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663 romans chez les libraires d'ici à la fin octobre

Pour la première fois depuis dix ans, la production n'a pas augmenté cette année ( 663 romans français en 2005 contre 661 en 2004).

Entre fin août et fin septembre, ce ne sont pas moins de 663 romans nouveaux, dont 442 français et 221 traduits, qui déferleront sur les tables des libraires. Autant dire un niveau toujours très élevé, deux fois supérieur à celui d'il y a dix ans. Aux côtés des grands groupes, les petites maisons indépendantes ont été plus nombreuses à s'engouffrer sur le créneau du roman.

Par éditeur, c'est, selon « Livres Hebdo », Fayard qui publie le plus (22 livres) devant Gallimard, (21), L'Harmattan (19), Albin Michel (15) et Actes Sud (14). « La stabilisation de la production témoigne de la prise de conscience générale de la nécessité de stopper l'inflation de nouveautés », estime néanmoins Frédéric Morel, directeur général de Flammarion. La détérioration du marché du livre, tangible depuis le début de l'année avec un recul de 1,5 % de l'activité en valeur au premier semestre, selon « Livres Hebdo », la justifie aujourd'hui.

Plusieurs « poids lourds » sont attendus sur le marché. Pour la sortie de son dernier roman, « La Possibilité d'une île », Michel Houellebecq - qui a négocié le transfert du siècle en obtenant un à-valoir de plus de 1 million d'euros pour passer de Flammarion à Fayard - est soutenu par une campagne marketing et médiatique d'une ampleur inédite dans l'édition, alors que Fayard mise sur des ventes d'au moins 400.000 exemplaires. Au risque d'éclipser les autres ouvrages ? « C'est vrai qu'on assiste à un phénomène atypique. Mais personne n'a à s'en plaindre, car cela va attirer du monde dans les librairies », relève Hervé de La Martinière, PDG du groupe La Martinière-Le Seuil.

Mais de nombreux autres auteurs tels Amélie Nothomb, Philippe Claudel ou Alexandre Jardin vont eux aussi bénéficier de gros premiers tirages. « Les grosses sorties et les livres d'auteurs moins connus qui rencontreront un succès honorable devraient permettre de retrouver un chiffre d'affaires en littérature équivalent à celui de l'an dernier », pronostique Bertrand Picard, directeur du livre à la FNAC.

Télérama et France Culture se sont associés pour  sélectionner 20 romans

Six cent soixante-trois romans en cette rentrée. Télérama et France Culture se sont associés pour en sélectionner 20 (1)  . Rude épreuve ! 

Bien sûr, tous ces livres trouveront également leur place dans la grille de France Culture et ce, dès aujourd'hui. Le site de la station vous informera, jour après jour, des émissions spéciales liées à cette sélection de rentrée. Et vous donnera la possibilité de réécouter les émissions après leur diffusion.

Littérature française

  • Falaises, d'Olivier Adam, éd. de l'Olivier 
  • Les Pays immobiles, de Bayon, éd. Grasset
  • Le Pays, de Marie Darrieussecq, éd. P.O.L.
  • Immersion, d'Alain Fleischer, éd. Gallimard 
  • Waltenberg, de Hédi Kaddour, éd. Gallimard 
  • La Petite Trotteuse, de Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser 
  • Un vigile, de Patrice Pluyette, éd. Maurice Nadeau.
  • Le Corps des anges, de Mathieu Riboulet, éd. Gallimard 
  • La Méthode Mila, de Lydie Salvayre, éd. du Seuil
  • Fuir, de Jean-Philippe Toussaint, éd. de Minuit.

Littérature étrangère

  • Un coeur de mère, de Roberto Alajmo, éd. Rivages.
  • Neuf Nuits, de Bernardo Carvalho, éd. Métailié
  • Retour au fumier, de Raymond Federman, éd. Al Dante.
  • Bonsoir les choses d'ici-bas, d'António Lobo Antunes, éd. C. Bourgois.
  • Les Dépossédés, de Robert McLiam Wilson, éd. Christian Bourgois.
  • Un monde vacillant, de Cynthia Ozick, éd. de l'Olivier.
  • Le Passé, d'Alan Pauls, éd. Christian Bourgois
  • L'Homme qui mangeait la mort, de Borislav Pekic, éd. Agone.
  • L'Art de la joie, de Goliarda Sapienza, éd. Viviane Hamy.
  • L'OEil nu, de Yoko Tawada, éd. Verdier.

