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Rastignac ou les Ambitieux

Eugène
de Rastignac, personnage balzacien
La
biographie de Balzac
Le
Père Goriot d'Honoré de Balzac
L'Ascension
de Rastignac dans la Comédie Humaine par Jean-Claude Cau
Rastignac
ou les ambitieux, une version décoiffante de l'oeuvre de Balzac
Un scénario à 4 mains : Interviews d'Eve de Castro et de Natalie
Carter
Les
4 épisodes de Rastignac ou les ambitieux
"Le cul,
le pognon, le pouvoir", l'article du Journal Le Monde sur Rastignac ou les Ambitieux
Eugène de Rastignac,
personnage balzacien
Eugène de Rastignac, héros
balzacien s'il en est, figure dans le Père Goriot, Les Illusions perdues, Etude de
femme, La Peau de chagrin, La Maison Nuncigen...
Eugène de Rastignac fait son apparition dans le Père Goriot.
C'est un étudiant plutôt sympathique, fils de bonne famille, digne dans sa pauvreté ,
intelligent, idéaliste. Le jeune homme est hébergé dans la pension Vauquer. Il est le
seul, dans cet établissement à tenir tête à Vautrin, un personnage aux allures de
bourgeois rangé qui cache un bien mystérieux passé . Le jeune provincial a pourtant un
handicap : il est dominé économiquement par Vautrin. Faiblesse qu'il espère passagère,
car Rastignac est ambitieux et il souhaite "arriver".
Il est d'ailleurs un paragraphe que des milliers d'adolescents ont lu
et relu, c'est l'un des derniers du Père Goriot : Le Père Goriot, ancien
négociant, qui avait deux filles, et qui s'était retiré à la pension Vauquer, vient de
mourir. Ces dernières, qu'il aimait passionnément, il est parvenu à les marier
richement. Pourtant , lorsqu'elles apprendront sa mort , les filles du Père Goriot
feront preuve à son égard d'une indifférence glaciale. Eugène de Rastignac, lui, qui a
veillé le vieil homme, son voisin, dans son agonie, assiste à l'enterrement, plein de
tristesse : " Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il
regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée
par les saintes émotions d'un coeur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles
tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages,
et le voyant ainsi, Christophe le quitta.
Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et
vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine, où commençaient à
briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la
place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il
avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnant un regard qui semblait
par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses : - A nous deux maintenant !
Et pour premier acte du défi qu'il portait
à la Société, Rastignac alla dîner chez Mme de Nucingen."
Puis, dans un autre roman de la Comédie Humaine, Eugène de Rastignac
aura une liaison avec Delphine de Nuncingen, une femme mariée de sept ans son aînée.
Leur aventure se poursuivra , au travers de nombreux romans de la Comédie Humaine,
jusqu'au jour où pour le garder, elle lui fera épouser sa fille ( Le Député d'Arcis) .

Flannan Obé, Jocelyn Quivrin
et Alika Del Sol qui, dans la série de France 2 incarnent respectivement Lucien de
Rubempré, Eugène de Rastignac et Elsa.
Rastignac ou les
ambitieux
France 2 a réalisé Rastignac, (quatre épisodes d'une heure trente) , une
version décoiffante de l'oeuvre de Balzac.
Pour mettre au goût du jour Balzac, Images et Compagnie a fait appel à Eve de Castro et Natalie Carter : "Dans le
langage courant, Rastignac incarne le prototype de l'ambitieux, il allait donc définir
l'ambition dans le monde d'aujourd'hui." déclare Eve de Castro.
Eugène de Rastignac veut profiter de la vie et na que faire de se plier aux
règles du jeu social. Lucien de Rubempré, idéaliste, veut servir lEtat et les
valeurs auxquelles il croit. Ce duo est complété par Elsa, jeune avocate habitée par la
justice. Eugène et Lucien en sont amoureux. Elle les aimera tous les deux. Rastignac
ou les ambitieux :destins croisés de trois amis, aventure moderne dune
certaine réussite.
