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1869 |
Naissance
d'André Gide le 22 novembre, à Paris, 19, rue de Médicis.
Il est l'unique enfant de Paul Gide (1832-1880), professeur à la
Faculté de Droit, né à Uzès, d'origine protestante, et de Juliette Rondeaux
(1835-1895), née à Rouen.
André Gide évoquera ainsi sa double origine : " Né à Paris
, d'un père uzétien et d'une mère normande, où voulez vous Monsieur Barrès que je
m'enracine ?"
André Gide décrit également sa naissance dans Si le grain ne
meurt: " Je naquis le 22 novembre 1869. Mes parents occupaient alors, rue de
Médicis, un appartement au quatrième ou cinquième étage, qu'ils quittèrent, quelques
années plus tard, et dont je n'ai pas gardé souvenir. Je revois pourtant le balcon, ou
plutôt ce qu'on voyait du balcon : la place à vol d'oiseau et le jet d'eau de son
bassin-ou, plus précisément encore, je revois les dragons de papier, découpés par mon
père, que nous lancions du haut de ce balcon, et qu'emportait le vent, par dessus le
bassin de la place, jusqu'au jardin du Luxembourg, où les hautes branches des marronniers
les accrochaient " . |
1875 |
Installation,
2, rue de Tournon. |
1877 |
André Gide
entre en neuvième à l'Ecole Alsacienne, rue d'Assas. Il est renvoyé, au bout de
quelques mois, pour " mauvaises habitudes".
André Gide passe ses vacances dans les chateaux appartenant à la
famille de sa mère (La Morinière dans l'Immoraliste) : " Selon des
habitudes immuables , le jour de l'an se passe à Rouen, la pâque à Uzès, les mois
d'été à La Roque-Baignard (pays d'Auge) et à Cuverville (pays de Caux)".
|
1879 |
André Gide
est en pension, en classe de 8e, chez M. Vedel, instituteur de l'Ecole Alsacienne. |
1880 |
Le 28 octobre,
mort de son père, Paul Gide. André Gide n'a pas encore 12 ans. Il est très affecté de
perdre ce père érudit et généreux qu'il admire.
Durant son enfance et son adolescence, André Gide, sera entouré
quasi-exclusivement de femmes : sa mère, Anna Schackleton, l'ancienne gouvernante de
celle-ci, la bonne, ses tantes et ses trois cousines. |
1881 |
André Gide
entre en classe de 6e au lycée de Montpellier. Il a douze ans, c'est un enfant fragile et
doué, qui ne supporte que très difficilement le milieu scolaire. |
1882 |
En mai, il
effectue une cure à Lamalou-les-Bains, pour soigner des "crises nerveuses ".
André Gide découvre fin décembre, lors d'un séjour à Rouen,
l'inconduite conjugale de sa tante Mathilde et la souffrance que cela occasionne chez sa
cousine Madeleine (Madeleine a alors seize ans, André, lui en a treize). Il prend
conscience de son sentiment amoureux pour sa cousine. |
1883 |
En mai,
installation de la famille rue de Commaille. André Gide est en pension chez M. Bauer, à
Passy. |
1884 |
Mort d'Anna
Schackleton, l'ancienne gouvernante de sa mère, qui était devenue la confidente d'André
Gide. Sa fin solitaire le bouleverse . |
1886 |
Il fréquente
la pension Keller. |
1887 |
Il entre, en
octobre, en classe de rhétorique à l'Ecole Alsacienne. Il se lie d'amitié avec Pierre
Louis (qui prendra le nom de Pierre Louys). |
1888 |
En octobre,
André Gide entre en classe de philosophie au lycée Henri IV. Il sympathise avec Léon
Blum. |
1889 |
Avec ses amis
Pierre Louis, Marcel Drouin et Maurice Quillot, il fonde la Potache-Revue. Il y
publie ses premiers vers.
Il voyage seul en Bretagne, retrouvant sa mère lors de certaines
étapes. |
1890 |
Mort de son
oncle, Emile Rondeaux, le père de Madeleine.
Durant l'été André Gide séjourne au bord du lac d'Annecy. Il y
écrit les Cahiers d'André Walter.
