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Les Liaisons dangereuses

Sur France 3 : lundi 13 novembre 2000 à 20 h 55 (120 min)

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Glenn Close (la marquise de Merteuil), John Malkovich (le vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)

Réalisateur : Stephen Frears

D'après l'oeuvre de Choderlos de Laclos

Distribution : Glenn Close (la marquise de Merteuil), John Malkovich (le vicomte de Valmont), Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel), Swoosie Kurtz (madame de Volanges), Keanu Reeves (le chevalier Danceny), Mildred Natwick (madame de Rosemond), Uma Thurman (Cécile de Volanges), Peter Capaldi (Azolan)

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Michelle Pfeiffer (madame de Tourvel)

Sujet : Femme aussi brillante que machiavélique, la Marquise de Merteuil se complaît dans son monde d'intrigues et de manipulations. L'un de ses amants, le Chevalier de Danceny, ayant décidé d'épouser Cécile de Volanges, une jeune oie blanche de 16 ans fraîchement sortie du couvent, elle décide de se venger. La marquise de Merteuil demande au libertin vicomte de Valmont de séduire Cécile de Volanges. Espérant regagner les faveurs de la marquise, Valmont s'exécute. Mais il a aussi d'autres projets : Il souhaite séduire la très fidèle Madame de Tourvel. Après de nombreuses difficultés, le brillant séducteur y parvient enfin. Mais l'amour de Madame de Tourvel est si sincère qu'il commence à troubler Valmont ...

L'analyse des Liaisons dangereuses de Laclos

Les Prix littéraires 2000

La quinzaine des grands prix littéraires a débute jeudi 26 octobre par l'attribution du Grand prix du roman de l'Académie française à Pascal Quignard pour Terrasse à Rome (Gallimard). Elle se terminera le 14 novembre avec l'Interallié.

Lundi 30 octobre , ont été  décernés le Goncourt et le Renaudot.

Le prix Goncourt a été décerné à Jean-Jacques Schuhl pour "Ingrid Caven" (Gallimard) et le Prix Renaudot à l'Ivoirien Ahmadou Kourouma pour son livre "Allah n'est pas obligé" (Seuil).

Lundi 6 novembre , ont été  décernés le Médicis et le Femina.

Le prix Médicis a été attribué  à Yann Apperry pour Diabolus in musica (Grasset), le Médicis étranger revenant à l'écrivain d'origine sri-lankaise Michael Ondaatje pour "Le Fantôme d'Anil" (éd. L'Olivier).

Dans la catégorie Essais, le jury a couronné Armelle Lebras-Chopard et "Le zoo des philosophes" (Plon).

Le Prix Fémina a été attribué à Camille Laurens pour "Dans ces bras-là" (POL). Le Prix Fémina du roman étranger a été attribué à l'écrivain américain d'origine antiguaise Jamaica Kincaid pour "Mon frère" (L'Olivier).

Le Fémina de l'essai attribué à Robert Badinter pour "L'abolition" (Fayard).

Pour en savoir plus : le dossier réalisé par Yahoo

Les Quatre derniers sélectionnés du Goncourt étaient :

  • Allah n'est pas obligé (Le Seuil) d'Ahmadou Kourouma
  • La métaphysique des tubes (Albin Michel) d'Amélie Nothomb
  • Parti (Stock) de François Salvaing
  • Ingrid Caven (Gallimard) de Jean-Jacques Schuhl.

Les sélectionnés du Femina

Romans français

  • Alice Ferney : La conversation amoureuse (Actes sud)
  • Ahmadou Kourouma : Allah n'est pas obligé (Le Seuil)
  • Camille Laurens : Dans ces bras-là (POL)
  • Laurent Mauvignier : Apprendre à finir (Minuit)
  • Jean-Jacques Schuhl : Ingrid Caven (Gallimard)

Romans étrangers

  • Kathleen Hill : Eaux tranquilles (Phébus)
  • Moses Isegawa : Chroniques abyssiennes (Albin Michel)
  • Jamaica Kincaid : Mon frère (L'Olivier)
  • Lee Sung-U : L'envers de la vie (Zulma)
  • Vikram Seth : Quatuor (Grasset)
  • Elsa Osorio : Luz ou le temps sauvage (Métailié).