Pour interpréter ce scénario, Alain Tasma, le réalisateur, s'est entouré de
comédiens expérimentés (Zabou Breitman, Jean-Pierre Cassel, Michel Aumont ou encore
Sophie Broustal) et a donné leur chance à trois jeunes acteurs pour incarner les rôles
principaux : Jocelyn Quivrin, Flannan Obé et Alika Del Sol.
Ces trois acteurs font preuve d'une belle complicité à l'écran : "Il y a eu
tout de suite une connivence entre Jocelyn, Flannan et moi. Nous avons eu un fou rire et
tout s'est enchaîné naturellement. De toute façons, il y a des similitudes entre notre
façon d'être dans le film et dans la vie" déclare Alika Del Sol.
Alika Del Sol laisse le mot de la fin à Jocelyn Quivrin : "J'adore Rastignac.
C'est génial d'interpréter un personnage comme ça. Tu rencontres plein de jolies
filles, tu roules dans une grosse bagnole, tu as des super fringues, tu es logé à
l'hôtel. Pendant quatre mois et demi, tu planes à cent mille. C'est chanmé !"

Eugène de Rastignac et la sulfureuse Margaux
Episode 1
Eugène de Rastignac, Lucien de Rubempré et Elsa Romieux : un trio de rêve. Ils sont
jeunes, beaux, lavenir leur appartient. Mais la vie transforme jour après jour les
espoirs en illusions perdues
Blessé de navoir su imposer Elsa comme sa
fiancée à son terrible père, Eugène laisse libre cours à son ambition : il se sert de
la sulfureuse Margaux pour devenir le plus provocateur des animateurs de radio. Et ça
marche
Lucien de Rubempré qui croit avoir choisi la voie royale de la haute fonction
publique, ne sait pas encore quil a été repéré par le machiavélique
Vautrin
Elsa, par dépit, se console dans les bras du tendre et idéaliste
Rubempré. La voilà enceinte
Duquel de ses deux amants
Episode 2
Pour tenter doublier Elsa, Eugène de Rastignac accumule les conquêtes. Ça
marche de mieux en mieux pour lui dans lunivers de la radio. Définitivement
blessée, Elsa quitte Paris ; elle se lance à corps perdu dans son métier davocate
et décide délever seule sa petite Marine. Lucien de Rubempré entre au cabinet de
Diane Langeais, ministre de lenvironnement et devient son amant. La rumeur se
répand bientôt quen Bretagne, de leau serait contaminée par du plomb.
Lucien de Rubempré se rend-il compte que Vautrin le tient et va le mouiller jusquau
cou?
Episode 3
Grâce à largent donné par létrange
Lawrence, Eugène de Rastignac décide de lancer sa propre émission. Il devient le roi du
Tout Paris branché qui se bouscule pour assister à ses fêtes et à son show
mémorable
Elsa, toujours idéaliste, met sa vie et celle de sa petite fille en
danger en publiant un livre qui dénonce les magouilles politiques. Ne reculant devant
rien, elle part en Bretagne enquêter sur laffaire de leau polluée. De son
côté, Lucien de Rubempré, candidat aux élections législatives, est de plus en plus
compromis dans le scandale de leau contaminée au plomb. Il se refuse à
lévidence et reste sourd à tous les conseils de ses amis.
Episode 4
Voici venu le temps des règlements de comptes
Lucien de Rubempré tente de fuir l'emprise étouffante de Diane Langeais avec Macha, que
Vautrin lui a présentée... Elsa a compris que rien ne peut sauver Lucien. Eugène de
Rastignac, au faîte de la gloire, refuse dintervenir. Le trio nexiste plus.
Impliqué dans un procès dû à une vieille histoire, Rastignac est prêt à tout laisser
tomber. Elsa le défend.
Un scénario à 4 mains :
Interviews d'Eve de Castro et de Natalie Carter
Eve de Castro est écrivain et scénariste.