(1) COMPOSITION DU JURY
Le jury était composé de Michel Abescat, Christine Ferniot, Martine Laval, Olivier Pascal-Moussellard et Fabienne Pascaud pour Télérama et de Laure Adler, Anne-Julie Bémont, Laurence Bloch, Nicolas Demorand, Alain Veinstein, Marc Voinchet pour France Culture.

alalettre vous propose douze romans pour la rentrée

Une fête en larmesde Jean d'Ormesson, Editions Robert Laffont 

Présentation de l'éditeur

 Un écrivain connu raconte à une journaliste le roman rêvé de sa vie. Pendant une journée, il se confie. Mais comment savoir si ce qu’il dit correspond à la réalité? Elle se confond avec l’imaginaire. L’écrivain mixte ses histoires et celle du siècle qui vient de s’achever. Il tente d’embrasser le monde.

Après la guerre, une première aventure amoureuse, un bureau aux côtés d’un ambassadeur pittoresque et illustre, il part enseigner dans une université américaine où deux femmes changeront sa vie: Léa, juive polonaise, et Marie, française, dont le frère a été fusillé à la Libération. Elles sont les fils rouges de plusieurs histoires d’amour d’hier et d’aujourd’hui. L’Histoire et ces événements se mêlent aux réflexions sur la vie politique, intellectuelle et sentimentale.
L’existence est tragique, elle est aussi très belle. Le sourire remplace peu à peu l’ironie, le recul tempère le scepticisme, la touche de profondeur qui fit longtemps semblant de ne pas être là éclaire maintenant chaque page où l’enchaînement des phrases crée une sorte d’enchantement.

Je ne crois pas beaucoup, vous le savez, à tout ce qui agite les hommes. Je pense que les trois quarts de nos paroles sont tout à fait inutiles. -Et si, en remplacement de toutes ces choses inutiles et trop longues que nous aurions pu nous épargner, vous deviez me murmurer, comme Baba l'Eveillé au commandeur des croyants, quelques mots à l'oreille, lesquels choisiriez-vous ? Je la regardai une dernière fois à la lueur de la lampe. Le spectacle n'était pas déplaisant. Elle souriait, immobile, ses longues jambes croisées, dans une attitude un peu théâtrale et merveilleusement naturelle. Elle était jeune et charmante. - Je vous dirais que l'être est. Et il n'y aurait rien à ajouter. Si j'étais très bavard, j'ajouterais que nous mourrons tous. Et je pourrais vous dire aussi, mais ce serait déjà trop long, que la vie est un rêve sombre et tragique - et qu'elle est très belle et très gaie. - Une fête en larmes ? dit Clara. - Une fête en larmes, lui dis-je. - Rien d'autre ? demanda-t-elle à la façon du sultan. -Non, rien d'autre, lui répondis-je à la façon de Baba, ô sublime harmonie, ô lumière de ma journée. Tout l'essentiel est là.

Jean d'Ormesson

Jean d’Ormesson, de l’Académie française, est écrivain. Il a publié, entre autres: «La Gloire de l’Empire», «Au plaisir de Dieu», «Mon dernier rêve sera pour vous», «Histoire du Juif errant», «La Douane de mer», «Une autre histoire de la littérature française», «Le Rapport Gabriel», «Voyez comme on danse», «C’était bien», «Et toi mon coeur pourquoi bats-tu».

A 80 ans, Jean d'Ormesson a traversé l'horreur de l'Histoire la fleur au fusil, butinant chez Cioran et Madame du Deffand son art du sourire dans la douleur. «J'aime la vie menacée par la mort», écrit-il dans Une Fête en larmes. Il nous l'avait déjà dit dans C'était bien: pour lui, le néant est partout, et c'est justement pour cela qu'il faut mordre à la vie. Cet amoureux de la conversation joue à nouveau de son art de parler de lui, sans jamais se livrer avec impudeur ou complaisance.

