Auteurs français classiques

Auteurs étrangers 

   Œuvres

 

Auteurs Français Contemporains

Coups de cœur

Coup de Pouce

Auteurs Français
Les classiques

Ordre alphabétique

Ordre chronologique

XVIe siècle

XVIIe siècle

XVIIIe siècle

XIXe siècle

XXe siècle


Auteurs Français Contemporains


Oeuvres


Presse

Forums

Coups de coeur

Coup de Pouce

Contactez-nous

Edition Palm Pilot




droits de reproduction réservés
© alalettre.com 1999- 20022





.

Retour à la page d'accueil


Actualité

 

 

Les Liaisons dangereuses

Sur France 3 : lundi 13 novembre 2000 à 20 h 55 (120 min)

liaisons 3.jpg (41167 bytes)
Glenn Close (la marquise de Merteuil), John Malkovich (le vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)

 

Réalisateur : Stephen Frears

D'après l'oeuvre de Choderlos de Laclos

Distribution : Glenn Close (la marquise de Merteuil), John Malkovich (le vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel), Swoosie Kurtz (madame de Volanges), Keanu Reeves (le chevalier Danceny), Mildred Natwick (madame de Rosemond), Uma Thurman (Cécile de Volanges), Peter Capaldi (Azolan)

 

pfeiffer1.jpg (6424 bytes)
Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)

 

Sujet : Femme aussi brillante que machiavélique, la Marquise de Merteuil se complaît dans son monde d'intrigues et de manipulations. L'un de ses amants, le Chevalier de Danceny, ayant décidé d'épouser Cécile de Volanges, une jeune oie blanche de 16 ans fraîchement sortie du couvent, elle décide de se venger. La marquise de Merteuil demande au libertin vicomte de Valmont de séduire Cécile de Volanges. Espérant regagner les faveurs de la marquise, Valmont s'exécute. Mais il a aussi d'autres projets : Il souhaite séduire la très fidèle Madame de Tourvel. Après de nombreuses difficultés, le brillant séducteur y parvient enfin. Mais l'amour de Madame de Tourvel est si sincère qu'il commence à troubler Valmont ...

 

L'analyse des Liaisons dangereuses de Laclos

 

--------------------------------------------------------

Les Prix littéraires 2000

La quinzaine des grands prix littéraires a débute jeudi 26 octobre par l'attribution du Grand prix du roman de l'Académie française à Pascal Quignard pour Terrasse à Rome (Gallimard). Elle se terminera le 14 novembre avec l'Interallié.

Lundi 30 octobre , ont été  décernés le Goncourt et le Renaudot.

Le prix Goncourt a été décerné à Jean-Jacques Schuhl pour "Ingrid Caven" (Gallimard) et le Prix Renaudot à l'Ivoirien Ahmadou Kourouma pour son livre "Allah n'est pas obligé" (Seuil).

Lundi 6 novembre , ont été  décernés le Médicis et le Femina.

Le prix Médicis a été attribué  à Yann Apperry pour Diabolus in musica (Grasset), le Médicis étranger revenant à l'écrivain d'origine sri-lankaise Michael Ondaatje pour "Le Fantôme d'Anil" (éd. L'Olivier).
Dans la catégorie Essais, le jury a couronné Armelle Lebras-Chopard et "Le zoo des philosophes" (Plon).

Le Prix Fémina a été attribué à Camille Laurens pour "Dans ces bras-là" (POL). Le Prix Fémina du roman étranger a été attribué à l'écrivain américain d'origine antiguaise Jamaica Kincaid pour "Mon frère" (L'Olivier).
Le Fémina de l'essai attribué à Robert Badinter pour "L'abolition" (Fayard).

 

pour en savoir plus : le dossier réalisé par Yahoo

 

 

Les Quatre derniers sélectionnés du Goncourt étaient :

Allah n'est pas obligé (Le Seuil) d'Ahmadou Kourouma
La métaphysique des tubes (Albin Michel) d'Amélie Nothomb
Parti (Stock) de François Salvaing
Ingrid Caven (Gallimard) de Jean-Jacques Schuhl.