En décembre, il se rend à Montpellier chez son oncle Charles Gide. Il
y rencontre Paul Valéry. Leur amitié durera jusqu'à la fin de leur vie. |
1891 |
Il publie à
compte d'auteur Les Cahiers d'André Walter (Librairie Académique Perrin). Ce
livre est présenté comme un livre posthume. Il a remplacé le prénom de Madeleine par
celui d'Emmanuelle. Sa cousine, Madeleine, à qui il a offert le premier exemplaire,
refuse le mariage. " Je protestai que je ne considérais pas son refus comme
définitif, que j'acceptais d'attendre, que rien ne me ferait renoncer " .
Début février, Gide est présenté à Mallarmé par Maurice Barrès .
Il deviendra un des familiers des mardis de la rue de Rome.
Gide publie des poésies dans La Conque (revue de Pierre Louys)
et dans La Wallonie (revue d'Albert Mockel). Le Traité du Narcisse paraît
dans les Entretiens politiques et littéraires de Bernard Lazare.
En novembre, il rencontre Oscar Wilde à Paris.
" Ceux qui n'ont approché Oscar Wilde que dans les derniers
temps de sa vie, imaginent mal, d'après l'être affaibli, défait, que nous avait rendu
la prison, l'être prodigieux qu'il fût d'abord... C'est en 1891 que je le rencontrai
pour la première fois. " (Prétextes). |
1892 |
Au printemps,
Gide séjourne à Munich.
Fin avril, il publie les Poésies d'André Walter, seconde
uvre posthume ( toujours à la Librairie de l'Art indépendant)
En Août, il voyage en Bretagne, en compagnie d'Henri de Régnier. En
Novembre il effectue une semaine de service militaire à Nancy. Il sera réformé pour
" tuberculose" . |
1893 |
André Gide
publie le Voyage d'Urien et la tentation amoureuse.
Il passe les fêtes de Pâques, avec sa mère, à Séville.
Grâce à son ami Eugène Rouart, il fait la connaissance d'un jeune
poète béarnais, Francis Jammes. Naissance d'une longue amitié entre les deux hommes.
Durant cette année 1893, André Gide connaît une crise majeure , due
au tiraillement intérieur entre son éducation austère et puritaine et ses pulsions
homosexuelles. Un séjour en Afrique du Nord va lui valoir de connaître sa première
expérience homosexuelle.
En octobre, en compagnie de son ami Paul-Albert Laurens , fils du
peintre Jean-Paul Laurens, il s'embarque à Marseille pour la Tunisie, puis l'Algérie.
Gravement malade, André Gide va peu à peu retrouver la santé
En Novembre, ils s'installent à Biskra, où il resteront jusqu'en
février 1894.
A Sousse, André Gide rompt avec son puritanisme. Il partage, avec
Paul-Albert Laurens, les faveurs d'une jeune Ouled-Naïl, Mériem et aussi les jeunes
garçons qui l'entourent.
Inquiète, Madame Gide vient leur rendre visite. |
1894 |
Au printemps,
il rentre en France en passant par l'Italie.
En juin, Gide se rend en Suisse pour consulter, à Genève, le docteur
Andrea. Ce dernier lui prescrit une cure de grand air à Champel. En octobre, Gide
s'installe à La Brévine; il y écrit Paludes. |
1895 |
De janvier à
mai, Gide effectue un nouveau séjour en Algérie. A Blidah, il rencontre Oscar Wilde et
son amant lord Alfred Douglas.
Il s'installe à Biskra, et commence d'écrire Les Nourritures
terrestres. En mai, il publie Paludes (Librairie de l'Art indépendant).
La mère de Gide meurt le 31 mai.
Le 17 juin, il se fiance avec sa cousine, Madeleine Rondeaux. Un
médecin, qu'il a consulté, lui affirme que ses tendances homosexuelles disparaîtront
avec son mariage.
Le 7 et 8 octobre André Gide et Madeleine Rondeaux se marient au
temple d'Etretat et à la mairie de Cuverville.
Ils font un voyage de noces en Suisse, en Italie, en Tunisie et en
Algérie.
