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Karen Blixen (1885-1962)

Karen Blixen en 1918

« J'avais une ferme en Afrique, au pied de la montagne du Ngong. » Karen Blixen, Une Ferme africaine

Elle naquit Dinensen le 17 avril 1885 et fut baptisée Karen Christentze. Sa famille l’appelait " Tanne ".

A la fin de 1904 (Karen a 19 ans), elle commence à travailler sur une série de contes sous le titre Histoires Vraisemblables, de style gothique, pleines de spectres, de visions et de cas de possession. Il furent publiés en 1908 sous le nom d’Osceola. Tanne allait publier deux autres contes sous ce pseudonyme.

Une fois que Tanne eut quitté l’Académie royale, elle devint une familière du " beau monde " aristocratique où elle connut les jumeaux Hans et Bror Blixen-Finecke. Tanne tomba follement amoureuse de Hans. Il ne répondit pas à sa passion. Tanne continua d’aimer Hans Blixen malgré son indifférence, du moins jusqu’à ce qu’elle épouse son frère. Bror Blixen était un épicurien zélé et courtois qui n’avait pas de plus noble but dans l’existence que se distraire.

Lorsque l’oncle de Bror, le conte Mogens Frijs, revint au Danemark d’un safari en Afrique-Orientale anglaise il leur parla de la beauté du pays et de ses fantastiques possibilités économiques. Dans cette aventure – leur mariage et leur départ pour l’inconnu – Bror et Karen devinrent des associés Un lien de dépendance et de prévenance s’établit. Il y eut certainement un autre échange important : le titre de Bror et ses relations avec la plus haute noblesse, y compris la famille royale de Suède, et la possibilité qu’avait Tanne d’accéder à la fortune de sa propre famille qui allait garantir leur ferme.

L’attirance de Karen Blixen pour les Africains avait été immédiate et sensuelle. " Ils entrèrent dans mon existence, écrivait-elle à la fin de sa vie, comme une sorte de réponse à quelque appel de ma nature profonde, peut-être à mes rêves d’enfance, où à la poésie que j’avais lue et adorée longtemps auparavant, ou aux émotions et aux instincts qui gisaient au plus profond de moi ". Elle sentait qu’elle partageait avec eux une sorte de " pacte ".

Lorsque Tanne tomba malade, le médecin lui déclara qu'elle était atteinte d'une syphilis " aussi grave que celle d’un soldat ", et lui prescrivit le seul remède qu’il avait sous la main : des pilules de mercure.

La syphilis, à l’état presque endémique chez les Masaïs, était la cause de la stérilité presque généralisée des femmes masaïs. Un compagnon de guerre du baron Blixen se souvient que " c’était un scandale pour tout le monde que Blixen ne cachât pas qu’il avait des relations avec une Noire ". Il semble possible que ces relations aient été la source de l’infection de Karen.

Karen Blixen semblait considérer sa maladie comme une occasion parfaite d’élévation spirituelle. Plus tard dans sa vie, elle la considéra rétrospectivement comme le prix qu’elle a dû payer pour acquérir non seulement son titre de baronne, mais aussi son art. Elle devait en fait prétendre qu’elle avait promis son âme au Diable, afin que toute son expérience vécue pût être utilisée dans ses contes.

Même après le diagnostic elle voulut rester mariée à Bror. Des années après ils donnaient encore l’impression d’un couple que lie une profonde et solide affection. Tanne acceptait les liaisons de Bror, et en échange, celui-ci considérait avec le sourire ses amitiés avec Erik Otter et Denys Finch Hatton. En fin de compte, c’est lui qui fut à l’origine de leur divorce.

Au début des années vingt, Denys abandonna ses autres logements et transporta ses affaires à la maison de Karen Blixen à Ngong. C’est là qu’il devait séjourner entre les safaris, durant une semaine ou deux entre des absences qui duraient plusieurs mois

Un jour Denys partit sur son avion, et devait revenir par Voï pour voir s’il y trouverait des éléphants pour l’organisation de ses safaris. Le lendemain on annonça à Tanne qu’un accident était arrivé à Voï, que Denys était tombé avec son avion et s’était tué.

Bientôt les récoltes ne couvrirent plus les frais et elle fut obligée de vendre la ferme. Avec la mort tragique de Denys tout espoir de bonheur l’avait quittée. La ruine de Karen Blixen était en fait totale. Elle avait toujours la syphilis. Désormais le mal était impossible à traiter ou à arrêter, même avec les remèdes les plus modernes. Vers la fin du mois de juillet elle embarqua pour le Danemark. Elle ne reverrait jamais plus l’Afrique.

Le récit de ses souvenirs en Afrique devint " La ferme africaine ", célèbre roman qui a été adapté au cinéma par Sydney Pollack sous le titre de " Out of Africa ".

Lorsque le prix de littérature fut décerné à Ernest Hemingway, celui-ci accepta cette distinction mais il déclara que cet honneur aurait dû revenir à trois autres écrivains. L’un d’eux était la " merveilleuse Isak Dinesen ".

Karen Blixen a également écrit : " Contes d’hiver ", " Le dîner de Babette ", " Les fils du roi ", " Nouveaux contes d’hiver ".

Rosanna Delpiano

Ce texte a été fourni par Rosanna Delpiano qui a rédigé une notice biographique de  Karen Blixen et une étude sur La ferme Africaine (résumé et analyse de ce roman)   sur le site de l'ONPA (Office Niçois des personnes âgées)


Références bibliographiques :

Karen Blixen, La ferme africaine, Folio, Editions Gallimard
Judith Thurman, Karen Blixen, Biographie, Editions Seghers
Résumé et analyse de la ferme Africaine


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