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Résumé de l'Etranger
Albert Camus évoque l'Etranger
Maurice Blanchot, Jean-Claude Brisville, Jean
Grenier évoquent Albert Camus
Quelques citations de l'Etranger
Résumé
de La Peste sur alalettre
Résumé
de La Chute sur alalettre
The
Stranger
by
Albert
Camus (english version)
Résumé de l'Etranger
Première partie
Meursault, le narrateur, est un jeune et modeste employé de bureau
habitant Alger. Le récit commence le jour de la mort de sa mère. Au petit matin, il
reçoit un télégramme de l'asile de vieillards de Marengo, situé à quatre-vingt
kilomètres d'Alger lui annonçant son décès. Elle y séjournait depuis trois ans.
Meursault demande et obtient un congé de quarante huit heures et va déjeuner chez
Céleste, un restaurant où il a l'habitude d'aller.
Vers deux heures de l'après-midi, il prend l'autobus. Il fait chaud, Meursault dort
pendant presque tout le voyage. L'asile étant à deux kilomètres du village, Meursault
termine le trajet à pied. Après les formalités, il a une entrevue avec le directeur de
l'asile, qu'il écoute d'une oreille distraite. Ce dernier lui indique que sa mère
n'était pas malheureuse à l'asile. Il lui annonce également que l'enterrement religieux
est fixé au lendemain matin.
Puis Meursault se rend dans une salle blanchie à la chaux où se trouve entreposé le
corps de sa mère mais il refuse de voir le corps . Il a une conversation avec le
concierge. Cet homme bavard lui raconte sa vie et lui propose de dîner au réfectoire.
Meursault, décline l'invitation. Le concierge lui offre alors un café au lait que
Meursault accepte.
Puis a lieu la veillée, interminable : les amis de sa mère, tous semblables, y
assistent. Ils s'installent autour du cercueil et laissent échapper des bruits bizarres
de leurs bouches édentées. Une vieille femme pleure sans cesse. Meursault a la
désagréable impression que ces vieillards sont là pour le juger.
Le jour se lève. Meursault admire la beauté de ce nouveau matin. Après une toilette
rapide et un nouveau café au lait que lui a préparé le concierge, le narrateur se rend
chez le directeur où il accomplit de nouvelles formalités administratives. Puis le
cortège funèbre se rend vers l'église du village, située à trois quarts d'heure de
marche. Un vieillard suit péniblement le cortège, il s'agit de Thomas Pérez, un
compagnon d'asile de la mère de Meursault. les voisins se moquaient d'eux en les appelant
"les fiancés". La chaleur est insoutenable. L'enterrement défile comme un
songe dans l'esprit de Meursault : l'église, le cimetière, l'évanouissement du vieux
Pérez, l'attente, puis la joie quand l'autobus le ramène enfin à Alger.
Meursault a enterré sa mère sans larmes et n'a pas voulu simuler un chagrin quil
néprouvait pas.
A son réveil , le samedi, Meursault essaye de comprendre le mécontentement de son
patron : deux jours de congé pour l'enterrement de sa mère , puis les deux jours de
week-end, cela fait quatre jours d'absence. Désuvré, Il décide d'aller se baigner
au port. Il y rencontre par hasard Marie Cardona, une ancienne dactylo de son bureau dont
il avait "eu envie à l'époque". Ils nagent, s'amusent dans l'eau. Leurs corps
s'effleurent. Puis ils s'endorment ensemble sur une bouée, Meursault posant sa tête sur
le ventre de Marie. Quand ils se rhabillent, Marie découvre , en voyant sa cravate noire,
que Meursault est en deuil. Elle montre sa surprise lorsqu'elle apprend qu'il a perdu sa
mère la veille. Le soir, ils vont au cinéma voir un film de Fernandel. Pendant la
séance il lui caresse les seins et l'embrasse. Ils passent la nuit ensemble. Le dimanche
matin elle part avant son réveil. Meursault reste au lit toute la matinée à fumer des
cigarettes. Le midi il fait cuire des ufs et les mange à même le plat.