Essais

  • Robert Badinter : L'abolition (Fayard)
  • François Bizot : Le portail (La Table Ronde)
  • Annie Cohen-Solal : Un jour, ils auront des peintres (Gallimard)
  • Jean Hatzfeld : Dans le nu de la vie (Le Seuil). Absent de la liste précédente :
  • Gilles Kepel : Jihad (Gallimard)
  • Bernard-Henri Lévy : Sartre (Grasset)

Lire en Fête du 13 au 15 octobre 2000

En France et à l'étranger

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Lire en fête 2000 est la 12e édition de la fête du livre et de la lecture.
La réussite de Lire en fête 1999 a prouvé la disponibilité et l'intérêt du public pour les manifestations vivantes et novatrices autour du livre et de la lecture et la capacité de tous les organisateurs à inventer de nouvelles formes de rencontres chaleureuses et participatives. Elle a créé une nouvelle dynamique.

Lire en fête illustre le résultat d'une volonté de créer des espaces de rencontres entre le public, les auteurs, les éditeurs organisés par tous ceux qui concourent à la diffusion du livre, au développement de la lecture et à la présence de l'écrit. Les bibliothécaires, les libraires, les enseignants, les collectivités territoriales, les fédérations d'éducation populaire, le milieu associatif… les comédiens et les musiciens… tous se mobilisent et s'associent avec une passion communicative pour mettre le livre et la lecture, sur le devant de la scène.

Lorenzo Mattotti, dessinateur italien, a réalisé le visuel de la manifestation qui sera décliné et repris pour toute la communication de Lire en fête - affiches, cartes postales, signets, sacs, kakémonos.

Aux côtés du ministère de la culture et de la communication et d'autres ministères, notamment Justice, Education nationale, Affaires étrangères, Défense, Agriculture et Pêche, Secrétariat d'Etat à l'Outremer, secrétariat d'Etat à la Santé et aux Handicapés, des collectivités locales et tous les professionnels du livre se mobilisent.

Pour en savoir plus  Lire en Fête

Le Bourgeois Gentilhomme, comédie en 5 actes de Molière

Du 16 septembre 2000 à mai 2001 à la Comédie Française
Mise en scène de Jean-Louis-Benoit

La pièce

Bourgeois entiché de noblesse, M. Jourdain entend acquérir les manières des gens de qualité. Il décide de commander un nouvel habit plus de sa nouvelle condition et se lance dans l’apprentissage des armes, de la danse, de la musique et de la philosophie, autant de choses qui lui paraissent indispensables à sa condition de gentilhomme.

Il se pique également de courtiser Dorimène, amenée sous sont toit par son amant, un comte désargenté , qui entend bien profiter de la naïveté de sa dupe.

Sa femme et Nicole sa servante, se moquent, puis s’inquiètent de le voir ainsi toqué de belles manières, et tentent de le ramener à la réalité du prochain mariage de sa fille Lucile avec Cléonte. Mais ce dernier n’étant pas gentilhomme, M. Jourdain refuse obtinément cette union.

Covillet, le valet de Cléonte, imagine alors de déguiser le jeune homme en " Grand Turc " et de l’introduire dans la maison pour honorer M. Jourdain et lui offrir la distinction de " Mamamouchi ".

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La biographie de Molière

Contexte historique

Vingt-cinquième pièce de Molière, Le Bourgeois Gentilhomme fut représenté pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour, au château de Chambord.

Comédie-ballet en cinq actes et en prose de Molière , avec une musique de Jean-Baptiste Lully, elle symbolise la réussite d’un genre brillant réunissant théâtre, musique et ballet en un ensemble harmonieux. Le public parisien fit un triomphe à la comédie que Molière afficha en novembre avec les divertissements sur son théâtre du Palis Royal. La pièce fut jouée pour 6 représentations en 1670, vingt huit en 1671 et huit en 1672.

A la création, Molière, jouait le rôle de Monsieur Jourdain, habillé de couleurs vives , paré de dentelles d’argent et de plumes multicolores, face à Hubert, travesti dans celui de Madame Jourdain ; Melle de Brie était Dorimène , Armande Béjart jouait Lucile, tandis que le musicien Lully était le muphti au cours de la céremonie turque du quatrième acte.

Entrée au répertoire le 4 octobre 1680 et régulièrement reprise , c’est une des pièces les plus populaires de Molière. Elle a été traduite en une vingtaine de langues. Le Bourgeois gentilhomme est la dixième pièce la plus jouée de Molière, et la première représentation de cette nouvelle production sera la 1430e à la Comédie-Française.

Le site de la Comédie française

Lorenzaccio

au Théâtre des Amandiers de Nanterre
Du 12 octobre 2000 au 18 Novembre 2000

LORENZACCIO, d'Alfred de Musset. Mise en scène : Jean-Pierre Vincent.