" Il ne restait à quoi me raccrocher que mon amour pour ma
cousine ; ma volonté de l'épouser seule orientait encore ma vie. Certainement je
l'aimais ; même je me sentais l'aimer plus que je ne m'aimais moi-même... Je crus que
tout entier je pouvais me donner à elle, et le fis sans réserve de rien. A quelque temps
de là, nous nous fiançâmes.. " (Si le grain ne meurt). |
1896 |
En janvier, il
publie Ménalque dans le premier numéro de L'Ermitage. Jusqu'en avril, il
voyage, en compagnie de Madeleine, en Italie et en Tunisie.
En mai, il est élu maire de La Roque-Baignard.
Durant l'été, il écrit El Hadj. |
1897 |
Gide se lie
avec le docteur Henri Vangeon (en littérature Henri Ghéon).
il entame une collaboration régulière à L'Ermitage.
Celle-ci durera jusqu'en 1906, date de la disparition de la revue.
Il publie Les Nourritures Terrestres au Mercure de France et
ses Réflexions sur quelques points de littérature et de morale (repris dans
Prétextes).
Au printemps il voyage avec Madeleine en Italie et en Suisse.
Il rend visite à Oscar Wilde, qui s'est exilé à Berneval. |
| 1898 |
De janvier à
mai, ils séjournent, Madeleine et lui, en Italie et au Tyrol.
A Rome, il retrouve le peintre Maurice Denis.
Suite à l'article dans l'Aurore du 2 janvier , de l'article de Zola, J'accuse,
Gide prend parti pour les dreyfusards.
9 septembre. Mort de Mallarmé.
" Stéphane Mallarmé est mort. Notre coeur est empli de
tristesse. Comment parlerai-je aujourd'hui de rien d'autre ? La figure si belle qui
disparaît vit presque encore ; nous sentons encore plus à présent combien elle était
unique ; c'est d'elle, avant qu'elle soit plus écartée, que je voudrais parler surtout,
et de son exemple admirable. On a tout le temps désormais pour parler de son uvre ;
ceux qui viendront après nous , pourront mieux en parler encore ; elle couvre ce nom
très aimé d'une gloire sans rumeur. Mais pure ; tout y est d'une beauté sans tristesse
et presque sans humain émoi ; d'une tranquillité déjà et d'une sérénité immortelle
; la plus belle des gloires, la plus belle et la plus amère des gloires. " (In
memoriam, Prétextes).
A l'automne, il termine Philoctète, commencé dès 1894. |
1899 |
Au printemps ,
nouveau voyage avec Madeleine en Algérie .
En juin : parution au Mercure de France de Philoctète, El Hadj et
Le Prométhée mal enchaîné.
Gide commence à correspondre avec Paul Claudel, alors consul en Chine,
à qui il envoie ses livres. |
1900 |
En février ,
Gide commence à collaborer à la Revue Blanche.
Gide publie dans un seul volume au Mercure de France ses chroniques : les
Lettres à Angèle.
En décembre, après avoir vendu le château de La Roque-Baignard,
André et Madeleine Gide s'installent dans la propriété de Madeleine. à Cuverville,
près d'Etretat. |
1901 |
9 mai.
Représentation par Lugné-Poe, au théâtre de l'uvre, de Le Roi Candaule,
publié aux éditions de la revue Blanche. |
1902 |
Parution de l'Immoraliste,
au Mercure de France. |
1903 |
En avril,
début d'une grande amitié entre Gide et Jacques Copeau.
En juin, Gide publie Saül au Mercure de France.
En Août, il prononce à la cour de Weimar, sa conférence : De
l'importance du public.
En octobre, il voyage en Algérie, où Madeleine le rejoint.
Publication de Prétextes , recueil de ses écrits critiques, au
Mercure de France. |
1904 |
En mars, il
prononce à la Libre Esthétique à Bruxelles une conférence : De l'évolution
du théâtre.
Il entre au comité de rédaction de L'Ermitage . C'est le
début d'une longue amitié avec Jean Schlumberger. |
1905 |
Gide commence
la rédaction de La Porte étroite.