Désuvré, il passe tout laprès-midi à son balcon, et observe les allées et
venues des gens de son quartier. Le soir, "j'ai pensé que c'était toujours un
dimanche de tiré, que maman était maintenant enterrée, que j'allais reprendre mon
travail et que, somme toute, il n'y avait rien de changé".
Le lundi, Meursault retourne au bureau. Après une matinée banale, il
déjeune comme d'habitude chez Céleste avec son collègue Emmanuel. Puis sieste chez lui,
et retour au bureau en tram, où il travaille "tout l'après-midi"; le soir, le
plaisir simple de rentrer chez lui en marchant le long des quais.
Dans l'escalier de son immeuble, Meursault rencontre le vieux Salamano, son voisin de
palier, accompagné de son chien, un épagneul couvert de croûtes, qui ne le quitte pas,
et qu'il injurie ; cela fait huit ans que Meursault assiste quotidiennement à cette
scène immuable. Puis dès qu'il a quitté Salamano, son autre voisin de palier, Raymond
Sintès, l'invite à venir "manger un morceau" avec lui ; soupçonné d'être un
souteneur, ce voisin a mauvaise réputation. il porte ce soir-là un pansement à la main
: il s'est fait blesser au cours d'une rixe dont il fait le récit . Raymond Sintès se
confie à Meursault : l'homme avec qui il s'est battu est le frère d'une femme qu'il
"entretient ", et qu'il veut punir parce qu'il s'est aperçu " qu'il y
avait de la "tromperie". il veut lui écrire une lettre, pour la faire revenir,
et ensuite l'humilier. Il demande à Meursault de rédiger cette lettre et ainsi l'aider
à réaliser sa vengeance . Meursault l'écrit. Raymond est satisfait et reconnaissant :
"Maintenant, tu es un vrai copain".
La semaine s'achève. Meursault a bien travaillé. C'est samedi, il
retrouve Marie. Ils prennent le bus pour aller à la plage située à quelques kilomètres
d'Alger. Le soleil ; l'eau, le goût du sel, et les jeux amoureux dans les vagues : "
Sa langue rafraîchissait mes lèvres et nous nous sommes roulés dans les vagues pendant
un moment." Tous deux reviennent chez Meursault : "J'avais laissé ma fenêtre
ouverte et c'était bon de sentir la nuit d'été couler sur nos corps bruns".
Le dimanche matin, Marie est restée. Elle souhaite savoir si Meursault
l'aime ? Il lui " a répondu que cela ne voulait rien dire, mais qu'il (lui) semblait
que non." Marie a eu l'air triste, puis la bonne humeur est revenue. C'est à ce
moment-là, qu'ils entendent les bruits d'une dispute chez Raymond ; celui-ci frappe une
femme en l'injuriant. Meursault et marie sortent sur le palier. L'arrivée d'un agent met
fin à la dispute. La fille accuse Raymond d'être un souteneur, ce qui lui vaut d'être
convoqué au commissariat.
Après le départ de Marie, vers 13 heures, Meursault dort une peu.
Puis Raymond vient le voir. Il est heureux de sa vengeance et lui demande de venir
témoigner. Meursault accepte. Ils sortent ensemble l'après-midi. Meursault trouve que
"c'est un bon moment". À leur retour, ils trouvent Salamano sans son chien. Le
vieil homme est complètement désemparé et leur explique comment celui-ci s'est sauvé.
Les deux hommes le rassurent et lui indiquent que le chien a pu s'égarer, mais qu'il
allait revenir.
Le soir, Salamano vient rendre visite à Meursault,. "Puis il m'a dit :
"Bonsoir". Il a formé sa porte et je l'ai entendu aller et venir. Son lit a
craqué. Et au bizarre petit bruit qui a traversé la cloison, j'ai compris qu'il
pleurait. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à maman".
Meursault est au bureau et Raymond l'appelle pour les inviter lui et
Marie à passer le dimanche suivant chez un ami, dans un cabanon au bord de mer, près
d'Alger. Raymond lui indique aussi que toute la journée un groupe d'Arabes l'a suivi,
parmi lesquels se trouvait le frère de son ancienne maîtresse.