La Ligne de flottaison de Jean Hatzfeld, Editions Seuil

Présentation de l'éditeur

Frédéric, correspondant de guerre, rentre de Tchétchénie. Déambulant dans Paris, il retrouve sa compagne Emese et ses amis journalistes. Mais le conflit tchétchène, qu'il a laissé derrière lui, l'obsède. Dorénavant, doit-il rester à Paris, fonder une famille, écrire un livre ? A travers ses discussions avec ses compagnons des services responsables de l'étranger, il se découvre marqué du sceau de la guerre, irrémédiablement grand reporter, toujours sur le départ. Jean Hatzfeld mêle habilement dans son roman autobiographie et fiction, nourrissant ainsi sa réflexion sur un métier passion.

Jean Hatzfeld

Grand reporter, correspondant de guerre, il a notamment couvert le conflit yougoslave et le génocide rwandais.

Né en 1949 à Madagascar où son père était enseignant, il a grandi dans un petit village d'Auverge avant de s'installer à paris. Dès 1973, il collabore au journal Libération. Il s'occupe d'abord de la rubrique sportive avant de devenir grand reporter pour couvrir de nombreux conflits.

Il est l'auteur de : Une saison de machettes (Le Seuil, 2003) ,  Dans le nu de la vie  (Le Seuil, 2001),  La guerre au bord du fleuve (L'Olivier, 1999) , L'Air de la guerre , (L'Olivier, 1994) 

L'antilope blanche de Valentine Goby , Editions Gallimard

Présentation de l'éditeur

Au début du roman, présenté comme un journal, Charlotte Marthe part pour le Cameroun, à la suite d'une douloureuse déception sentimentale. Elle prend la direction du collège moderne de jeunes filles de New-Bell à Douala. La jeune femme raconte sa vie aux côtés des « Antilopes », les jeunes filles dont elle veut faire l'élite de la société camerounaise. Mais l'histoire la rattrape : l'indépendance, les émeutes dans les rues... Inspiré d'une histoire vraie, le roman dresse un portrait tout en finesse d'une Française dans l'Afrique des années cinquante, confrontée à la décolonisation. L'Antilope blanche de Valentine Goby Gallimard, à paraître le 1er septembre.

Valentine Goby

Valentine Goby est née à Grasse en 1974. Après des études de sciences politiques et des séjours humanitaires à Hanoï et à Manille, elle publie en 2002 son premier roman, La Note sensible. Cette histoire d'amour sur fond de violoncelle et de musique est saluée par la critique et récompensée par plusieurs prix. Enseignante, l'auteur a également fondé « L'Ecrit du coeur », un collectif d'écrivains soutenant des actions de solidarité. L'Antilope blanche est son troisième roman.

Un instant d'abandon de Philippe Besson, Editions Julliard

Présentation de l'éditeur

L'histoire commence là, dans une ville de bord de mer, en automne. Un homme revient et avec lui, c'est le passé qui ressurgit. Des années plus tôt, il a été condamné pour un crime, le plus impardonnable qui soit. Les gens n'ont pas oublié. Il ne revient pas demander pardon. Il veut retrouver au plus âpre de lui-même cet état d'innocence dont on l'a si violemment privé. Mais en finit-on jamais avec ses disparus et le temps d'avant ?

Tom Sheppard vit à Falmouth, une ville de bord de mer. Un jour, alors qu'il se trouve en bateau avec son fils, ce dernier passe par-dessus bord et meurt. Tom Sheppard est accusé d'homicide non intentionnel, et effectue cinq ans de prison. L'histoire démarre quand il revient dans sa ville natale.

Philippe Besson

Né en 1967, Philippe Besson se destinait à une carrière de juriste. En 2001, ce Charentais, amoureux de Proust, publie un superbe premier roman, En l'absence des hommes (Julliard), pour lequel il obtient le prix Emmanuel-Roblès, une récompense décernée par l'Académie Goncourt. Son deuxième livre est également une réussite. En effet, Son frère, édité la même année, est adapté au cinéma par Patrice Chéreau. Philippe Besson est l'auteur de L'Arrière-Saison (prix RTL–Lire), Un garçon d'Italie et Les Jours fragiles.

