Du domaine des murmures de Carole Martinez
Résumé du livre
En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.
« Je suis l'ombre qui cause.
Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister.
Je suis la vierge des Murmures.
À toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées. [...]
J'ai tenté d'acquérir la force spirituelle, j'ai rêvé de ne plus être qu'une prière et d'observer mon temps à travers un judas, ouverture grillée par où l'on m'a passé ma pitance durant des années. Cette bouche de pierre est devenue la mienne, mon unique orifice. C'est grâce à elle que j'ai pu parler enfin, murmurer à l'oreille des hommes et les pousser à faire ce que jamais mes lèvres n'auraient pu obtenir, même dans le plus doux des baisers. [...]
Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle.
Écoute ! »

L'auteur
Carole Martinez, née en 1966, a été comédienne avant de devenir enseignante. Son premier roman, Le Cœur cousu (2007), a connu un grand succès de librairie et a reçu de nombreux prix littéraires, dont le prix Renaudot des lycéens et le prix Ouest-France Étonnants-Voyageurs.
Une plume flamboyante, une imagination inouïe et un magnifique talent de conteuse
Carole Martinez nous avait fascinés en 2007 avec Coeur cousu et Frasquita Carasco son héroïne espagnole flamboyante de la fin du XIXème siècle. Frasquita était à la fois couturière aux doigts d’or, magicienne et même un peu sorcière. Elle avait surtout été jouée et perdue par son mari lors d’un pari insensé, ce qui l’avait amenée à fuir son village en compagnie d’une ribambelle de gamins dotés eux aussi de dons insoupçonnés.
Carole Martinez nous enchante à nouveau avec Du domaine des murmures. Là encore, elle nous offre un somptueux portrait de femme. Esclarmonde est une fille unique de 17 ans. Le jour de son mariage en 1187, elle refuse de dire « oui » à Lothaire, un chevalier fougueux un trousseur de jupons que lui impose son père, seigneur du « domaine des Murmures ».
Dans l'église, afin de montrer sa résolution, Esclarmonde se tranche une oreille. Le sang jaillit sur sa robe blanche. En lieu et place de son rôle d'épouse, elle a décidé de s’offrir à Dieu. Elle contraint son père à construire dans son domaine une chapelle consacrée à sainte Agnès et à l'emmurer dans une petite cellule attenante. Elle souhaite finir ses jours entre ces quatre murs.
Durant la construction de la chapelle, Esclarmonde goûte une dernière fois à la liberté, et s’offre une ultime promenade en forêt. C'est là qu'à l'aube un homme ivre la prend violemment.
Durant tout la suite du roman, ou presque, Esclarmonde restera prisonnière de ces quelques mètres carrés. Et c’est là toute la magie de Carole Martinez de nous faire rêver, trembler, souffrir, voyager depuis cette cellule ne disposant que d’une modeste fenestrelle.
Quelques mois plus tard naîtra un petit Elzéar. Et bientôt, la nouvelle se propage : la vierge emmurée a enfanté d'un ange. La légende est en marche, de partout on accourt pour rencontrer cette sainte.
Il serait criminel d'en dire plus ...
Carole Martinez a une plume flamboyante, une imagination inouïe et un magnifique talent de conteuse. Avec Du domaine des murmures elle nous offre un merveilleux récit étonnamment moderne doté d’un étonnant suspense.
Guy Jacquemelle
La presse en parle
"Dans une langue digne d’un roman courtois, les songes, les terreurs et la violence d’une époque côtoyant au quotidien la foi et la mort. "
Fabienne Pascaud, Télérama
"L'auteur réussit la gageure d'écrire un roman haletant et immobile : un pari audacieux porté par un phrasé poétique".
(Christine Ferniot - Lire - 22/09/2011)
"Carole Martinez est une conteuse merveilleuse, plus encore, une charmeuse au sens originel de ce mot".
(Astrid De Larminat - Le Figaro littéraire - 21/09/2011)
"Un terrible conte, obsédant de songes et de signes. Carole Martinez sait trouver les mots qui approchent au plus près les élans silencieux, la fragilité et le pouvoir des femmes".
(Xavier Houssin - Marianne - 21/09/2011)
"Les lecteurs qui ont fait le succès du Coeur cousu, son premier roman, reconnaîtront son écriture teintée de réalisme magique".
Anne Crignon - Le Nouvel Observateur - 21/09/2011)
A ceux que fascinent le merveilleux médiéval, les histoires de fantômes et de saintes, les légendes amoureuses et les folies d'insensés chevaliers, ce roman sera enchantement.
(Fabienne Pascaud - Télérama - 07/09/2011)
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