Lorenzaccio par Jean-Pierre Vincent, le résumé complet de la pièce

Avec Jérôme Kircher, Madeleine Marion, Richard Sammut, Louis Merino, Olivier Angèle, François Clavier…

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Alfred de Musset

L'un des grands soirs de Jean-Pierre Vincent ( Le Monde)

Jean-Pierre Vincent a conduit les comédiens de la même main avisée, ferme, qu'il avait eue lors de ses Caprices de Marianne. Musset lui réussit. Jérôme Kircher, Lorenzo très sensible, indécis, rêveur, caché, est on ne peut plus attachant. Richard Sammut donne un duc Alexandre vrai brigand, sourd aux évidences, fascinant. Les acteurs renommés, tels Madeleine Marion, François Clavier, Louis Merino, sont au top. Les comédiens sont une armée, tous sobres, nets, parfaits. Qu'ils fassent comme s'ils étaient, un par un, nommés ici. Avec eux aussi, ce Lorenzaccio est l'un des grands soirs de Jean-Pierre Vincent.

Michel Cournot dans le Monde, le vendredi 28 juillet 2000 (pièce présentée au Festival d'Avignon)

L'article complet du Monde

Extrait d'un article de Fabienne Pascaud, Télérama  ( juillet 2000)

"Lorenzaccio sera mon point d'orgue."

... Après On ne badine pas avec l'amour (1988), Fantasio (1991), Les Caprices de Marianne (1991), Il ne faut jurer de rien (1993), c'est la cinquième fois que Jean-Pierre Vincent s'attelle au compagnon Musset. "Pour moi, il est le premier dramaturge français qui nous fasse entrer dans la modernité. Il nous raconte l'explosion et le malaise de la jeunesse, devenue grâce à lui catégorie sociale : avant 1830, excepté le Werther de Goethe, quelle œuvre avait conté les désarrois des jeunes générations ? Il nous parle d'un monde où tout est politique - le sexe, les relations parents-enfants, les rêves -, un monde qui s'achemine douloureusement vers la démocratie, même si lui, Musset, est revenu de tous les discours, ne croit plus en rien, ne se force plus dans ses pièces aux bons sentiments, aux happy ends. C'est un solitaire, un sceptique. Il sait à quel point il est lui-même contradictoire et ne s'embarrasse pas de ses contradictions. Il sent que l'âge d'or n'existera plus, qu'on entre dans le monde de la séparation. Il annonce enfin la disparition du personnage classique, de la dramaturgie classique : Lorenzo a plusieurs noms dans la pièce, d'une scène à l'autre il n'est jamais le même. C'est déjà un être éclaté, fragmenté...

"Lorenzaccio est une de ces grandes pièces qui éclairent un moment clé de notre imaginaire collectif. Comme Le Misanthrope, de Molière, et la naissance de l'absolutisme royal, comme Le Mariage de Figaro et l'apport de la philosophie des Lumières, l'aspiration à la liberté. Trois œuvres charnières que j'ai montées. Je peux m'arrêter. Lorenzaccio sera mon point d'orgue."

Le dossier complet de Télérama

Les Misérables

Les lundi 4, 11, 18 et 25  septembre 20h55 sur TF1

Les Misérables

Réalisation Josée Dayan
Durée: 1 h 45 mn
Scénario : Didier Decoin
Musique : Jean -Claude Petit

Acteurs

  • Gérard Depardieu (Jean Valjean)
  • Christian Clavier (Thénardier)
  • John Malkovich (Javert)
  • Virginie Ledoyen (Cosette)
  • Enrico Lo Verso (Marius)
  • Charlotte Gainsbourg (Fantine)

1815. Alors que tous les aubergistes de la ville l'ont chassé, le bagnard Jean Valjean est hébergé par Mgr Myriel ( que les pauvres ont baptisé, d'après l'un de ses prénoms, Mgr Bienvenu). L'évêque de la ville de Digne, l'accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit.

Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d'un pain et vient de passer vingt ans au bagne.

Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit, après avoir dérobé les six couverts d'argent, les seules richesses de l'évêque. Le lendemain , les gendarmes le ramènent chez Mgr Bienvenu qui, à sa grande surprise, l'innocente. L'évêque lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait "oublié" d'emporter. Il souhaite ainsi aider l'ancien bagnard à redevenir un honnête homme. Pourtant sur la route, Jean Valjean commet un nouveau délit. Il vole un petit ramoneur. Mais, alors qu'il s'apprête à ranger son larcin dans sa besace, il revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu , et se rappelle les paroles de l'évêque. Il n'aura plus alors qu'un seul but : honorer la bonté de l'ecclésiastique et servir le bien...

