Les Liaisons dangereuses
Sur France 3 : lundi 13 novembre 2000 à 20
h 55 (120 min)

Glenn Close (la marquise de Merteuil), John Malkovich (le
vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)
Réalisateur : Stephen Frears
D'après l'oeuvre de Choderlos de Laclos
Distribution : Glenn Close (la marquise de
Merteuil), John Malkovich (le vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel),
Swoosie Kurtz (madame de Volanges), Keanu Reeves (le chevalier Danceny), Mildred Natwick
(madame de Rosemond), Uma Thurman (Cécile de Volanges), Peter Capaldi (Azolan)

Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)
Sujet : Femme aussi brillante que machiavélique, la
Marquise de Merteuil se complaît dans son monde d'intrigues et de manipulations. L'un de
ses amants, le Chevalier de Danceny, ayant décidé d'épouser Cécile de Volanges, une
jeune oie blanche de 16 ans fraîchement sortie du couvent, elle décide de se venger. La
marquise de Merteuil demande au libertin vicomte de Valmont de séduire Cécile de
Volanges. Espérant regagner les faveurs de la marquise, Valmont s'exécute. Mais il a
aussi d'autres projets : Il souhaite séduire la très fidèle Madame de Tourvel. Après
de nombreuses difficultés, le brillant séducteur y parvient enfin. Mais l'amour de
Madame de Tourvel est si sincère qu'il commence à troubler Valmont ...
L'analyse des Liaisons
dangereuses de Laclos
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Les Prix littéraires 2000
La quinzaine des grands prix littéraires a
débute jeudi 26 octobre par l'attribution du Grand prix du roman de l'Académie
française à Pascal Quignard pour Terrasse à Rome (Gallimard). Elle se terminera
le 14 novembre avec l'Interallié.
Lundi 30 octobre , ont été
décernés le Goncourt et le Renaudot.
Le prix Goncourt a été décerné à
Jean-Jacques Schuhl pour "Ingrid Caven" (Gallimard) et le Prix Renaudot à
l'Ivoirien Ahmadou Kourouma pour son livre "Allah n'est pas obligé" (Seuil).
Lundi 6 novembre , ont été
décernés le Médicis et le Femina.
Le prix Médicis a été attribué à
Yann Apperry pour Diabolus in musica (Grasset), le Médicis étranger revenant à
l'écrivain d'origine sri-lankaise Michael Ondaatje pour "Le Fantôme d'Anil"
(éd. L'Olivier).
Dans la catégorie Essais, le jury a couronné Armelle Lebras-Chopard et "Le zoo des
philosophes" (Plon).
Le Prix Fémina a été attribué à Camille Laurens pour
"Dans ces bras-là" (POL). Le Prix Fémina du roman étranger a été attribué
à l'écrivain américain d'origine antiguaise Jamaica Kincaid pour "Mon frère"
(L'Olivier).
Le Fémina de l'essai attribué à Robert Badinter pour "L'abolition" (Fayard).
pour en savoir plus : le
dossier réalisé par Yahoo
Les Quatre derniers sélectionnés du Goncourt étaient :
Allah n'est pas obligé (Le Seuil) d'Ahmadou Kourouma
La métaphysique des tubes (Albin Michel) d'Amélie Nothomb
Parti (Stock) de François Salvaing
Ingrid Caven (Gallimard) de Jean-Jacques Schuhl.
Les sélectionnés du Femina
Romans français
Alice Ferney : La conversation amoureuse (Actes sud)
Ahmadou Kourouma : Allah n'est pas obligé (Le Seuil)
Camille Laurens : Dans ces bras-là (POL)
Laurent Mauvignier : Apprendre à finir (Minuit)
Jean-Jacques Schuhl : Ingrid Caven (Gallimard)
Romans étrangers
Kathleen Hill : Eaux tranquilles (Phébus)
Moses Isegawa : Chroniques abyssiennes (Albin Michel)
Jamaica Kincaid : Mon frère (L'Olivier)
Lee Sung-U : L'envers de la vie (Zulma)
Vikram Seth : Quatuor (Grasset)
Elsa Osorio : Luz ou le temps sauvage (Métailié).