Le roman des Jardin d'Alexandre Jardin, Editions Grasset

Présentation de l'éditeur

" Dois-je avouer que, soudain, j'en ai eu assez de me cacher publiquement en écrivant des romans de bon garçon ? Que mes petites épopées sur l'extase conjugale m'ont paru, la quarantaine venue, bien pâlichonnes au regard des folies de ma famille ? Bon sang, me suis-je dit: jusqu'à quand auras-tu peur d'être un Jardin ? Il faut admettre que le sang des Jardin est un breuvage à hauts risques. Une gorgée, et bas les masques ! Cap sur les sentiments incorrects , sur des fièvres bizarres, loufoques, grisantes ; sur ces hurluberlus qui font ma tribu et qui embellirent leur vie de magnifiques audaces,.. Le résultat est là : dans ce roman vrai, je perce mes abcès de silence. Je vagabonde enfin au sein de ce clan qui. à lui seul, incarne la fantaisie. l'irrégularité en tout et un moment d'incroyable liberté. Pour la première fois, je redeviens un Jardin. Suis-je digne de ces grands fouleurs de principes ? Je leur dois, en tout cas, la meilleure part de ce que je suis. " A.J.

Alexandre Jardin

Alexandre Jardin  est né en 1965. Fils de Pascal Jardin, écrivain et scénariste français.

Marié, il a 3 enfants. Diplômé de Sciences Politiques à Paris, on dit qu’une fois obtenu, la légende voudrait qu’il eut il déchiré son diplôme.

Un heureux évènement d' Eliette Abecassis, Editions Albin Michel

Présentation de l'éditeur

" Désormais ma vie ne m'appartenait plus. Je n'étais plus qu'un creux, un vide, un néant. Désormais, j'étais mère. " Violent, sincère, impudique, le nouveau roman d'Eliette Abécassis brise les tabous sur la maternité, cet " heureux événement " qui n'est peut-être qu'une idéologie fabriquée de toutes pièces. Après Mon père et Clandestin, la romancière affirme un ton toujours plus personnel, où la fiction se mêle à une analyse subversive de la société.

Eliette Abecassis

Eliette Abecassis est née à Strasbourg. Elle a 30 ans, est normalienne et agrégée de philosophie.

Elle est l'auteur de deux romans : Qumran (1996), L'or et la cendre (1997),   La Répudiée (2000) et Mon père (2002)

Elle a également publié un essai : Petite Métaphysique du meurtre (P.U.F., 1998).

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel, Editions Stock

Présentation de l’éditeur

Monsieur Linh est un vieil homme. Il a quitté son village dévasté par la guerre, n’emportant avec lui qu’une petite valise contenant quelques vêtements usagés, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays. Dans ses bras, repose un nouveau-né. Les parents de l’enfant sont morts et Monsieur Linh a décidé de partir avec Sang Diû, sa petite fille. Après un long voyage en bateau, ils débarquent dans une ville froide et grise, avec des centaines de réfugiés.
Monsieur Linh a tout perdu. Il partage désormais un dortoir avec d’autres exilés qui se moquent de sa maladresse. Dans cette ville inconnue où les gens s’ignorent, il va pourtant se faire un ami, Monsieur Bark, un gros homme solitaire. Ils ne parlent pas la même langue, mais ils comprennent la musique des mots et la pudeur des gestes. Monsieur Linh est un cœur simple, brisé par les guerres et les deuils, qui ne vit plus que pour sa petite fille. Philippe Claudel accompagne ses personnages avec respect et délicatesse. Il célèbre les thèmes universels de l’amitié et de la compassion. Ce roman possède la grâce et la limpidité des grands classiques.

Biographie de l'auteur

Philippe Claudel est né en 1962. Son roman Les âmes grises (prix Renaudot 2003, Grand prix littéraire des lectrices de Elle en 2004, consacré meilleur livre de l'année 2003 par le magazine Lire) a été traduit dans vingt-deux pays.

La pluie ne change rien au désir de Véronique Olmi, Editions Grasset

Présentation de l’éditeur

L'intrigue de ce roman est des plus simples : un homme, une femme… Ils sont, l'un et l'autre, un peu cabossés par la vie ; ils se sont donné rendez-vous sur un banc du jardin du Luxembourg un jour pluvieux de fin d'été ; ils s'observent, se choisissent, et vont dans un hôtel tout proche pour y passer l'après-midi… Rien de plus dans cette intrigue. Mais rien de moins : jamais "cérémonie des amants" n'aura été traitée avec plus d'audace et de pudeur. Que se passe-t-il donc dans la tête d'un homme et d'une femme qui veulent oublier leurs passés et qui se savent sans avenir ? Et que se passe-t-il dans leur corps ?