Huis clos

Théâtre Marigny à Paris  Salle Popesco

100 représentations exceptionnelles à partir du 28 septembre 2000

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portrait  de Jean-Paul Sartre paru dans Time magazine en 1946

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Mise en scène de Robert Hossein

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(photo : Artmédia)
Claire Nebout, Inès


François Marthouret, Garcin

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(photo : bureau Georges Lamber)
Claire Borotra, Estelle

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(photo : Philippe Caisse)
Yves le Moign', Le garçon

La Naissance de Huis Clos par Jean-Paul Sartre

Quand on écrit une pièce, il y a toujours des causes occasionnelles et des soucis profonds. La cause occasionnelle c'est que, au moment où j'ai écrit Huis Clos, vers 1943 et début 44, j'avais trois amis et je voulais qu'ils jouent une pièce, une pièce de moi, sans avantager aucun d'eux. C'est à dire , je voulais qu'ils restent ensemble tout le temps sur la scène. Parce que je me disais , s'il y en a un qui s'en va, il pensera que les autres ont un meilleur rôle au moment où il s'en va. Je voulais donc les garder ensemble. Et je me suis dit, comment peut-on mettre ensemble trois personnes sans jamais faire sortir l'une d'elles et les garder sur la scène jusqu'au bout comme pour l'éternité.

C'est là que m'est venue l'idée de les mettre en enfer et de les faire chacun le bourreau des deux autres. Telle est la cause occasionnelle.

Par la suite d'ailleurs, je dois dire , ces trois amis n'ont pas joué la pièce et , comme vous le savez c'est Vitold, Tania Balachova et Gaby Sylvia qui l'ont jouée.

Mais il y avait à ce moment-là des soucis plus généraux et j'ai voulu exprimer autre chose dans la pièce que simplement ce que l'occasion me donnait. J'ai voulu dire : l'enfer , c'est les autres. Mais "l'enfer, c'est les autres" a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'étaient toujours des rapports infernaux. Or, c'est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut-être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons ses connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Deuxième chose que je voudrais dire, c'est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnages que vous entendrez dans Huis Clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes vivants et qu'ils sont morts. Bien entendu, ici" morts" symbolise quelque chose. Ce que j'ai voulu indiquer, c'est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d'habitudes, de coutumes,, qu'ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu'ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts. En ce sens qu'ils ne peuvent briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes; et qu'ils restent ainsi victimes souvent des jugements qu'on a portés sur eux. A partir de là , il est bien évident qu'ils sont lâches ou méchants par exemple.

S'ils ont commencé à être lâches , rien ne vient changer le fait qu'ils étaient lâches. C'est pour cela qu'ils sont morts, c'est pour cela, c'est une manière de dire que c'est une mort vivante que d'être entouré par le souci perpétuel de jugements et d'actions que l'on ne veut pas changer. De sorte que , en vérité, comme nous sommes vivants , j'ai voulu montrer pr l'absurde, l'importance chez nous de la liberté, c'est à dire l'importance de changer les actes par d'autres actes. Quel que soit le cercle d'enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c'est encore librement qu'ils y restent . de sorte qu'ils se mettent librement en enfer.

Vous voyez donc que, rapports avec les autres, encroûtement et liberté , liberté comme l'autre face à peine suggérée , ce sont les trois thèmes de la pièce. Je voudrais qu'on se le rappelle quand vous entendrez dire : "l'enfer c'est les autres."

Texte dit par Jean-Paul Sartre en préambule à l'enregistrement phonographique de la pièce en 1965

Ces textes ont été rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka - Folio essais- Gallimard 1992

Huis Clos

Un garçon d'étage introduit dans un salon Style Empire, Garcin le journaliste-publiciste, Inès l'ancienne employée des Postes et  Estelle, la mondaine. Ainsi débute un hallucinant huis clos.   Ils vont se livrer un combat de mots qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Ils s'interrogent sur leur damnation et se cachent sous le masque de la "mauvaise foi". Chacun a besoin de l'autre pour exister, prendre conscience de soi ; le regard d'autrui est aussi une menace.

La violence , l'humour , le désespoir et la révolte traversent cette pièce d'une simplicité diabolique et à la mécanique implacable.