Il est ému par les Cinq grandes odes de Paul Claudel; ce
dernier tente, en vain, de le convertir au catholicisme. |
1906 |
Publication de
Amyntas au Mercure de France. |
1907 |
Publication
dans Vers et Prose , la revue de Paul Fort, de Le Retour de l'enfant prodigue.
|
1908 |
Gide publie en
mai dans La Grande Revue un long article sur Dostoïevsky ( Dostoïevsky
d'après sa correspondance).
15 novembre : parution du numéro " zéro " de la Nouvelle
Revue Française qu'il fonde avec quelques amis : Marcel Drouin, le beau-frère de Gide
(en littérature Michel Arnauld), Jacques Copeau, Henri Ghéon, Eugène Montfort, André
Ruyters et Jean Schlumberger. Le groupe se brouille avec Montfort au sujet d'un article
sur Mallarmé.
Cette revue imposera peu à peu une école de la rigueur et du
classicisme, avec des écrivains comme Gide lui-même, Proust, Alain-Fournier, Giraudoux,
Martin du Gard, ou Valéry.
Le N° 1 de la NRF paraîtra en février 1909.
Gide rencontre Rainer Maria Rilke. |
1909 |
1er février :
parution du premier numéro de la Nouvelle Revue Française (NRF).
André Gide y publiera de nombreux articles, ainsi que La Porte
étroite, qui paraîtra en volume, en mai, au Mercure de France. |
1910 |
Publication d'Oscar
Wilde, au Mercure de France.
D'août à septembre : cinq premières " décades de
Pontigny" organisées par Paul Desjardins. Gide sera fidèle à Pontigny jusqu'en
1939.
La NRF ouvre un comptoir d'éditions. Son gérant est le jeune Gaston
Gallimard. Gide lui confie le manuscrit d'lsabelle. |
| 1911 |
Publication d'Isabelle
dans la Nouvelle Revue Française.
En juillet, à Londres, Valery Larbaud présente Gide à Joseph Conrad.
Publication, dans la NRF, d'une traduction d'extraits des Cahiers de Malte : Laurids
Brigge, de Rilke. |
1912 |
Février :
publication aux éditions de la NRF du Retour de l'enfant prodigue, précédé de
cinq autres traités : Le Traité du Narcisse, La Tentative amoureuse, El Hadj,
Philoctète et Bethsabé.
Gide voyage en Italie. Il écrit Les Caves du Vatican.
En mai : il est juré à la Cour d'Assises de Rouen. Il publiera en
1914 ses Souvenirs de Cour d'assises ( NRF).
La NRF refuse le manuscrit de Du côté de chez Swann, de
Proust. Un an plus tard , Gide écrira à Proust " le refus de ce livre restera la
plus grave erreur de la NRF, et l'un des regrets , des remords, les plus cuisants de ma
vie."
En décembre, Gide séjourne en Angleterre, et rencontre Henry James. |
1913 |
En avril, Gide
voyage en Italie en compagnie de François-Paul Alibert, Henri Ghéon et Eugène Rouart.
En Octobre, c'est l'ouverture du Théâtre du Vieux-Colombier,
"l'annexe théâtrale" de la NRF, créé par Jacques Copeau.
En novembre, la NRF publie Jean Barois de Roger Martin du Gard
et Gide se lie d'amitié avec lui .
La NRF publie la traduction par Gide du Gitanjali (L'Offrande
Lyrique) de Rabindranath Tagore (prix Nobel de littérature cette année-là). |
1914 |
Janvier :
parution des Souvenirs de Cour d'assises.
En mars, rupture de Gide avec Paul Claudel, qui est choqué par un
"passage pédérastique" des Caves du Vatican (NRF). Le livre obtient un
grand succès.
En octobre, tandis que tous ses amis sont mobilisés, Gide consacre
tout son temps pendant plus d'un an au "foyer franco-belge" qui aide les
réfugiés des territoires envahis. |
1915 |
Noël,
conversion de Ghéon au catholicisme. "Ghéon m'écrit qu'il a " sauté le pas
", il se confesse et communie". |
1916 |
En février,
début d'une longue crise religieuse et morale, relatée dans le " cahier vert
" , sous le titre Numquid et tu...?
En juin, Madeleine ouvre, par mégarde, une lettre adressée du front
par Ghéon à Gide et découvre la vie secrète de son mari.