Natalie Carter est scénariste et écrit des dialogues pour la télévision et le cinéma.
Quelle est la genèse de Rastignac ?
Eve de Castro : Dans le langage courant, Rastignac incarne le prototype de
l'ambitieux, il fallait donc définir l'ambition dans le monde d'aujourd'hui. Or, celle-ci
m'a semblée plus multiforme qu'elle ne l'était au XIX e siècle où elle passait soit
par la finance soit par la politique -chez Balzac, ce sont les seules voies où elle se
réalise de manière positive. En outre, dans La Comédie humaine, les femmes sont les
" ascenseurs " de l'ambition; on grimpe dans le monde politique, financier, par
le truchement de maîtresses qui élèvent leurs amants dans les strates du pouvoir. C'est
beaucoup moins vrai à l'heure actuelle, les femmes étant trop occupées à s'ouvrir
leurs propres portes pour se soucier de le faire pour d'autres.
Avez-vous pensé, dès le départ, au trio d'amis et d'ambitieux que sont Rastignac,
Elsa et Rubempré ?
Eve de Castro : C'était le présupposé de départ : chacun incarnant une forme
d'ambition, chacun ayant des revanches à prendre. Parce que s'il n'y a pas au départ une
blessure que l'on s'acharne soit à exploiter, soit à cacher, il y a moins de raison
d'aller de l'avant. Dans mon esprit, notre Rastignac ne devait être intéressé ni par le
pouvoir, ni par l'argent, mais par une forme de jouissance. Il vit dans l'instant, sur le
devant de la scène, mais il n'a ni plan d'avenir, ni politique de l'ambition.
Natalie Carter : Cette quête - presque suicidaire - de la jouissance, lui apporte
peu de vrai plaisir et aucun bonheur. Ce n'est pas ce qu'il recherche, d'ailleurs.
Rastignac n'est pas un jeune homme heureux. Au fond, c'est un personnage très noir et
auto-destructeur.
Eve de Castro : A la radio, on rencontre beaucoup de jeunes qui bouffent ainsi la
vie par les deux bouts parce que la précarité de leur situation les y pousse : un jour
star, l'autre déchu.
Et pour Rubempré ?
Eve de Castro : Comme dans La Comédie humaine, Rubempré est un idéaliste. Il est
très séduisant mais suffisamment faible de caractère pour être manipulé par Vautrin.
Ce dernier, comme chez Balzac, est l'incarnation du mal. Toutefois, il est d'une certaine
manière " rédempté " par l'amour qu'il porte à Lucien. Une passion qui le
met quasiment au-dessus de toute forme de jugement.
Quant à Elsa, elle ne doit rien à Balzac puisque vous l'avez, comme d'autres
personnages, totalement inventée
Eve de Castro : Néanmoins, on a choisi une beurette en réfléchissant aux
préjugés du monde de Balzac et à ceux de nos contemporains. Qu'est-ce qui pouvait
déranger et être un souci existentiel dans la France d'aujourd'hui ? A l'heure actuelle,
être arabe de la deuxième génération est encore nettement perçu comme une différence
et donc vécu comme telle.
Comment en êtes-vous venues à travailler à quatre mains ?
Eve de Castro : Les définitions et les bornes de départ étaient extrêmement
floues : un Rastignac et un Rubempré qui, d'Angoulême, débarquent à Paris. A partir de
là, une histoire est née que j'ai donnée à lire à Natalie avec beaucoup, beaucoup
d'inquiétude. Comme elle a bien aimé, nous avons travaillé ensemble. Car si construire
une saga, c'est comme construire un roman, descendre dans le détail, dans les dialogues
et rendre vivants les personnages, c'est une autre histoire. Ça je l'ai appris avec
Natalie. C'était la première fois que j'écrivais un scénario ; la pro c'est elle.
Natalie Carter : Je suis arrivée dans une histoire qui existait déjà. A partir
de la trame d'Eve, on a défait et recousu, enlevé et reconstruit, épisode par épisode.