Essais
Robert Badinter : L'abolition (Fayard)
François Bizot : Le portail (La Table Ronde)
Annie Cohen-Solal : Un jour, ils auront des peintres (Gallimard)
Jean Hatzfeld : Dans le nu de la vie (Le Seuil). Absent de la liste précédente :
Gilles Kepel : Jihad (Gallimard)
Bernard-Henri Lévy : Sartre (Grasset)
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Lire en Fête
du 13 au 15 octobre 2000
En France et à l'étranger
Lire en fête 2000 est la 12e édition
de la fête du livre et de la lecture.
La réussite de Lire en fête 1999 a prouvé la disponibilité et l'intérêt du
public pour les manifestations vivantes et novatrices autour du livre et de la lecture et
la capacité de tous les organisateurs à inventer de nouvelles formes de rencontres
chaleureuses et participatives. Elle a créé une nouvelle dynamique.
Lire en fête illustre le résultat d'une volonté de créer des espaces de
rencontres entre le public, les auteurs, les éditeurs organisés par tous ceux qui
concourent à la diffusion du livre, au développement de la lecture et à la présence de
l'écrit. Les bibliothécaires, les libraires, les enseignants, les collectivités
territoriales, les fédérations d'éducation populaire, le milieu associatif
les
comédiens et les musiciens
tous se mobilisent et s'associent avec une passion
communicative pour mettre le livre et la lecture, sur le devant de la scène.
Lorenzo Mattotti, dessinateur italien, a réalisé
le visuel de la manifestation qui sera décliné et repris pour toute la communication de Lire
en fête - affiches, cartes postales, signets, sacs, kakémonos.
Aux côtés du ministère de la culture et de la communication et d'autres ministères,
notamment Justice, Education nationale, Affaires étrangères, Défense, Agriculture et
Pêche, Secrétariat d'Etat à l'Outremer, secrétariat d'Etat à la Santé et aux
Handicapés, des collectivités locales et tous les professionnels du livre se mobilisent.
Pour en savoir plus Lire en Fête
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Le
Bourgeois Gentilhomme, comédie en 5 actes de Molière
Du 16 septembre 2000 à mai 2001 à la Comédie
Française
Mise en scène de Jean-Louis-Benoit
La pièce
Bourgeois entiché de noblesse, M. Jourdain entend
acquérir les manières des gens de qualité. Il décide de commander un nouvel habit plus
de sa nouvelle condition et se lance dans lapprentissage des armes, de la danse, de
la musique et de la philosophie, autant de choses qui lui paraissent indispensables à sa
condition de gentilhomme.
Il se pique également de courtiser Dorimène,
amenée sous sont toit par son amant, un comte désargenté , qui entend bien profiter de
la naïveté de sa dupe.
Sa femme et Nicole sa servante, se moquent, puis
sinquiètent de le voir ainsi toqué de belles manières, et tentent de le ramener
à la réalité du prochain mariage de sa fille Lucile avec Cléonte. Mais ce dernier
nétant pas gentilhomme, M. Jourdain refuse obtinément cette union.
Covillet, le valet de Cléonte, imagine alors de
déguiser le jeune homme en " Grand Turc " et de lintroduire
dans la maison pour honorer M. Jourdain et lui offrir la distinction de
" Mamamouchi ".

La biographie de
Molière
Contexte historique
Vingt-cinquième pièce de Molière, Le Bourgeois
Gentilhomme fut représenté pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour, au
château de Chambord.
Comédie-ballet en cinq actes et en prose de
Molière , avec une musique de Jean-Baptiste Lully, elle symbolise la réussite dun
genre brillant réunissant théâtre, musique et ballet en un ensemble harmonieux. Le
public parisien fit un triomphe à la comédie que Molière afficha en novembre avec les
divertissements sur son théâtre du Palis Royal. La pièce fut jouée pour 6
représentations en 1670, vingt huit en 1671 et huit en 1672.
A la création, Molière, jouait le rôle de
Monsieur Jourdain, habillé de couleurs vives , paré de dentelles dargent et de
plumes multicolores, face à Hubert, travesti dans celui de Madame Jourdain ; Melle
de Brie était Dorimène , Armande Béjart jouait Lucile, tandis que le musicien Lully
était le muphti au cours de la céremonie turque du quatrième acte.