Gide assiste aux funérailles de Verhaeren. Dans le train qui les
ramène à Paris, il fait passer un billet à Elisabeth Van Rysselberghe (fille du peintre
belge Théo, rencontré grâce à Emile Verhaeren) , lui indiquant qu'il aimerait avoir un
enfant d'elle. |
1917 |
En février,
Gide achève la traduction de Typhon de Joseph Conrad.
En août, il séjourne en Suisse avec Marc Allegret (1900 -1973), fils
du pasteur Elie Allegret qui avait été son tuteur à la mort de son père. |
1918 |
18 juin : il
laisse à sa femme Madeleine une lettre lui indiquant qu'il ne peut plus séjourner avec
elle . Il part pour l'Angleterre avec Marc Allegret, où il restera quatre mois. Il fait
la connaissance du peintre Simon Bussy et de sa femme Dorothy Strachey. Cette dernière
tombe éperdument amoureuse de lui.
Parution de la traduction de Typhon de Joseph Conrad et des
uvres choisies de Walt Whitman, à la traduction desquelles Gide a participé.
11 novembre : Maria Van Rysselberghe (l'épouse de Théo) commence la
rédaction de ses " Notes pour l'histoire authentique d'André Gide " .
Cet ouvrage deviendra : les Cahiers de la Petite Dame. Il sera publié en
1973-1977.
A son retour à Cuverville, Gide apprend de Madeleine qu'elle a brûlé
toutes les lettres qu'il lui avait écrites depuis leur adolescence:
" Après ton départ, lorsque je me suis retrouvée toute
seule dans la grande maison que tu abandonnais, j'ai brûlé tes lettres, pour faire
quelque chose " .
" Je quitte la France dans un état d'angoisse inexprimable. Il me semble que je dis
adieu à tout mon passé. " Journal 18 juin 1918).
" je souffre comme si elle avait tué notre enfant..."
" Madeleine a détruit toutes mes lettres. Elle vient de me
faire cet aveu. Elle a fait cela, m'a-t-elle dit, après mon départ pour l'Angleterre. Oh
! je sais bien qu'elle a souffert atrocement de mon départ avec Marc ; mais devait-eIle
se venger sur le passé ?... C'est le meilleur de moi qui disparaît et qui ne
contre-balancera plus le pire. Durant plus de trente ans, je lui avais donné (et je lui
donnais encore) le meilleur de moi, jour après jour, dés la plus courte absence. Je me
sens ruiné tout d'un coup. Je n'ai plus coeur à rien. Je me serais tué sans effort.
" (Et nunc Manet in te, 21 novembre 1918). |
1919 |
La NRF qui
avait cessé sa publication en août 1914, reparaît sous la direction de Jacques
Rivière.
En décembre, publication de La Symphonie pastorale. |
1920 |
Février :
début de la publication des fragments de Si le grain ne meurt dans la N.R.F.
Gide salue dans la NRF le mouvement dada.
Il fait imprimer à Bruges , en 13 exemplaires, une édition de ses
mémoires en deux volumes , pour "préserver l'avenir." |
1921 |
Publication de
deux volumes de Morceaux choisis, dont un " à l'usage de l'adolescence "
En novembre : début d'une violente polémique d'Henri Béraud et de
Henri Massis, contre Gide et ses amis de la NRF. |
1922 |
En février et
mars : 6 conférences de Gide sur Dostoïevsky, au théâtre du Vieux-Colombier.
Mars : publication de Numquid et tu... ? et de la traduction d'Amal
et la lettre du Roi de Rabindranath Tagore.
16 juin : première représentation de Saül au théâtre du
Vieux Colombier.
Gide passe l'été sur la côte d'azur en compagnie du couple Van
Rysselberghe et de leur fille Elisabeth. |
1923 |
En janvier,
Gide voyage en Italie avec Elisabeth Van Rysselberghe. En mars, il se rend au Maroc,
invité par Liautey, avec Paul Desjardins et le romancier Pierre Hamp.
18 avril : naissance, à Annecy, de Catherine Gide, fille d'André Gide
et d'Elisabeth Van Rysselberghe. Gide l'adoptera après la mort de Madeleine (1938).
