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La consolante  d'Anna Gavalda

Après Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Je l'aimais, et Ensemble, c'est tout , Anna Gavalda publie La consolante (Le Dilettante, mars 2008)

Présentation de l’éditeur

« Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent.

« Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l'impression d'avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu'il est devant l'évier, s'asperge le visage en gémissant.

Retourne ensuite vers les autres.
Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez...
C'est fini.
C'est fini, tu comprends ?»

Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l'appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tour se fissure en lui; Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l'évidence : l'échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.»

Anna Gavalda

Roman Ensemble, c'est tout

 

Anna Gavalda évoque La Consolante

Pendant presque trois ans (mille quatre-vingt-quinze jours), j'ai vécu dans la tête, et le corps, d'un homme qui s'appelle Charles.

Charles Balanda. (Parce que le matin où je me suis dit « Allez... J'y vais. Je commence aujourd'hui », nous étions en août 2006 et qu'avant de monter dans ma soupente, j'avais (pour gagner du temps !) feuilleté le journal. On y faisait part du décès d'un homme qui portait ce nom et j'aimais cette idée, de contrarier un peu les Parques... (À ce moment-là, j'ignorais tout de ce Charles (ce qui m'amuse dans l'écriture, c'est de me lire évidemment) et ne savais pas qu'il aurait une peur panique des chevaux, (j'étais loin d'imaginer qu'il en croiserait...), or il se trouve que Balanda (cela je le savais, Galoubet etc.) est un nom célèbre dans le milieu hippique. Bah... Nobody's perfect...) (Beaucoup de parenthèses et un(e) prière d'insérer qui part déjà dans tous les sens, tant pis pour l'éditeur...))

Au début de l'histoire, ce Charles, mon Charles, 47 ans, apprend la mort de la mère d'un de ses amis d'enfance et perd complètement les péd... les étriers. Comme c'est un garçon cartésien (architecte et ingénieur), il prend sur lui et fait de grands efforts pour se remettre en selle. En vain.

Bien des chapitres plus tard, sa sour, inquiète, lui demandera :

- Hé. Tu ne serais pas en train de nous préparer une petite crise de la cinquantaine, toi ?

La midlife crisis, comme ils disent.

- Tu crois ?

- Mais ça m'en a tout l'air.

- Quelle horreur. J'aurais aimé être plus original. Je crois que je me déçois un peu, réussit-il à plaisanter.

Non, Charles, je vous rassure. Ce n'est pas ça. Enfin, ce n'est pas ce que j'ai voulu... Je n'aurai pas le culot d'affirmer que vous êtes, que nous sommes tous les deux, « plus originaux », mais la crise de la cinquantaine n'était pas du tout mon propos.

Ce que je voulais, c'était vous choper un matin à la descente d'un avion, vous tabasser, vous rouer de coups jusqu'à ce que vous soyez à terre, et vous le serez, souvenez-vous, sur le boulevard de Port-Royal, à terre et couvert de sang, pour ensuite vous aider à vous relever en vous tendant... d'autres rênes...

Voilà qui n'est pas tellement plus original, je le concède, mais ce qui « bouge encore » à l'heure de ma prière, ce sont les deux femmes qui encadrent votre chute.

Celle qui vous a désarçonné, qui s'appelle Anouk, qui était très gaie, mais qui donne à ce texte un petit goût triste et amer.

Et l'autre, her name is Kate, qui va vous aider à virer les éperons, et qui -en nous racontant des choses affreuses, en nous prenant à la gorge le temps de sa confession- changera la lumière.

La lumière, le ton, l'écriture, et même la typographie de cette histoire.

Tout devient plus léger, plus souple, plus... incliné.

Donc vous voyez, c'est vous qui m'avez obsédée, mais ce n'est pas vous le héros.

Ce sont elles. Vous étiez là pour les servir. Et si nous les avons tant aimées, vous et moi, c'est parce qu'elles sont, chacune à leur manière, absolues, absolument généreuses.

Encore des bons sentiments, on va dire...

Oui. Pardon. À défaut de faire de la bonne littérature, les gens généreux font de beaux personnages. Je dis pardon mais n'en pense rien. À la page 478, Kate m'a déjà graciée : « ... il ne faut pas croire à la bonté des gens généreux. En réalité ce sont les plus égoïstes... »

Et puis il y a les enfants aussi...

Je voulais un livre avec des enfants qui soient vivants à l'intérieur.

Et là, ce mercredi 6 février 2008, à l'heure où je m'insère comme je peux en comptant mes abattis, je me souviens qu'ils y sont, ces enfants, et, rien que pour eux, je suis bien heureuse de l'avoir écrit...

Deux femmes, un homme qui va boitillant de l'une à l'autre et plein de gamins tout autour. Voilà pour La Consolante.

Anna Gavalda

La Presse en parle

Romancière décomplexée, Gavalda ne recule pas devant ce que d'autres prendraient pour des facilités. Elle a un don pour créer une connivence espiègle avec le lecteur. Elle ne larmoie jamais parce que, lorsqu'on est malheureux, la moindre des politesses c'est d'en rire. Elle campe des scènes de genre - déjeuner de famille, fête d'école - avec sensibilité et un sens de l'observation piquant. Cette fois encore, les doigts de fée d'Anna Gavalda ont cousu une belle histoire, saisissante de réalisme - on vit au fil des pages penché sur l'épaule des personnages - et qui fait rêver.

Le Figaro Madame - 27 février 2008

En chacun de nous pleure un enfant qui espère être pris par la main. Anna Gavalda lui donne le champ libre. Voilà pourquoi on referme ce livre avec le sourire. La littérature n'est pas forcée de prétendre à plus.

Le Journal du Dimanche, Jeanne de Menibus, 29 février 2008

 

 

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