Véronique Olmi

Née en 1962, Véronique Olmi écrit pour le théâtre depuis plus de dix ans. Elle fut particulièrement remarquée en 1998 à l'occasion de la création de Chaos debout par Jacques Lassalle au Festival d'Avignon. Véronique Olmi a publié un recueil de nouvelles : Privée (Editions de l'Arche et Actes Sud Babel), et plusieurs romans.

La joueuse d'échec de Bertina Henrichs, Editions Liana Levi

Présentation de l’éditeur

Dans l’île de Naxos, Eleni est femme de chambre dans un hôtel fréquenté par les touristes. La quarantaine négligée, elle mène une vie bien réglée entre son travail, un mari garagiste épousé à dix-huit ans, deux enfants adolescents et une amie d’enfance. Son seul espace de liberté, ce sont les chambres qu’elle fait chaque matin, les objets qu’elle y remarque, à travers lesquels elle imagine d’autres vies… Un jour, par un geste maladroit, elle renverse une pièce sur un échiquier sur lequel une partie est engagée. Sa vie bascule alors, car, de façon inattendue, elle se prend de passion pour ce jeu au grand dam de sa famille et des habitants de l’île plus qu’interloqués. Ce premier roman nous donne à découvrir un formidable talent de narratrice.

Bertina Henrichs

Bertina Henrichs, née à Francfort il y a trente-sept ans, vit en France depuis plus de quinze ans. Après des études de lettres et de cinéma, elle est devenue scénariste de documentaires et de fictions. Fascinée par la lumière et les couleurs des îles grecques, où elle a souvent séjourné - ce qui rend son récit si authentique- , elle écrit La Joueuse d’échecs, son premier roman, directement en français. Elle s’amuse d’ailleurs en se souvenant que son sujet de thèse à Jussieu portait sur les écrivains qui ont changé de langue en exil !

La petite trotteuse de Michèle Lesbre,  Sabine Wespieser Editeur

Présentation de l'éditeur

Au hasard d'un déménagement de sa mère, la narratrice tombe sur une boîte où est remisé tout de qui reste de son père : entre autres papiers, un certificat de démobilisation, le câblogramme annonçant sa naissance, et puis une montre.

" D'un geste machinal, j'avais mis la montre en marche. Le tic-tac avait surgi avec une violence inattendue. J'avais cru ne pas survivre à ce bruit presque imperceptible, cette course inexorable de la petite trotteuse qui me donnait le vertige. Trente ans après sa mort, mon père me quittait de nouveau. La douleur était entrée en moi d'un seul coup."

Depuis qu'elle a retrouvé cette montre, qui ne la quitte pas, la narratrice s'est elle-même mise en mouvement : suivant une impulsion implacable, elle visite des maisons, comme pour retrouver le lieu d'un rendez-vous manqué.

Alors qu'elle est au bout de son improbable quête, le présent se substitue de plus en plus souvent, en autant de fondus enchaînés, à des scènes de sa vie passée : dans l'hôtel où elle s'est installée, le gros chat orange la renvoie à celui qui l'attend quelque part, mais aussi au compagnon de ses jeux de petite fille ; les pas de son voisin se superposent à ceux de son père, lourds de chagrin ; l'ombre de sa mère, silhouette frivole, rôde…

Dans la maison du bord de mer, dernière étape du périple, la houle des souvenirs l'assaille : les images de son enfance qui commença avec la guerre, celles des uniques vacances en famille, un désastre, celles d'esquisses de maisons aussi, dessinées par un père triste et mystérieux, mort trop tôt et avec qui pourtant elle n'a pas cessé de s'entretenir.

Peu à peu se construit, sous nos yeux, et presque à l'insu de la narratrice, un magnifique et subtil roman des origines : les fils de sa vie se dénouent, elle comprend, à la faveur des scènes qui se superposent dans son esprit, sa fascination pour le théâtre et son désir constant de trouver dans les mots des autres un début d'explication. Ses engagements politiques enfin s'éclairent à la lumière des idées qu'elle soupçonne avoir été celles de son père… et elle connaît enfin l'apaisement.

Jamais Michèle Lesbre n'est allée si loin dans l'entrelacement de son expérience intime et de la fiction, et jamais elle n'a montré de manière si lumineuse le pouvoir rédempteur des mots, qu'elle tisse comme un enchantement.