Publication de Dostoïevsky et des traductions du Mariage du Ciel et
de l'Enfer, de William Blake et de La Dame de pique, de Pouchkine. |
1924 |
Publication en
avril d'Incidences ( recueil d'écrits critiques), de Corydon (apologie de
l'homosexualité) et de Si le grain ne meurt (trois volumes).
Le dessinateur et essayiste André Rouveyre publie dans Les
Nouvelles littéraires trois articles intitulés : " Le Contemporain capital :
André Gide " .
Henri Béraud publie La Croisade des longues figures, où il
prend à partie Gide et ses amis de la N.R.F. . Il reproche également à Giraudoux, alors
au Quai d'Orsay, de favoriser l'exportation de leurs oeuvres. |
1925 |
Gide succède
à Anatole France à la " Royal Society of Literature " de Londres. Il en sera
exclu après ses prises de position pro-communistes.
Vente de la maison de la villa Montmorency et d'une grande partie de la
bibliothèque de Gide.
En juin, il achève son premier roman, Les Faux-Monnayeurs,
publié dans la N.R.F.
Il s'embarque à Bordeaux, avec Marc Allégret pour un long voyage en
Afrique : Congo et Tchad. |
1926 |
Publication,
en février, des Faux-Monnayeurs
Après son retour en France, Gide se lance dans une campagne contre
les injustices du système colonial. Il s'en suivra un débat à la chambre des députés
et de vives polémiques dans la presse.
Octobre : parution du Journal des Faux-Monnayeurs. |
1927 |
Juin :
parution du Voyage au Congo (NRF).
Octobre : publication dans La Grande Revue de Paris d'un long article
intitulé De la détresse de notre Afrique équatoriale. |
1928 |
Les éditions
du Capitole rendent hommage à Gide dans leur collection: "les Contemporains".
Gide s'installe, en août, 1 bis, rue Vaneau, où il habitera jusqu'à
sa mort. Madeleine, elle, ne quitte plus Cuverville.
Parution de Le Retour du Tchad (NRF) |
1929 |
En janvier,
Gide voyage à Alger.
En mai, parution du dialogue avec André Gide de Charles du Bos,
et de L'Ecole des femmes ( NRF)
En juin, il publie un essai sur Montaigne ( éditions de la Pléïade) |
1930 |
Janvier :
parution de Robert, suite à L'Ecole des femmes.
Gide publie les deux premiers titres de la collection " Ne
jugez pas " : La Séquestrée de Poitiers et L'Affaire Redureau.
En octobre : parution d'dipe (drame en 3 actes) dans la
revue Commerce, dirigée par Paul Valéry, Valery Larbaud et Léon-Paul Fargue.
Novembre, décembre : voyage en Tunisie. |
1931 |
Publication en
juin de Vol de Nuit de Saint-Exupéry, préfacé par Gide.
Publication dans La Revue Musicale d'une première version des Notes
sur Chopin. |
1932 |
En février,
Georges Pitoëff crée Oedipe au théâtre de l'uvre.
Gide s'interesse de plus en plus à l'URSS, il publie dans la N.R.F.
des fragments de son journal révélant son intérêt pour la cause du communisme et sa
sympathie pour Staline.
Début de la publication par la NRF des uvres complètes d'André
Gide, édition qui sera interrompue par la guerre, en 1939, au tome XV. |
1933 |
Juin-juillet :
Les Caves du Vatican paraissent en feuilleton dans L'Humanité. |
1934 |
Gide se rend
à Berlin, avec André Malraux, pour demander à Goebbels la libération de Giorgi
Dimitrov et des communistes arrêtés après l'incendie du Reichstag le 25 février 1933.
En avril, il publie Perséphone ( NRF), livret de l'opéra en
trois tableaux (musique d'Igor Stravinsky, mis en scène par Jacques Copeau et Ida
Rubinstein)
juin : parution de Pages de Journal (1929-1932).
