Alalettre
A+ A-


Les Trophées de Constance & autres objets de désir de Nathalie Cachin

Le Pitch

Regarder les hommes vivre occupe une bonne partie de ma vie. Je m'attache aux détails, je les suis du regard, je m'accroche à leurs yeux, à leurs gestes, à leur corps, à leur démarche, à leur peau... Non, je ne m'accroche pas, je les aime libres. Je les croise, je me mets, l'espace d'un instant, d'une heure, d'une nuit, à leurs côtés, parfois je ne les touche même pas vraiment, je les effleure, je les frôle. Je ne les vampe pas. Ils surgissent dans ma vie quand je ne les attends pas et ils y jettent le trouble. Ces frôlements font trembler l'eau calme de ma vie, puis ils disparaissent.

Nathalie Cachin

Cadre en entreprise, découverte sur le net grâce à son blog, Nathalie Cachin a publié un texte dans le recueil Paroles de femmes publié , par Les Éditions de Radio France en octobre 2007. Les Trophées de Constance & autres objets de désir est son premier livre publié.

La critique de Tatiana de Rosnay sur Fig Tree

Nathalie Cachin publie « Les trophées de Constance & autres objets de désir » aux Editions Le Bord de l'Eau. Des nouvelles. On dit que les nouvelles n'ont pas de public en France, je me suis toujours insurgée contre cette injustice idiote. Dix huit nouvelles sur le désir. « Tout vrai regard est un désir » dit Alfred de Musset en exergue ce cet ouvrage. Des instants surprenants qui font naitre le désir. La réunion de parents d'élèves. Le manuscrit cru et violent sur une clef USB. Le choc de deux caddies au supermarché. Un soir de garde, à l'hôpital, le désarroi d'un jeune médecin. Un amour de vacances, une histoire d'un soir, un fiancé piqué à une autre, la voix d'un journaliste à la radio, la nuit. Un adultère sur Second Life, un fils à maman trop beau, une rencontre furtive dans une salle de cinéma. Nathalie Cachin raconte le désir par petites touches précises avec une sorte d'élégance contemporaine qui parlera à beaucoup de femmes. Et sans doute à beaucoup d'hommes, aussi.

Elégance, humour et  sensualité

Avant d'ouvrir Les trophées de Constance & autres objets de désir de Nathalie Cachin, j'avais en tête cette phrase, vue sur un blog, que David Abliker lui avait adressée « il y a une pluie fine qui tombe sur le visage quand on vous lit » . Et puis dès la première page de ce recueil de dix-huit nouvelles , il y a cette citation d'Alfred de Musset : « Tout vrai regard est un désir ». Autant dire qu'avant même d'avoir commencé à lire, j'étais déjà sous le charme. Et pour le dire très simplement , ce livre m'a beaucoup plu et je l'ai refermé avec le sourire aux lèvres.

Nathalie Cachin dépeint dans Les trophées de Constance & autres objets de désir avec beaucoup d'élégance, d'humour et de sensualité, les hommes que croise son héroïne, trentenaire, urbaine et célibataire. Son personnage revendique avec panache sa liberté et son indépendance, tout en regrettant pourtant, parfois, les années qui passent : « Je sais que le temps presse, que je ne suis plus très loin de ce moment où l'on bascule de la liberté à la solitude . ».

Chaque nouvelle évoque une rencontre, des retrouvailles, la découverte de l'autre, le désir qui nait dans un regard, une voix, un sourire ou dans deux corps qui se frôlent.
Nathalie Cachin observe les hommes avec malice et tendresse « Je m'attache aux détails, je les suis du regard, je m'accroche à leurs yeux, à leurs gestes, à leur corps, à leur démarche, à leur peau. Non, je ne m'accroche pas, je les aime libres» . L'heroïne des trophées de Constance les imagine, les trouble, les réveille, les met en danger et parfois les transcende grâce à ses talents de séductrice.

Nathalie Cachin cite Les liaisons dangereuses de Laclos comme étant un de ses livres préférés et on l'imagine très bien se délectant des brillants échanges épistolaires du Vicomte de Valmont et de la Marquise de Merteuil . Avec une écriture très contemporaine , elle explore, quand à elle, par petites touches, au travers de ses belles nouvelles, toutes les facettes de la sensualité et décline avec talent l'art de la séduction, de la suggestion et des points de suspension....

Guy Jacquemelle