 

Les sélectionnés du Femina

Romans français
Alice Ferney : La conversation amoureuse (Actes sud)
Ahmadou Kourouma : Allah n'est pas obligé (Le Seuil)
Camille Laurens : Dans ces bras-là (POL)
Laurent Mauvignier : Apprendre à finir (Minuit)
Jean-Jacques Schuhl : Ingrid Caven (Gallimard)

Romans étrangers

Kathleen Hill : Eaux tranquilles (Phébus)
Moses Isegawa : Chroniques abyssiennes (Albin Michel)
Jamaica Kincaid : Mon frère (L'Olivier)
Lee Sung-U : L'envers de la vie (Zulma)
Vikram Seth : Quatuor (Grasset)
Elsa Osorio : Luz ou le temps sauvage (Métailié).

Essais

Robert Badinter : L'abolition (Fayard)
François Bizot : Le portail (La Table Ronde)
Annie Cohen-Solal : Un jour, ils auront des peintres (Gallimard)
Jean Hatzfeld : Dans le nu de la vie (Le Seuil). Absent de la liste précédente :
Gilles Kepel : Jihad (Gallimard)
Bernard-Henri Lévy : Sartre (Grasset)

--------------------------------------------------------

Lire en Fête

du 13 au 15 octobre 2000

En France et à l'étranger

lire en fete.gif (2230 bytes)

Lire en fête 2000 est la 12e édition de la fête du livre et de la lecture.
La réussite de Lire en fête 1999 a prouvé la disponibilité et l'intérêt du public pour les manifestations vivantes et novatrices autour du livre et de la lecture et la capacité de tous les organisateurs à inventer de nouvelles formes de rencontres chaleureuses et participatives. Elle a créé une nouvelle dynamique.

Lire en fête illustre le résultat d'une volonté de créer des espaces de rencontres entre le public, les auteurs, les éditeurs organisés par tous ceux qui concourent à la diffusion du livre, au développement de la lecture et à la présence de l'écrit. Les bibliothécaires, les libraires, les enseignants, les collectivités territoriales, les fédérations d'éducation populaire, le milieu associatif… les comédiens et les musiciens… tous se mobilisent et s'associent avec une passion communicative pour mettre le livre et la lecture, sur le devant de la scène.

Lorenzo Mattotti, dessinateur italien, a réalisé le visuel de la manifestation qui sera décliné et repris pour toute la communication de Lire en fête - affiches, cartes postales, signets, sacs, kakémonos.

Aux côtés du ministère de la culture et de la communication et d'autres ministères, notamment Justice, Education nationale, Affaires étrangères, Défense, Agriculture et Pêche, Secrétariat d'Etat à l'Outremer, secrétariat d'Etat à la Santé et aux Handicapés, des collectivités locales et tous les professionnels du livre se mobilisent.

Pour en savoir plus  Lire en Fête

 

--------------------------------------------------------

Le Bourgeois Gentilhomme, comédie en 5 actes de Molière

 

Du 16 septembre 2000 à mai 2001 à la Comédie Française

Mise en scène de Jean-Louis-Benoit

 

La pièce

Bourgeois entiché de noblesse, M. Jourdain entend acquérir les manières des gens de qualité. Il décide de commander un nouvel habit plus de sa nouvelle condition et se lance dans l’apprentissage des armes, de la danse, de la musique et de la philosophie, autant de choses qui lui paraissent indispensables à sa condition de gentilhomme.

Il se pique également de courtiser Dorimène, amenée sous sont toit par son amant, un comte désargenté , qui entend bien profiter de la naïveté de sa dupe.

Sa femme et Nicole sa servante, se moquent, puis s’inquiètent de le voir ainsi toqué de belles manières, et tentent de le ramener à la réalité du prochain mariage de sa fille Lucile avec Cléonte. Mais ce dernier n’étant pas gentilhomme, M. Jourdain refuse obtinément cette union.

Covillet, le valet de Cléonte, imagine alors de déguiser le jeune homme en " Grand Turc " et de l’introduire dans la maison pour honorer M. Jourdain et lui offrir la distinction de " Mamamouchi ".

 moliere3.gif (13319 octets)

La biographie de Molière

Contexte historique

Vingt-cinquième pièce de Molière, Le Bourgeois Gentilhomme fut représenté pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour, au château de Chambord.