En juillet, il voyage en Europe centrale (Karlsbad, Prague) et entre au
Comité de vigilance des écrivains antifascistes. |
1935 |
En janvier,
débat public à l'Union pour la Vérité sur le thème : André Gide et
notre temps (publié ensuite à la NRF)
En juin, Gide préside le Premier Congrès international pour la
défense de la culture, qui se tient au Palais de la Mutualité.
En octobre, parution des Nouvelles Nourritures (NRF) |
1936 |
En juin, Gide,
invité par le gouvernement soviétique, se rend en U.R.S.S. avec Eugène Dabit, Pierre
Herbart, Jef Last, Louis Guilloux et Jacques Schiffrin. Il y prononce un discours, sur la
Place Rouge, à Moscou, à l'occasion des funérailles de Maxime Gorki.
21 août : retour précipité de Gide en France après la mort
mystérieuse, à Sébastopol, d'Eugène Dabit.
Décembre : signature de la déclaration des intellectuels contre la
non-intervention (gouvernement Léon Blum) de la France en Espagne.
Publication de Geneviève (dernière partie de la trilogie
commencée avec L'Ecole des Femmes et Robert), de Nouvelles Pages de
Journal (1932-1935) et de Retour de l'U.R.S.S. Gide n'y cache pas sa déception
du communisme. |
1937 |
Publication
des Retouches à mon Retour de l'U.R.S.S. |
1938 |
17 avril
(dimanche de Pâques). Mort de Madeleine Gide. Automne. Commence d'écrire Et nunc
manet in te ( qu'il achèvera en Egypte, en février 1939)
" Me trouvant complètement seul et sans presque aucun travail
à faire, je me décide à commencer ce carnet que, depuis quelques mois, j'emportais avec
moi d'étape en étape, dans le désir d'y écrire tout autre chose que ce que voici ;
mais depuis que Em. m'a quitté, j'ai perdu goût à la vie et, partant, cessé de tenir
un journal qui n'aurait plus pu refléter que désarroi, détresse et désespoir.
" (Journal, 21 août 1938). |
1939 |
En février et
mars, Gide voyage en Grèce et en Egypte en compagnie de Robert Lévesque. Il écrit les Carnets
d'Egypte, repris à la suite du Journal 1939-1949 dans la Pléiade.
En mai, parution, dans la Bibliothèque de la Pléiade (premier ouvrage
d'un auteur vivant) du Journal 1889-1939.
En septembre, Gide s'installe à Cabris ( près de Grasse), chez Mme
Mayrisch, à la villa " La Messuguière " . |
1940 |
Gide séjourne
dans la Midi : Cabris, Nice et Vence.
Le 14 juin, Gide approuve, dans son journal, l'allocution du maréchal
Pétain, mais le 24 juin, il se rallie au général De Gaulle. |
1941 |
En mars, Gide
rompt avec la N.R.F. que Drieu La RocheIle a entraîné sur la voie de la collaboration.
En mai, à Nice, la Légion des Anciens Combattants empêche Gide de
prononcer sa conférence sur Henri Michaux.
En novembre, il commence à publier dans le supplément littéraire du
Figaro (et jusqu'en août 1942) une série d'interviews imaginaires. |
1942 |
En avril ,
parution du volume de Théâtre (Saül, Le Roi Candaule, OEdipe, Perséphone et Le
Treizième Arbre).
En mai, Gide s'embarque pour Tunis.
Fin août, Gide termine la traduction de Hamlet ( que lui avait
demandé Jean-Louis Barrault). |
1943 |
27 mai : Gide
quitte Tunis pour Alger, où il restera jusqu'en mai 1945, tout d'abord chez les Heurgon
(Anne Heurgon est la fille de Paul Desjardins des " décades " de Pontigny). Il
commence d'écrire Thésée.
25 juin : Gide dîne avec le Général de Gaulle.
Parution, de Attendu que... et, des Interviews imaginaires. |
1944 |
Février :
fondation de la revue L'Arche. Gide la dirige avec Albert Camus, Maurice Blanchot
et Jacques Lassaigne. Jean Amrouche en est le rédacteur en chef. Gide y donne de nombreux
textes, dont des pages de son journal et une pièce de théâtre : Robert ou
l'Intérêt général.
En mai, Gide termine Thésée.