Personnages

Garcin, journaliste. Il a été fusillé en raison de sa fidélité au pacifisme. Il croit qu'il est un héros. Il se montre pourtant perfide

Inès, une ancienne employée des Postes, lesbienne . Elle a fait voler en éclat le couple de sa meilleure amie. Elle est morte asphyxiée par le gaz.

Estelle, femme d'un vieil homme riche. Elle a été la maîtresse d'un jeune homme et a commis le meurtre d'un enfant. Elle est morte d'une pneumonie. Elle ne cesse de frauder avec la vérité.

Citations de Huis Clos

On meurt toujours trop tôt ou trop tard
Inès

Le bourreau c'est chacun de nous pour les deux autres.
Garcin

Ça m'est égal , lâche ou non pourvu qu'il embrasse bien
Estelle

Alors c'est ça l'enfer. Je ne l'aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le souffre, le bûcher, le gril.. Ah quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer c'est les autres.

Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la soufrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les cœurs. Quand je suis toute seule, je m'éteins.

Quelques commentaires

Sartre ou la nostalgie de l'idylle universelle

Albert Camus Carnets Tome 2 Gallimard 1964

Huis clos. La pièce m'a fait un effet extraordinaire. Je crois qu'un catholique aurait pu l'écrire sans y changer grand-chose. L'enfer c'est avant tout de ne pouvoir aimer. Peu à peu, on se sent gagné par un sentiment d'horreur à cause de la parfaite ressemblance de cette image d'un châtiment éternel
Julien Green Journal, Gallimard, 1990

Les Destinées sentimentales

Film d’Olivier Assayas, avec Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Charles Berling. 3 heures. Sortie le 12 juillet.

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Synopsis

Lorsque Jean et Pauline se rencontrent pour la première fois à Barbazac, en Charente, pendant un bal, elle a 20 ans. Lui est pasteur, marié, père de famille et vient de se résigner à l’échec de son union avec Nathalie. Qu’importent les pressions de la bonne société protestante qui les entoure, dès lors ,leurs "destinées sentimentales" sont liées.

Dans les soubresauts tragiques d’un monde en mutation où s’ouvre la blessure inguérissable de la guerre de 14, où s’effondrent les certitudes et les dynasties industrielles, l’amour de Jean et de Pauline, dans sa lumineuse pérennité, est plus fort que le temps qui passe, qui est passé.

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" Aller vers Chardonne représente pour moi un mouvement tout à fait organique, dit Olivier Assayas. Dans l'écriture, mon inspiration est toujours venue du roman français de l'entre-deux guerres, Mauriac, Green ou Chardonne. "

Berenice de Racine (archives)

Une rentrée littéraire prolifique

1120 titres (nouveau record cette année : 560 nouveaux romans, auxquels il convient d'ajouter 460 essais et documents) ont commencé à déferler depuis les deux dernières semaines d'août chez les libraires. Rentrée littéraire qui s'achèvera, selon une solide tradition, par la remise des prix début novembre.

Comme l'indique Jérome Garcin , dans le Nouvel Observateur, chaque rentrée littéraire dessine une tendance. Ainsi en 1997, les jeunes romancières bousculaient la grammaire, le protocole littéraire et les hommes. Jamais les femmes n'avaient été aussi provocantes. L'an passé, très fin de siècle, poursuit Jérome Garcin, "la littérature française semblait saisie par un catastrophisme et une morbidité qu'on lui avait rarement connus : violence, tortures, massacres, prostitution, suicides, inceste, drogue, folie, alcool - les auteurs comptabilisaient, avant de tourner la page du nouveau millénaire, tous les cauchemars, tous les désarrois du monde contemporain.

La rentrée 2000, d'emblée, se distingue. C'est une rentrée qui prend ses aises, de la hauteur et du champ. On y porte des couronnes d'épines ou d'or. On voyage à pied, à cheval, en carrosse ou en barque. On y côtoie des célébrités, voire des mythes. On y éprouve des sentiments passionnels et éternels. Alors que la mode était plutôt à l'ombilic, l'intestinal, la glaire, que le temps fort était le présent de l'indicatif, il est frappant de voir combien les jeunes romanciers, aujourd'hui, avec des bonheurs divers, tournent le dos au quotidien et s'éloignent d'eux-mêmes. Ils ont envie de s'inventer des vies imaginaires et de s'approprier le passé.