 

Comédie-ballet en cinq actes et en prose de Molière , avec une musique de Jean-Baptiste Lully, elle symbolise la réussite d’un genre brillant réunissant théâtre, musique et ballet en un ensemble harmonieux. Le public parisien fit un triomphe à la comédie que Molière afficha en novembre avec les divertissements sur son théâtre du Palis Royal. La pièce fut jouée pour 6 représentations en 1670, vingt huit en 1671 et huit en 1672.

A la création, Molière, jouait le rôle de Monsieur Jourdain, habillé de couleurs vives , paré de dentelles d’argent et de plumes multicolores, face à Hubert, travesti dans celui de Madame Jourdain ; Melle de Brie était Dorimène , Armande Béjart jouait Lucile, tandis que le musicien Lully était le muphti au cours de la céremonie turque du quatrième acte.

 

Entrée au répertoire le 4 octobre 1680 et régulièrement reprise , c’est une des pièces les plus populaires de Molière. Elle a été traduite en une vingtaine de langues. Le Bourgeois gentilhomme est la dixième pièce la plus jouée de Molière, et la première représentation de cette nouvelle production sera la 1430e à la Comédie-Française.

 

Le site de la Comédie française

--------------------------------------------------------

Lorenzaccio

au Théâtre des Amandiers de Nanterre

Du 12 octobre 2000 au 18 Novembre 2000

 

LORENZACCIO, d'Alfred de Musset. Mise en scène : Jean-Pierre Vincent.

Lorenzaccio par Jean-Pierre Vincent,
le résumé complet de la pièce

Avec Jérôme Kircher, Madeleine Marion, Richard Sammut, Louis Merino, Olivier Angèle, François Clavier…

musset.gif (5905 bytes)

Alfred de Musset

 

l'un des grands soirs de Jean-Pierre Vincent
( Le Monde)

Jean-Pierre Vincent a conduit les comédiens de la même main avisée, ferme, qu'il avait eue lors de ses Caprices de Marianne. Musset lui réussit. Jérôme Kircher, Lorenzo très sensible, indécis, rêveur, caché, est on ne peut plus attachant. Richard Sammut donne un duc Alexandre vrai brigand, sourd aux évidences, fascinant. Les acteurs renommés, tels Madeleine Marion, François Clavier, Louis Merino, sont au top. Les comédiens sont une armée, tous sobres, nets, parfaits. Qu'ils fassent comme s'ils étaient, un par un, nommés ici. Avec eux aussi, ce Lorenzaccio est l'un des grands soirs de Jean-Pierre Vincent.

Michel Cournot dans le Monde, le vendredi 28 juillet 2000 (pièce présentée au Festival d'Avignon)

L'article complet du Monde

 

Extrait d'un article de Fabienne Pascaud
Télérama  ( juillet 2000)

"Lorenzaccio sera mon point d'orgue."

... Après On ne badine pas avec l'amour (1988), Fantasio (1991), Les Caprices de Marianne (1991), Il ne faut jurer de rien (1993), c'est la cinquième fois que Jean-Pierre Vincent s'attelle au compagnon Musset. "Pour moi, il est le premier dramaturge français qui nous fasse entrer dans la modernité. Il nous raconte l'explosion et le malaise de la jeunesse, devenue grâce à lui catégorie sociale : avant 1830, excepté le Werther de Goethe, quelle œuvre avait conté les désarrois des jeunes générations ? Il nous parle d'un monde où tout est politique - le sexe, les relations parents-enfants, les rêves -, un monde qui s'achemine douloureusement vers la démocratie, même si lui, Musset, est revenu de tous les discours, ne croit plus en rien, ne se force plus dans ses pièces aux bons sentiments, aux happy ends. C'est un solitaire, un sceptique. Il sait à quel point il est lui-même contradictoire et ne s'embarrasse pas de ses contradictions. Il sent que l'âge d'or n'existera plus, qu'on entre dans le monde de la séparation. Il annonce enfin la disparition du personnage classique, de la dramaturgie classique : Lorenzo a plusieurs noms dans la pièce, d'une scène à l'autre il n'est jamais le même. C'est déjà un être éclaté, fragmenté...