On a aussi rebâti les personnages en réfléchissant à leurs motivations et à la façon
dont ils allaient évoluer. Au début, Eve tenait beaucoup à ce que l'on écrive les
dialogues en se parlant face à face. Comme je ne la connaissais pas, je lui ai dit qu'on
n'y arriverait pas ainsi.
Eve de Castro : J'étais déçue, déçue, déçue
(rires)
Natalie Carter : Mais... c'est ce que l'on a fini par faire. On se mettait en face
l'une de l'autre avec cinq théières. On a beaucoup travaillé et on s'est beaucoup
amusées. On a ri énormément et on est devenues très amies.
Eve de Castro : Ah oui ! J'ai des souvenirs à quatre heures du matin dans son
escalier. On a travaillé comme des folles, jour et nuit, avec une passion totale, une
espèce de dévotion tout à fait exclusive et on adore le résultat ; les acteurs sont
bouleversants.
Natalie Carter : C'est vraiment la première fois que tout cela se passe - et Dieu
sait que nous n'avons pas écrit une histoire heureuse ! - dans un bonheur pareil. Pour
l'écriture, comme pour la complicité immédiate avec le réalisateur.
Eve de Castro : Je ne connaissais pas Alain (Tasma), on s'est vus et on s'est
beaucoup plu.
Natalie Carter : On s'est adorés ! Il a été très présent pendant
l'élaboration des différentes moutures. Il donnait son avis sans jamais l'imposer,
expliquait ce qui le gênait, faisait des suggestions, écoutait les nôtres
Il
avait d'excellentes idées et il était en permanence à l'écoute.
Eve de Castro : Il était aussi très diplomate
ce qui n'était pas
facile
Il en prenait deux de front, en plus! (rires). Il s'est complètement
approprié l'histoire sans nous en " désapproprier ". C'est vraiment une
expérience heureuse.
Avec les différentes affaires (celle du saturnisme, du financement des partis et de la
franc maçonnerie), vous êtes d'ailleurs en pleine actualité
Eve de Castro : Oui, ça tombe bien, non? (rires) Les journaux parlent actuellement
de saturnisme dans le XIX e arrondissement ; une enquête a été ouverte et la ville de
Paris devra probablement dédommager les malades. Je cherchais une affaire rappelant un
peu celle du sang contaminé. Il fallait que Lucien soit désigné comme bouc émissaire,
tout le monde se cachant sous son chapeau. Quant à l'affaire de la franc-maçonnerie,
c'est le pavé dans la mare. Au départ, la question était : quel pouvoir ou
congrégation Vautrin aurait-il pu détourner aujourd'hui ?
Dans Illusions perdues, ne s'agit-il pas de l'habit religieux ?
Eve de Castro : Oui, mais aujourd'hui la religion n'a plus la même importance.
Dans notre histoire, Vautrin détourne donc pour son propre profit les idéaux
maçonniques. Avec une
histoire comme celle-ci, nous pouvions montrer tout ce qu'il y a de souterrain dans la
société d'aujourd'hui.
Natalie Carter : Or la franc-maçonnerie, tout le monde sait qu'elle existe,
qu'elle est puissante, mais, à part les initiés, personne ne sait au juste comment ça
se passe. C'est un sujet de fantasme.
Eve de Castro : Je ne la connaissais que par La flûte enchantée (rire) et ça me
faisait rêver. Alain a rencontré les francs- maçons. Ils lui ont demandé quelques
corrections et ont permis qu'il tourne dans une loge.
D'où vous vient toute cette imagination?
Eve de Castro : Ce n'est pas une question d'imagination, il suffit de regarder
autour de soi.
Natalie Carter : Rien de ce qui est raconté dans Rastignac n' est invraisemblable.
Eve de Castro : Tout ce qui est dans cette histoire est tiré de faits tout à fait
réels
Natalie Carter : Enfin Eve
Eve de Castro : Oui, seulement, on ne les a pas tous vécus ! (rires)
(d'après dossier de presse fourni par
France 2)

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