En juin, parution de Pages de journal 1939-1942 et de la
traduction de Hamlet. |
1945 |
6 mai : retour
de Gide à Paris, rue Vaneau.
En octobre, création par Pierre Herbart de l'hebdomadaire Terre des
Hommes, que Gide patronne et auquel il collabore.
En novembre, parution de Jeunesse.
En décembre, Gide part pour l'Italie, le Liban et l'Egypte
(jusqu'en avril 1946) en compagnie de Robert Lévesque. |
1946 |
En avril Gide
prononce à Beyrouth une conférence : Souvenirs littéraires et problèmes actuels
(reprise dans Feuillets d'Automne).
En juin, parution de Thésée.
En septembre, Gide assiste à la première parisienne de la
Symphonie Pastorale , film de Jean Delannoy, avec Michèle Morgan et Pierre Blanchar,
qui sera primé lors du premier Festival de Cannes.
Le 17 octobre, création de la traduction de Hamlet par
Jean-Louis Barrault, au théâtre Marigny. |
1947 |
5 juin : Gide
est reçu Docteur Honoris Causa de l'Université d'Oxford.
Juillet : début de la publication du Théâtre complet d'André Gide (Ides
et Calendes) en huit volumes.
Septembre : parution de Poétique (Ides et Calendes), préface
à l'Anthologie de la Poésie française.
10 octobre : création du Procès adapté de Kafka par Gide,
au Théâtre Marigny par la compagnie Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault.
13 novembre. Gide reçoit le Prix Nobel de littérature (sixième
écrivain français à être couronné depuis 1901). |
1948 |
Janvier : Correspondance
avec Francis Jammes (Gallimard).
Avril : Préface et de Rencontres (Ides et Calendes).
Au printemps, Gide achète une propriété à Lévis-Saint-Nom (Seine
et Oise) qu'il baptise " La Mivoie " .
Juillet : Eloges (Ides et Calendes) et la farce théâtrale
tirée des Caves du Vatican.
Octobre : Notes sur Chopin (L'Arche). |
1949 |
Janvier, avril
: entretiens radiophoniques avec Jean Amrouche.
12 juin : Gide interrompt définitivement son journal
Au printemps : Feuillets d'Automne, Robert ou l'intérêt
général , Anthologie de la Poésie française.
Novembre : Correspondance avec Paul Claudel. |
1950 |
Février : Journal
1942-1949.
Avril : Littérature engagée. ( réunion de ses textes de 1930
à 1937).
Juin : Correspondance avec Charles Du Bos.
24 juillet : Gide commence Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits.
Marc Allégret réalise le film Avec André Gide (le film ne
sera projeté qu'en 1952, un an après la mort de Gide).
13 décembre : création à la Comédie Française, en présence du
Président de la République, Vincent Auriol, de l'adaptation théâtrale des Caves du
Vatican ( mise en scène de Jean Meyer). |
1951 |
13 février :
dernières lignes d'Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (publié en 1952).
19 février : mort d'André Gide, 1 bis, rue Vaneau, d'une congestion
pulmonaire.
22 février : obsèques religieuses (à la demande de la famille de
Madeleine Gide) à Cuverville
Septembre : Et nunc manet in te (déjà publié à tirage
limité aux Ides et Calendes, en l947).
Novembre : La NRF , ressucitée à l'occasion de la mort de Gide,
consacre un volumineux numéro à Gide : Hommage à André Gide.
Publication des Notes sur André Gide (1913-1951) de Roger Martin du
Gard. |
1952 |
Janvier : Ainsi
soit-il ou Les Jeux sont faits ( Gallimard) |
1954 |
Correspondances
avec Paul Valéry |
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Gide vu par Claudel, Sartre, Mauriac, Cocteau et D'Ormesson
Sources bibliographiques :
Le
dossier qu'Un Siècle des Ecrivains (France 3) consacre à André Gide.
Gide par Claude Martin ( Seuil,
Ecrivains de toujours, 1963)
Dictionnaire de la Littérature française
du XXème siècle (Albin Michel, Encyclopaedia Universalis)
Le Robert des Grands Ecrivains de langue
française
La Littérature du XXème Siècle ( Nathan,
Collection Henri Mitterand)
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