Entrée au répertoire le
4 octobre 1680 et régulièrement reprise , cest une des pièces les plus populaires
de Molière. Elle a été traduite en une vingtaine de langues. Le Bourgeois gentilhomme
est la dixième pièce la plus jouée de Molière, et la première représentation de
cette nouvelle production sera la 1430e à la Comédie-Française.
Le
site de la Comédie française
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Lorenzaccio
au Théâtre des Amandiers de Nanterre
Du 12 octobre 2000 au 18 Novembre 2000
LORENZACCIO, d'Alfred de Musset. Mise
en scène : Jean-Pierre Vincent.
Lorenzaccio par
Jean-Pierre Vincent,
le résumé complet de la pièce
Avec Jérôme Kircher, Madeleine Marion,
Richard Sammut, Louis Merino, Olivier Angèle, François Clavier

Alfred de
Musset
l'un des grands soirs de
Jean-Pierre Vincent
( Le Monde)
Jean-Pierre Vincent a conduit les
comédiens de la même main avisée, ferme, qu'il avait eue lors de ses Caprices de
Marianne. Musset lui réussit. Jérôme Kircher, Lorenzo très sensible, indécis,
rêveur, caché, est on ne peut plus attachant. Richard Sammut donne un duc Alexandre vrai
brigand, sourd aux évidences, fascinant. Les acteurs renommés, tels Madeleine Marion,
François Clavier, Louis Merino, sont au top. Les comédiens sont une armée, tous sobres,
nets, parfaits. Qu'ils fassent comme s'ils étaient, un par un, nommés ici. Avec eux
aussi, ce Lorenzaccio est l'un des grands soirs de Jean-Pierre Vincent.
Michel Cournot dans le Monde, le vendredi
28 juillet 2000 (pièce présentée au Festival d'Avignon)
L'article
complet du Monde
Extrait d'un article de Fabienne Pascaud
Télérama ( juillet 2000)
"Lorenzaccio sera mon point
d'orgue."
... Après On ne badine pas avec l'amour
(1988), Fantasio (1991), Les Caprices de Marianne (1991), Il ne faut jurer de rien (1993),
c'est la cinquième fois que Jean-Pierre Vincent s'attelle au compagnon Musset. "Pour
moi, il est le premier dramaturge français qui nous fasse entrer dans la modernité. Il
nous raconte l'explosion et le malaise de la jeunesse, devenue grâce à lui catégorie
sociale : avant 1830, excepté le Werther de Goethe, quelle uvre avait conté les
désarrois des jeunes générations ? Il nous parle d'un monde où tout est politique - le
sexe, les relations parents-enfants, les rêves -, un monde qui s'achemine douloureusement
vers la démocratie, même si lui, Musset, est revenu de tous les discours, ne croit plus
en rien, ne se force plus dans ses pièces aux bons sentiments, aux happy ends. C'est un
solitaire, un sceptique. Il sait à quel point il est lui-même contradictoire et ne
s'embarrasse pas de ses contradictions. Il sent que l'âge d'or n'existera plus, qu'on
entre dans le monde de la séparation. Il annonce enfin la disparition du personnage
classique, de la dramaturgie classique : Lorenzo a plusieurs noms dans la pièce, d'une
scène à l'autre il n'est jamais le même. C'est déjà un être éclaté, fragmenté...
"Lorenzaccio est une de ces grandes pièces qui éclairent un moment clé de notre
imaginaire collectif. Comme Le Misanthrope, de Molière, et la naissance de l'absolutisme
royal, comme Le Mariage de Figaro et l'apport de la philosophie des Lumières,
l'aspiration à la liberté. Trois uvres charnières que j'ai montées. Je peux
m'arrêter. Lorenzaccio sera mon point d'orgue."