Peu après le patron de Meursault le convoque. Il propose de l'envoyer
à Paris où il envisage de créer une agence. Meursault montre peu d'enthousiasme et son
patron lui reproche son indifférence et son manque d'ambition.
Le soir Marie vient chercher Meursault et lui demande s'il veut se
marier avec elle. Meursault lui explique que cela n'a aucune importance et que si elle
désire ils peuvent très bien se marier. Puis les deux amants se séparent car Marie
" avait à faire".
Dîner chez Céleste, à la même table qu'une petite femme affairée qui a un
comportement d'automate. De retour chez lui, sur le pas de la porte, Meursault retrouve
Salamano, qui lui annonce que son chien est définitivement perdu. Ils évoquent le chien,
puis Salamano parle de sa jeunesse, de son ambition d'alors, de sa femme et de chien qu'il
avait acquis à la mort de celle-ci. Puis il évoque la mère de Meursault : dans le
quartier, on l'a mal jugé quand il l'a mise à l'asile, mais lui, Salamano, connaissait
bien Meursault et il savait qu'il aimait beaucoup sa mère. Pour la première fois depuis
qu'ils se connaissaient, les deux hommes échangent une poignée de main.
Le dimanche. Marie appelle Meursault et le réveille. Ils frappent
ensuite à la porte de Raymond. La veille, Meursault a témoigné au commissariat que la
fille avait "manqué" à Raymond. Marie est heureuse de passer la journée au
bord de la mer avec Meursault. Au moment où ils vont prendre l'autobus, Raymond aperçoit
sur le trottoir d'en face un groupe d'Arabes ( dont le "type" de Raymond) qui
les regardent . Ils prennent l'autobus pour se rendre chez l'ami de Raymond, Masson, un
grand gaillard sympathique. C'est en plaisantant qu'ils arrivent au cabanon de Masson,
situé à l'extrémité de la plage. Il attend ses invités en compagnie de sa femme, une
"petite femme ronde à l'accent parisien". Masson , Meursault et Marie partent
se baigner. Meursault et Marie nagent ensemble ( " nous nous sentions d'accord dans
nos gestes et dans notre consentement") puis s'allongent au soleil. Le déjeuner est
arrosé, il est encore tôt et l'éclat du soleil sur la mer est insoutenable. Pendant que
Marie aide Mme Masson à faire la vaisselle, Meursault, Raymond et Masson vont se promener
sur la plage. Tout au bout, ils aperçoivent soudain deux Arabes. "C'est lui",
dit Raymond reconnaissant son adversaire. Raymond frappe " son type" et Masson
s'occupe de l'autre. Meursault ne prend pas part à la bagarre. L'un des Arabes a tiré un
couteau, Raymond est blessé, sans gravité. Il part se faire soigner chez un médecin .
Meursault, lui , reste avec les femmes. A son retour, vers une heure et demie, Raymond
retourne sur la plage, Meursault l'accompagne. Les deux Arabes sont encore là, allongés
près d'une source. Raymond provoque son adversaire mais Meursault , par précaution,
l'oblige à lui remettre son revolver. Les deux Arabes se retirent tranquillement. La
chaleur est insoutenable. A peine de retour au cabanon, Meursault éprouve le besoin de
revenir se promener sur la plage, et il se dirige vers le coin ombragé de la source pour
y trouver un peu de fraîcheur. Le "type" de Raymond est revenu. Du fait du
soleil écrasant, Meursault va vivre la suite des événements dans une espèce de
semi-conscience ; il serre le revolver de Raymond dans sa poche, envisage de faire
demi-tour, mais sent la plage "vibrante de soleil" qui se presse derrière lui ;
l'Arabe tire son couteau, la lumière gicle sur l'acier ; les yeux aveuglés de sueur, la
main de Meursault se crispe sur le revolver, le coup part. "C'est là, dans le bruit
à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil.
J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une
plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte
où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs
que je frappais sur la porte du malheur".
