance. Les deux jeunes hommes ont une vingtaine d'années. Ils ont des parents et amis communs. Après avoir rêvé l'un et l'autre à une carrière militaire, ils ont du renoncer tous deux pour cause de surdité précoce. Pierre de Ronsard écrit des vers et veut devenir un grand poète. Il explique à du Bellay, qu'il rentre à Paris, au collège de Coqueret, où il étudie les auteurs anciens. Joachim avoue qu'il compose des poèmes, lui aussi. Ronsard convainc du Bellay de venir avec lui. Au collège de Coqueret, ils auront Jean Dorat, un brillant helléniste comme professeur. Ronsard et du Bellay forment alors un groupe d'amis, qui prendra en 1549 le nom de Brigade avant d'adopter en 1553 celui de la Pléiade. Ce groupe souhaite définir de nouvelles règles poétiques. Ils décident de publier un manifeste que du Bellay sera chargé d'écrire : La Défense et Illustration de la langue française. Ce livre, animé d'un souffle énergique mais un peu hautain, se veut l'acte de fondation de la poésie française. Aventure courageuse, qu'il mèneront avec intelligence, talent, et aussi ironie.

Puis du Bellay publie un recueil d'une cinquantaine de sonnets, l'Olive. Ces sonnets "à la manière" de Petrarque, connaissent un grand succès.

Malgré des problèmes de santé, du Bellay accompagne son oncle le cardinal Jean du Bellay à Rome pour une mission diplomatique. Cet exil de quatre ans commencera dans l'enthousiasme. Mais Rome qu'il avait tant magnifié dans ses rêves, le décevra. De retour à Paris, en 1558, il publie Les Regrets, un recueil de 191 sonnets (dont le célèbre : "Heureux qui comme Ulysse"), en alexandrins. Sa santé se détériore. Sourd et malade, il meurt le 1er janvier 1560 à 37 ans.


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