Le dossier complet de Télérama
Lorenzaccio par
Jean-Pierre Vincent, le résumé de Lorenzaccio
Biographie d'Alfred de Musset
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Les
Misérables
Les lundi 4, 11, 18 et 25 septembre
20h55
sur TF1
Les Misérables
Réalisation Josée Dayan
Durée: 1 h 45 mn
Scénario : Didier Decoin
Musique : Jean -Claude Petit
Acteurs
Gérard Depardieu (Jean Valjean)
Christian Clavier (Thénardier)
John Malkovich (Javert)
Virginie Ledoyen (Cosette)
Enrico Lo Verso (Marius)
Charlotte Gainsbourg (Fantine)
1815. Alors que tous les aubergistes de la ville l'ont
chassé, le bagnard Jean Valjean est hébergé par Mgr Myriel ( que les pauvres ont
baptisé, d'après l'un de ses prénoms, Mgr Bienvenu). L'évêque de la ville de Digne,
l'accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit.
Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d'un
pain et vient de passer vingt ans au bagne.
Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean
Valjean s'enfuit en pleine nuit, après avoir dérobé les six couverts d'argent, les
seules richesses de l'évêque. Le lendemain , les gendarmes le ramènent chez Mgr
Bienvenu qui, à sa grande surprise, l'innocente. L'évêque lui offre même deux
chandeliers en argent que Jean Valjean avait "oublié" d'emporter. Il souhaite
ainsi aider l'ancien bagnard à redevenir un honnête homme. Pourtant sur la route, Jean
Valjean commet un nouveau délit. Il vole un petit ramoneur. Mais, alors qu'il s'apprête
à ranger son larcin dans sa besace, il revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu , et se
rappelle les paroles de l'évêque. Il n'aura plus alors qu'un seul but : honorer la
bonté de l'ecclésiastique et servir le bien...
Le résumé des
Misérables
Le contexte
historique, les principaux personnages des Misérables et le texte intégral des
Misérables sur le site de la BNF
Les Misérables
sur le site de TF1
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Huis
clos
Théâtre Marigny à Paris Salle
Popesco
100 représentations exceptionnelles
à partir du 28 septembre 2000

portrait de Sartre
paru dans Time magazine en 1946 |
de Jean-Paul Sartre |
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Mise en scène
de Robert Hossein |
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photo Artmédia |
Claire Nebout
Inès |
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François
Marthouret
Garcin |
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photo : bureau Georges Lambert |
Claire
Borotra
Estelle |
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photo Philippe Caisse
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Yves
le Moign'
Le garçon |
La Naissance de Huis Clos par
Jean-Paul Sartre
Quand on écrit une pièce, il y a toujours
des causes occasionnelles et des soucis profonds. La cause occasionnelle c'est que, au
moment où j'ai écrit Huis Clos, vers 1943 et début 44, j'avais trois amis et je voulais
qu'ils jouent une pièce, une pièce de moi, sans avantager aucun d'eux. C'est à dire ,
je voulais qu'ils restent ensemble tout le temps sur la scène. Parce que je me disais ,
s'il y en a un qui s'en va, il pensera que les autres ont un meilleur rôle au moment où
il s'en va. Je voulais donc les garder ensemble. Et je me suis dit, comment peut-on mettre
ensemble trois personnes sans jamais faire sortir l'une d'elles et les garder sur la
scène jusqu'au bout comme pour l'éternité.
C'est là que m'est venue l'idée de les
mettre en enfer et de les faire chacun le bourreau des deux autres. Telle est la cause
occasionnelle.
Par la suite d'ailleurs, je dois dire , ces
trois amis n'ont pas joué la pièce et , comme vous le savez c'est Vitold, Tania
Balachova et Gaby Sylvia qui l'ont jouée.
Mais il y avait à ce moment-là des soucis
plus généraux et j'ai voulu exprimer autre chose dans la pièce que simplement ce que
l'occasion me donnait. J'ai voulu dire : l'enfer , c'est les autres. Mais "l'enfer,
c'est les autres" a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là
que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'étaient toujours
des rapports infernaux. Or, c'est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les
rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut-être que l'enfer.
Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes
pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous
essayons de nous connaître, au fond nous usons ses connaissances que les autres ont
déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de
nous juger. Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui
veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance
d'autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le
monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne
veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres. Ça marque
simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.