Deuxième partie
Meursault est arrêté et subit plusieurs interrogatoires au
commissariat, puis chez le juge d'instruction. Trouvant son affaire " très
simple" Meursault ne juge pas utile de prendre un avocat. On lui en désigne un
d'office. Il questionne Meursault sur sa mère et les sentiments qu'il avait pour elle.
Les propos à la fois sincères et naïfs de Meursault gênent son avocat. Nouvel
interrogatoire chez le juge. Il lui demande lui aussi s'il aimait sa mère. Il
souhaiterait également comprendre pourquoi il a attendu entre le premier et les quatre
autres coups de feu. Meursault ne manifeste aucun regret, et reste muet. Le juge, lui, est
fébrile. Il invoque Dieu et le Christ et brandit un crucifix. . L'instruction, va durer
onze mois. Maintenant que l'avocat y assiste , Meursault a l'impression d'en être un peu
exclus " Le juge discutait des charges avec mon avocat. Mais en vérité, ils ne
s'occupaient jamais de moi en ces moments-là".
Le jour de son arrestation, Meursault se retrouve enfermé avec
d'autres prisonniers. Puis très vite, il se retrouve seul dans une cellule. De sa
fenêtre, il peut voir la mer. Visite de Marie au parloir. Le bruit des autres
conversations de prisonniers couvre les paroles de Marie. Meursault a du mal à se
concentrer . Il ne lui répond que par des monosyllabes. Pourtant , il aimerait tant la
prendre dans ses bras.
Puis Marie lui envoie une lettre, ce sera l'unique. Meursault souffre
au début de cette privation de liberté . La mer lui manque, il a envie de cigarettes, il
a des désirs de femme. Puis il s'habitue peu à peu aux privations et ne se trouve
"pas trop malheureux". Pour tuer le temps dans sa cellule : il dort, il lit, il
songe à ses souvenirs, et lit et relit un fait divers trouvé par hasard sur un vieux
morceau de journal sous son matelas. Un soir il se regarde dans le miroir de sa gamelle :
" Il m'a semblé que mon image restait sérieuse, alors même que j'essayais de lui
sourire."
Le procès aux assises a lieu en juin. "Les débats se sont
ouverts avec, au dehors, tout le plein de soleil." .Le matin, Meursault se confie à
un gendarme et lui avoue l'intérêt qu'il éprouve à assister à un procès. Il n'a
jamais eu l'occasion d'y participer. La salle du tribunal est bondée. On se presse pour
le voir. Meursault découvre l'assistance depuis son box d'accusé . il y a les jurés
alignés comme sur une banquette de tramway, les journalistes, la cour, les témoins. Les
rires, la fébrilité qui règne dans cette salle, et les conversations semblent l'exclure
: il se sent de trop.
Entrée de la cour. La séance débute par des questions
administratives, puis c'est l'énoncé des faits. Le président interroge Meursault sur sa
mère, sur le meurtre de l'Arabe. Les témoins défilent les uns après les autres : le
directeur de l'asile, le concierge, Thomas Perez. Le tribunal apprend que Meursault n'a
pas pleuré à l'enterrement de sa mère, qu'il a refusé de la voir une dernière fois,
et qu'il a fumé dans la morgue. La salle est déconcertée, le procureur, lui, savoure sa
victoire. Céleste, vient à la barre et peut juste confier que ce qui arrive à Meursault
est un "malheur" ; il ne peut en dire plus. Harcelée par le procureur, Marie
avoue que sa "liaison irrégulière" avec Meursault date du lendemain de
l'enterrement, et qu'ils sont allés le soir même de leur rencontre voir un film de
Fernandel. Puis elle craque, parce " qu'on la forçait à dire le contraire de ce
qu'elle pensait." Le procureur en conclut "que le lendemain de la mort de sa
mère, cet homme prenait des bains, commençait une liaison irrégulière et allait rire
devant un film comique." Le tribunal accorde ensuite peu d'attention aux témoignages
de Masson et de Salamano . Puis l'avocat général révèle à la cour que Raymond est un
"souteneur" ; Meursault a écrit la lettre qui est à l'origine du drame, il a
fourni un témoignage de complaisance en faveur de Raymond : ces deux hommes sont
complices, et le crime de Meursault est évidemment un crime crapuleux. Les derniers
propos du procureur sont accablants : "J'accuse cet homme d'avoir enterré sa mère
avec un cur de criminel". L'avocat proteste. A la réaction de son avocat,
Meursault comprend que le procès tourne mal. Puis l'audience est levée, Meursault
regagne sa cellule.