Michèle Lesbre

Michèle Lesbre est née avec la deuxième guerre mondiale. Elle a grandi dans les années quarante et cinquante, celles de la 4CV et de la DS, du verre de lait de Mendès France dans les écoles, de Martine Carol, de James Dean, de la mort de Staline, de la guerre d'Algérie, de Sartre et Simone de Beauvoir, de Boris Vian...

Après un bref passage à l'université (propédeutique lettres et histoire), elle a eu deux enfants, fait du théâtre dans des troupes régionales, milité à l'extrême gauche tout en étant institutrice puis directrice d'école maternelle. Elle vit à Paris depuis plus de trente ans.
Elle a commencé à écrire voici une quinzaine d'années : ses premiers livres ont été publiés dans des collections de romans noirs.

En 2001, elle est passée à la littérature générale avec Nina par hasard (Le Seuil) en même temps que paraissait un texte biographique, Victor Dojlida, une vie dans l'ombre (Noésis).
Depuis 2003, elle publie ses livres chez Sabine Wespieser éditeur : Boléro en janvier 2003, Un certain Felloni en mai 2004, avant La Petite Trotteuse, son neuvième livre, en septembre 2005.

Ubiquité  de Claire Wolniewicz , Editions Viviane Hamy

Présentation de l'éditeur

Jusqu’à 33 ans, rien dans la « mornitude » de la vie d’Adam Volladier ne laisse présager une explosion, ou la moindre curiosité pour le monde. Et pourtant, pourtant… Si on y réfléchit, il y avait cet épisode étrange, cet intérêt intempestif pour la peinture. Mais oui, souvenez-vous, il venait d’avoir onze ans :

« L’enfant défit le papier d’emballage coloré et découvrit une boîte de peinture à l’huile. Sa surprise fut plus grande encore en apprenant qu’elle ne contrevenait en rien aux préceptes familiaux. Le soir même, il consacra deux bonnes heures à cette nouveauté, fit de même le jour suivant puis tous les jours après. Cela tombait bien, on était en hiver et le jardin était gelé. Mais les parents sentirent l’inquiétude les gagner : l’engouement d’Adam dépassait le passe-temps convenu pour ressembler à de la passion. Cela lui passera avec les beaux jours, se dirent-ils pour se rassurer. »

Oh, ce fut bref. Étouffé, très vite, presque dans l’œuf. Les parents Volladier remirent le fils dans le droit chemin. L’école, le jardinage, le potager surtout, la messe. Il avait passé son Bac, suivi une école de comptabilité. Il était désormais comptable chez Franchon, un supermarché de Meulan. La mort de sa mère succédait à celle de son père, et aucune fenêtre ne s’ouvrait sur la vie.

Jusqu’au jour… Jusqu’au jour où Adam Volladier se découvre un don d’ubiquité sociale : sans explication aucune, un nombre étonnant de personnes reconnaissent en lui qui un ancien ami, qui un partenaire de tennis, qui un avocat... Au gré des rencontres, Adam va se laisser glisser d’identité en identité, émerveillé par ces vies qu’on lui attribue, qui tournent et qu’il endosse à chaque fois comme un nouveau costume, une nouvelle veste, une nouvelle paire de chaussures…

Mais comment continuer un tel jeu lorsqu’il s’agit de prendre la place d’un amant ? Que faire lorsque Rita – ravissante jeune fille travaillant dans une galerie d’art - reconnaît en lui Georges Fondel, l’homme dont elle est amoureuse ? Adam ne réfléchira guère longtemps : il va devenir Georges Fondel.

Il comprendra trop tard que ce choix n’était pas sans risque. Le vrai Fondel est un escroc. Après avoir volé L’Origine du monde de Courbet, il a disparu sans laisser de traces. Un riche collectionneur argentin et d’anciens complices furieux le recherchent depuis plusieurs mois. Ils seront tout heureux de le retrouver en Adam Volladier…

Claire Wolniewicz

Claire Wolniewicz est née en 1966. Elle partage aujourd’hui sa vie entre la ville et la campagne.

Après l’écriture d’un recueil de nouvelles (Sainte Rita, Finitudes, 2003), Ubiquité est son premier roman.