"Lorenzaccio est une de ces grandes pièces qui éclairent un moment clé de notre imaginaire collectif. Comme Le Misanthrope, de Molière, et la naissance de l'absolutisme royal, comme Le Mariage de Figaro et l'apport de la philosophie des Lumières, l'aspiration à la liberté. Trois œuvres charnières que j'ai montées. Je peux m'arrêter. Lorenzaccio sera mon point d'orgue."

 

Le dossier complet de Télérama

 

Lorenzaccio par Jean-Pierre Vincent, le résumé de Lorenzaccio

Biographie d'Alfred de Musset

--------------------------------------------------------

Les Misérables

Les lundi 4, 11, 18 et 25  septembre 20h55

sur TF1

 

Les Misérables

Réalisation Josée Dayan

Durée: 1 h 45 mn

Scénario : Didier Decoin

Musique : Jean -Claude Petit

Acteurs

Gérard Depardieu (Jean Valjean)
Christian Clavier (Thénardier)
John Malkovich (Javert)
Virginie Ledoyen (Cosette)
Enrico Lo Verso (Marius)
Charlotte Gainsbourg (Fantine)

 

1815. Alors que tous les aubergistes de la ville l'ont chassé, le bagnard Jean Valjean est hébergé par Mgr Myriel ( que les pauvres ont baptisé, d'après l'un de ses prénoms, Mgr Bienvenu). L'évêque de la ville de Digne, l'accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit.

Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d'un pain et vient de passer vingt ans au bagne.

Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit, après avoir dérobé les six couverts d'argent, les seules richesses de l'évêque. Le lendemain , les gendarmes le ramènent chez Mgr Bienvenu qui, à sa grande surprise, l'innocente. L'évêque lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait "oublié" d'emporter. Il souhaite ainsi aider l'ancien bagnard à redevenir un honnête homme. Pourtant sur la route, Jean Valjean commet un nouveau délit. Il vole un petit ramoneur. Mais, alors qu'il s'apprête à ranger son larcin dans sa besace, il revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu , et se rappelle les paroles de l'évêque. Il n'aura plus alors qu'un seul but : honorer la bonté de l'ecclésiastique et servir le bien...

Le résumé des Misérables

Le contexte historique,  les principaux personnages des Misérables et le texte intégral des Misérables sur le site de la BNF

Les Misérables sur le site de TF1

 

--------------------------------------------------------

 

Huis clos

Théâtre Marigny à Paris  Salle Popesco

100 représentations exceptionnelles
à partir du 28 septembre 2000

sartretime.jpg (17853 octets)

portrait  de Sartre
paru dans Time magazine en 1946

de Jean-Paul Sartre

roberth.jpg (18255 octets)

Mise en scène
de Robert Hossein

clairen.jpg (15883 octets)
photo Artmédia
Claire Nebout
Inès

François Marthouret
Garcin

claireb.jpg (16196 octets)
photo : bureau Georges Lambert

Claire Borotra
Estelle

yveslm.jpg (17756 octets)
photo Philippe Caisse

Yves le Moign'
Le garçon

 

 

La Naissance de Huis Clos par Jean-Paul Sartre

Quand on écrit une pièce, il y a toujours des causes occasionnelles et des soucis profonds. La cause occasionnelle c'est que, au moment où j'ai écrit Huis Clos, vers 1943 et début 44, j'avais trois amis et je voulais qu'ils jouent une pièce, une pièce de moi, sans avantager aucun d'eux. C'est à dire , je voulais qu'ils restent ensemble tout le temps sur la scène. Parce que je me disais , s'il y en a un qui s'en va, il pensera que les autres ont un meilleur rôle au moment où il s'en va. Je voulais donc les garder ensemble. Et je me suis dit, comment peut-on mettre ensemble trois personnes sans jamais faire sortir l'une d'elles et les garder sur la scène jusqu'au bout comme pour l'éternité.

 

C'est là que m'est venue l'idée de les mettre en enfer et de les faire chacun le bourreau des deux autres. Telle est la cause occasionnelle.

 

Par la suite d'ailleurs, je dois dire , ces trois amis n'ont pas joué la pièce et , comme vous le savez c'est Vitold, Tania Balachova et Gaby Sylvia qui l'ont jouée.