Meursault se sent exclu de ce procès, aussi bien des plaidoiries de
son avocat que celles du procureur. Il assiste au procès comme s'il y était étranger.
On parle de lui, mais sans jamais lui demander son avis. Quelques points cependant
éveillent son intérêt. Ainsi le procureur qui l'accuse d'avoir prémédité son crime.
:l'indifférence qu'il a manifesté à la mort de sa mère prouve son
"insensibilité" . Le procureur va même jusqu'à assimiler son crime à celui
du parricide qui sera jugé le lendemain : Meursault est un monstre, qui n'a "rien à
faire avec une société" dont il méconnaît "les règles les plus
essentielles". Emporté par sa démonstration, le procureur réclame la tête de
l'accusé. Le président demande ensuite à Meursault s'il souhaite apporter un
commentaire. Pour la première fois, l'accusé demande la parole. Il indique qu'il n'avait
pas l'intention de tuer l'arabe et que ce crime a eu lieu à cause du soleil. Il prend
conscience du ridicule de la situation : la salle éclate de rire.
L'avocat plaide les circonstances atténuantes. Il vante les qualités
morales de Meursault. Mais celui-ci est ailleurs, il ne l'écoute plus ; sa vie lui
revient en mémoire. Il éprouve une grande lassitude. Puis on s'empresse autour de son
avocat pour le féliciter. Pendant les délibérations ce dernier se montre confiant, il
croit en un verdict favorable. Une longue attente, un brouhaha, le silence de la salle,
enfin le président fait lecture de la condamnation : Meursault aura "la tête
tranchée sur une place publique au nom du peuple français".
Meursault refuse pour la troisième fois de voir l'aumônier. Il pense
au "mécanisme implacable" qui le conduira à la mort, à ses chances de s'y
soustraire. Apprendre qu'une seule fois, la roue s'est arrêtée, que le condamné à mort
est parvenu à s'échapper, lui suffirait : " mon cur aurait fait le
reste". Il se souvient de son père qui avait assisté à une exécution capitale.
Lui s'il était libre, il irait assister à toutes. Il pense à tous éléments de la mise
en scène : la guillotine, l'aube ... Meursault sait que c'est à l'aube que les bourreaux
viendront le chercher. Lorsque le matin arrive, il sait qu'il a gagné un jour de sursis
supplémentaire. Il lui arrive même de songer à l'éventualité d'une grâce. Cette
pensée le remplit d'une joie insensée.
Meursault pense à Marie, qui a cessé de lui écrire, quand
l'aumônier pénètre dans sa cellule. La conversation s'engage entre les deux hommes. Les
paroles de douceur et despoir de l'aumônier mettent Meursault hors de lui.
L'aumônier insiste pour que Meursault se repente, mais le condamné à mort lui répond
qu'il ne sait même pas ce qu'est le péché. En le quittant l'aumônier indique à
Meursault son intention de prier pour lui. Meursault se précipite sur laumônier,
le saisit au collet et linsulte. Après son départ, Meursault retrouve le calme et
se laisse transporter par la nuit estivale : "Devant cette nuit chargée de signes et
détoiles, je mouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du
monde. De léprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, jai senti que
javais été heureux, et que je létais encore. Pour que tout soit consommé,
pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter quil y ait beaucoup de
spectateurs le jour de mon exécution et quils maccueillent avec des cris de
haine".
Source bibliographique
Pierre-Louis Rey, l'Etranger (Hatier)
Pierre Sauvage, l'Etranger (Nathan)
Kléber Haedens Une Histoire de la Littérature française, Grasset 1970

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