Fascinés par la mythologie, par la grande Histoire, par les origines du monde, ils ressuscitent Tristan et Iseut, réinventent Héloïse et Abélard, prêtent leur plume à Jésus, Pilate, François d'Assise, Guillaume d'Oxford ou la maîtresse de Courbet, convoquent Voltaire, Napoléon et Matisse, nous font revivre les Croisades, la Saint-Barthelémy, la retraite de Russie et la guerre civile du Sri Lanka... C'est une rentrée à grand spectacle, comme on le dit du cinéma hollywoodien : le public, qui aime les foules de figurants, les panoramiques, le divertissement, en avoir pour son argent, et qui ne déteste pas réviser, la goûtera sans doute davantage que les critiques. "

Marcel Proust

Mardi 5 septembre 21H35 sur Arte : Soirée spéciale sur Arte

Un parcours dans l'oeuvre de l'auteur de "La Recherche du temps perdu"

Quand chaque phrase se hausse au niveau du théorème, le minuscule devient immense et le particulier, universel. Encyclopédie des êtres et des choses, la "Recherche" est le livre que tous voudraient avoir écrit.
Jacques Drillon  
Le Nouvel Observateur du 30/08/2000

Marcel Proust sur alalettre

Albert Camus

Mercredi 30 Août à 0H30   : Un Siècle d'écrivains sur France 3

Albert Camus , un documentaire proposé par Jean Daniel et Joël Calmettes.

J’ai vécu près de Camus des périodes de bonheur exalté. J’ai vu comment, plus que les autres, il en payait le prix. Et en définitive, je crois bien que, si j'ai tenu à être présent dans ce film, c’est peut-être pour souligner à quel point, chez Camus, la recherche du bonheur est inséparable du tragique.
Jean Daniel
directeur du Nouvel Observateur

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Centenaire de la naissance de Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry est né le 29 juin 1900.

En 1929 il publie Courrier Sud chez Gallimard. Viendront ensuite  Vol de Nuit (1931), Terre des Hommes (1939), Lettre à un otage (1943). Le 6 avril 1943, paraît à New-York aux editions Raynal and Hitchcock, Le Petit Prince.

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Selon Libération, Saint-Exupéry est le premier auteur Gallimard: le Petit Prince est n° 1 des ventes de l'éditeur avec huit millions six cent mille exemplaires en français depuis 1945; il est traduit en 118 langues, 171 éditions étrangères sont répertoriées, soit l'une des plus grosses diffusions mondiales après la Bible et le Capital

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Antoine de Saint-Exupéry disparait au dessus de la Méditerranée le 31 juillet 1944 aux commandes de son Lightning P38J. Il avait pour mission de survoler  le sud de la France occupé par les troupes allemandes afin de préparer le débarquement allié en Provence.

Pour un oui ou pour un non

Une pièce de Nathalie Sarraute, mise en scène par Jacques Lassalle, avec Hugues Quester, Jean-Damien Barbin, Nicolas Bonnefoy et Johanna Nizard.

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin 75018 Paris, France.

Réservations au (33)1-46-06-49-24

Un homme, H1 rend visite à son ami H2 pour tenter de comprendre les raisons de sa soudaine indifférence. Pendant une heure, ils vont peu à peu s'obliger à mettre à jour les plus petites rancunes accumulées au fil des ans. Un " c'est bien … ca" , en apparence anodin, mais prononcé avec, qui sait, une pointe de condescendance entraînera peut-être la rupture entre deux amis qui se croyaient inséparables.

" Rarement on a perçu avec autant d'acuité ce que Nathalie Sarraute essaie de moduler : ces petits élans de la conscience qui n'ont pas plus d'amplitude que le pas d'une fourmi et qui pourtant dirigent notre vie. Souvent à notre insu."

6 juin 2000 - Fréderic Dard tire sa révérence

Frédéric Dard, auteur de près de 300 ouvrages ( 220 millions d'exemplaires vendus)  dont plus de la moitié signés San-Antonio, est mort mardi 6 juin 2000 à Bonnefontaine, près de Fribourg en Suisse. Il avait 78 ans.

10 mai 2000 - Isabelle Huppert

"Elle fut Madame Bovary selon Flaubert et Chabrol, Orlando selon Virginia Woolf et Bob Wilson." Aujourd'hui on peut la voir dans La Fausse Suivante de Benoît Jacquot. Cet été elle sera à Avignon, dans la cour d'Honneur du Palais des Papes pour jouer Médée dans une mise en scène de Jacques Lassalle ... " 

L'Avare

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Dans le cadre du festival Molière 2000, L'Avare est à l'affiche à la Comédie-Française dans une mise en scène d'Andrei Serban.

Jusqu'au 23 Juillet 2000