Deuxième chose que je voudrais dire, c'est
que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnages que vous entendrez dans
Huis Clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes vivants et qu'ils sont morts.
Bien entendu, ici" morts" symbolise quelque chose. Ce que j'ai voulu indiquer,
c'est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d'habitudes, de
coutumes,, qu'ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu'ils ne cherchent
même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts. En ce sens qu'ils ne peuvent
briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes; et qu'ils
restent ainsi victimes souvent des jugements qu'on a portés sur eux. A partir de là , il
est bien évident qu'ils sont lâches ou méchants par exemple.
S'ils ont commencé à être lâches , rien
ne vient changer le fait qu'ils étaient lâches. C'est pour cela qu'ils sont morts, c'est
pour cela, c'est une manière de dire que c'est une mort vivante que d'être entouré par
le souci perpétuel de jugements et d'actions que l'on ne veut pas changer. De sorte que ,
en vérité, comme nous sommes vivants , j'ai voulu montrer pr l'absurde, l'importance
chez nous de la liberté, c'est à dire l'importance de changer les actes par d'autres
actes. Quel que soit le cercle d'enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes
libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c'est encore librement qu'ils y
restent . de sorte qu'ils se mettent librement en enfer.
Vous voyez donc que, rapports avec les
autres, encroûtement et liberté , liberté comme l'autre face à peine suggérée , ce
sont les trois thèmes de la pièce. Je voudrais qu'on se le rappelle quand vous entendrez
dire : "l'enfer c'est les autres."
Texte dit par Jean-Paul Sartre en
préambule à l'enregistrement phonographique de l apièce en 1965
Ces textes ont été rassemblés par Michel
Contat et Michel Rybalka - Folio essais- Gallimard 1992)
Huis Clos
Un garçon d'étage introduit dans un salon
Style Empire, Garcin le journaliste-publiciste, Inès l'ancienne employée des Postes
et Estelle, la mondaine. Ainsi débute un hallucinant huis clos. Ils vont se
livrer un combat de mots qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Ils
s'interrogent sur leur damnation et se cachent sous le masque de la "mauvaise
foi". Chacun a besoin de l'autre pour exister, prendre conscience de soi ; le regard
d'autrui est aussi une menace.
La violence , l'humour , le désespoir et
la révolte traversent cette pièce d'une simplicité diabolique et à la mécanique
implacable.
Personnages
Garcin, journaliste. Il a été fusillé en
raison de sa fidélité au pacifisme. Il croit qu'il est un héros. Il se montre pourtant
perfide
Inès, une ancienne employée des Postes,
lesbienne . Elle a fait voler en éclat le couple de sa meilleure amie. Elle est morte
asphyxiée par le gaz.
Estelle, femme d'un vieil homme riche. Elle
a été la maîtresse d'un jeune homme et a commis le meurtre d'un enfant. Elle est morte
d'une pneumonie. Elle ne cesse de frauder avec la vérité.
Citations de Huis Clos
On meurt toujours trop tôt ou trop tard
Inès
Le bourreau c'est chacun de nous pour les
deux autres.
Garcin
Ça m'est égal , lâche ou non pourvu
qu'il embrasse bien
Estelle
Alors c'est ça l'enfer. Je ne l'aurais
jamais cru
Vous vous rappelez : le souffre, le bûcher, le gril.. Ah quelle
plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer c'est les autres.
Moi, je suis méchante : ça veut dire que
j'ai besoin de la soufrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les
curs. Quand je suis toute seule, je m'éteins.
Quelques commentaires
Sartre ou la nostalgie de l'idylle
universelle
Albert Camus Carnets Tome 2 Gallimard 1964
Huis clos. La pièce m'a fait un effet
extraordinaire. Je crois qu'un catholique aurait pu l'écrire sans y changer grand-chose.
L'enfer c'est avant tout de ne pouvoir aimer. Peu à peu, on se sent gagné par un
sentiment d'horreur à cause de la parfaite ressemblance de cette image d'un châtiment
éternel
Julien Green Journal, Gallimard, 1990
Portrait de Jean-Paul Sartre
Biographie de Jean-Paul Sartre