 

Mais il y avait à ce moment-là des soucis plus généraux et j'ai voulu exprimer autre chose dans la pièce que simplement ce que l'occasion me donnait. J'ai voulu dire : l'enfer , c'est les autres. Mais "l'enfer, c'est les autres" a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'étaient toujours des rapports infernaux. Or, c'est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut-être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons ses connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

 

Deuxième chose que je voudrais dire, c'est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnages que vous entendrez dans Huis Clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes vivants et qu'ils sont morts. Bien entendu, ici" morts" symbolise quelque chose. Ce que j'ai voulu indiquer, c'est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d'habitudes, de coutumes,, qu'ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu'ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts. En ce sens qu'ils ne peuvent briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes; et qu'ils restent ainsi victimes souvent des jugements qu'on a portés sur eux. A partir de là , il est bien évident qu'ils sont lâches ou méchants par exemple.

 

S'ils ont commencé à être lâches , rien ne vient changer le fait qu'ils étaient lâches. C'est pour cela qu'ils sont morts, c'est pour cela, c'est une manière de dire que c'est une mort vivante que d'être entouré par le souci perpétuel de jugements et d'actions que l'on ne veut pas changer. De sorte que , en vérité, comme nous sommes vivants , j'ai voulu montrer pr l'absurde, l'importance chez nous de la liberté, c'est à dire l'importance de changer les actes par d'autres actes. Quel que soit le cercle d'enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c'est encore librement qu'ils y restent . de sorte qu'ils se mettent librement en enfer.

 

Vous voyez donc que, rapports avec les autres, encroûtement et liberté , liberté comme l'autre face à peine suggérée , ce sont les trois thèmes de la pièce. Je voudrais qu'on se le rappelle quand vous entendrez dire : "l'enfer c'est les autres."

 

Texte dit par Jean-Paul Sartre en préambule à l'enregistrement phonographique de l apièce en 1965

Ces textes ont été rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka - Folio essais- Gallimard 1992)

 

 

Huis Clos

Un garçon d'étage introduit dans un salon Style Empire, Garcin le journaliste-publiciste, Inès l'ancienne employée des Postes et  Estelle, la mondaine. Ainsi débute un hallucinant huis clos.   Ils vont se livrer un combat de mots qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Ils s'interrogent sur leur damnation et se cachent sous le masque de la "mauvaise foi". Chacun a besoin de l'autre pour exister, prendre conscience de soi ; le regard d'autrui est aussi une menace.

La violence , l'humour , le désespoir et la révolte traversent cette pièce d'une simplicité diabolique et à la mécanique implacable.

 

Personnages

 

Garcin, journaliste. Il a été fusillé en raison de sa fidélité au pacifisme. Il croit qu'il est un héros. Il se montre pourtant perfide

 

Inès, une ancienne employée des Postes, lesbienne . Elle a fait voler en éclat le couple de sa meilleure amie. Elle est morte asphyxiée par le gaz.

 

Estelle, femme d'un vieil homme riche. Elle a été la maîtresse d'un jeune homme et a commis le meurtre d'un enfant. Elle est morte d'une pneumonie. Elle ne cesse de frauder avec la vérité.

 

Citations de Huis Clos

On meurt toujours trop tôt ou trop tard

Inès

 

Le bourreau c'est chacun de nous pour les deux autres.

Garcin

 

Ça m'est égal , lâche ou non pourvu qu'il embrasse bien

Estelle

 

Alors c'est ça l'enfer. Je ne l'aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le souffre, le bûcher, le gril.. Ah quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer c'est les autres.

 

Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la soufrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les cœurs. Quand je suis toute seule, je m'éteins.

 

 

Quelques commentaires

 

Sartre ou la nostalgie de l'idylle universelle

Albert Camus Carnets Tome 2 Gallimard 1964

 

Huis clos. La pièce m'a fait un effet extraordinaire. Je crois qu'un catholique aurait pu l'écrire sans y changer grand-chose. L'enfer c'est avant tout de ne pouvoir aimer. Peu à peu, on se sent gagné par un sentiment d'horreur à cause de la parfaite ressemblance de cette image d'un châtiment éternel

Julien Green Journal, Gallimard, 1990

 

 

Portrait de Jean-Paul Sartre

Biographie de Jean-Paul Sartre

 

 

 

 

 

 

 Francité

Page d'accueil